POPULI-SCOOP : Info citoyenne & Actu critique

 


Arabie Saoudite : expulsion massive des émigrés



Après l’esclavage, chasse au surplus de main-d’œuvre étrangère


vendredi 15 novembre 2013
par Hugo Mastréo


Les faits ont commencé avec l’expulsion d’émigrants sans papiers dans le Royaume. Une opération d’éviction de grande ampleur qui a commencé depuis le 4 du mois de novembre 2013. Elle touche toutes les nationalités présentes, sous prétexte de donner du travail aux saoudiens. Les estimations avancent 9 millions de personnes immigrées, vivant dans cette monarchie qui compte 27 millions d’âmes autochtones.

Voir en ligne : DOSSIER, nos articles où l’Arabie Saoudite est citée

Si économiquement la manne pétrolière a couvert toutes les tares de la mentalité étriquée où l’entrepreneur saoudien est aussi un rentier en force, avide de commercer que de produire. La présence irrégulière de travailleurs étrangers est devenue pléthorique. Le chômage touche 12,5 % des habitants saoudiens aptes à travailler.

A part le bâtiment et les travaux publics, très peu de domaines industriels sont développés en Arabie Saoudite. La misère, d’ailleurs qui est difficile à voir et interdite à filmer, est très répandue dans les zones rurales. Les oasis qui existent autour des points d’eau pouvant former des agglomérations semi-urbaine, contrastent énormément avec les rutilants centres commerciaux des grandes villes comme Riad et Médine.

D’ores et déjà la tempête de réduction du nombre d’émigrés, certains secteurs d’activité, dont l’existence revenait à une main-d’œuvre bon marché, se sont effondré. La campagne contre l’immigration clandestine, a été marquée aussi par l’attaque à coups de bâtons contre les illégaux, de samedi dans le quartier de Manfouha, dans le sud de Riyad.

Des émeutes ont éclaté suite à cette descente, où trois Ethiopiens et un saoudien ont été tués. Dans ces affrontements, sur les 70 blessés, 28 sont Saoudiens, a déclaré le porte-parole de la police.

Indiqués de faire des quartiers où ils résident des « repaires de débauche », les émigrés ont été quémandés de se rendre d’eux-mêmes à la police, en vue de leur rapatriement. Sinon ils subiront les expulsions par la force, même quand ils sont avec épouses et enfants.

Parmi les expatriés pris en chasse par cette opération combinée entre saoudiens et policiers, il y a les africains de diverses nationalités qui sont les plus nombreux. Ils sont originaires du Mali, de Guinée, d’Ethiopie et d’Erythrée. L’ambassadeur d’Ethiopie a annoncé, ce mercredi 13 novembre, que 23 000 de ses ressortissants se sont rendus aux autorités. La situation est vite devenue explosive au bout d’une semaine.

Dans un contexte systémique d’esclavage où vivent les émigrés en Arabie Saoudite et dans les monarchies du Golf Arabique, il est même inimaginable que les régimes à la fois discriminatoires et rétrogrades traitent inhumainement les travailleurs étrangers qu’elles accueillent. Incontrôlables par les instances internationales, la plupart de ces salariés légalement sont sous-payés.

S’il est inimaginable à un syndicat de travailleurs d’exister, les conditions d’accueil sont d’une insalubrité et de misère extrême, pour souvent des familles déracinées par la misère de leurs terres. Ces expulsions sont largement soutenues par la catégorie de saoudiens qui voient un effet bénéfique pour les affaires du pays.

Répondre à cet article