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Algérie : Boudiaf et Bouteflika au seuil du tolérable



L’opposition silencieuse et celle qui pérore au quartier de la résignation


mardi 2 juillet 2013
par Azouz Benhocine


Toujours mauvaise de la classe en cette fin juin, l’année scolaire se termine et les résultats sont publics. L’Algérie rentière, soumise aux responsables qui l’altèrent pour l’incertitude et le chaos, continue sa corruption. Chasser le petit groupe d’Algériens rassemblés le 29 juin 2013 sur la tombe de Mohamed Boudiaf, porte la même exclusion tueuse...

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Bouteflika accumule, 2 mois et 2 jours d’une absence naturellement entourée d’une piètre communication, au même jour, de la 21ème année de la disparition de Boudiaf. Le règne du népotisme continue et les immenses ressources assurent au marqueur, d’un lit d’hôpital parisien d’où a retenti, l’ordre de disperser ce recueillement.

Savoir qu’aucune opposition n’est pas opérationnelle face à l’emprise des nationalistes éternels tuteurs d’une Algérie brimée, les algériens viennent de le vérifier à leur insu et malgré eux. L’évolution construite avec la patience de la longueur du temps qui met à l’écart et l’isolement la bête immonde de l’intégrisme, est perceptible dans le pays qui a abrité la plus horrible hécatombe du Monde et de ces dernières années.

La fin de la violence que le temps qui se met en place, semble déplaire aux autorités algériennes. Puisque de paisibles citoyens sont malmenés, on convoque l’interdit dans les circonstances exceptionnelles de la maladie... Pour alimenter les sbires des deux camps : islamistes et répressifs du régime indécrottable.

Mais l’opposition existe dans sa forme opportuniste au temps de vote et inactive aux heures décisives. Elle est même dite silencieuse, pour appâter les opinions qui cherchent à suivre une quelconque vie sociale ou activité politique cohérente, stabilisée et légale. Une bonne cinquantaine de nouveaux partis politiques ont participé aux dernières élections locales et législatives et font fonctionner les institutions du pays dont on ne cesse guère de citer ses richesses, souvent détournées

Ces organisations politiques se taisent sur tous et tournent le dos à la réalité, trop flagrante, de la vacance du pouvoir avec la maladie du raïs ou la panne institutionnelle ! Elles n’ont aucun agacement, surtout de leur indécente existence quand commence le 3ème mois du président terrassé par la maladie ! Leur pays est comme convenu d’attendre le dernier saint sauveur !

Afin de séparer et d’abattre le bras armé qu’est l’islamo-terrorisme, la société civile a riposté derrière Feu Mohamed Boudiaf en 1992 lors du retour de ce dernier à son pays, le 16 janvier de la même année et ensuite pour être abattu par son garde-du-corps Boumaârfi L’Marek. La reconquête des valeurs de solidarité et la transition à un Etat démocratique, après le 5 octobre 1988, n’a pu se faire sous Chadli sans un péril de déstabilisation. Boudiaf était revenu, après lui un certain Zeroual a aussi dépanné…

L’effondrement du système du parti unique qui a usurpé le sigle « FLN », ne s’est pas achevé en 1988. Il a reconduit sa propre réinvention. Les démagogues que recelait l’ex-parti unique ont créé une presse et des politiciens, des officines qui ont préservé les exclusions de tous ceux qui sortent du modèle de société basé et paramétré avec les constances nationales, pour se maintenir…

Religion et langue arabe sont restées statiques et érigées en dérives culturelles où le football détient l’attraction d’animer la morosité générale. Les débats sur le Hidjab imposé aux femmes revient si souvent, qu’il impossible de parler d’égalité ou de sujets sociaux comme le coût de la vie.

Le développement et les libertés, que respirait l’homme qui dérange depuis sa tombe en 2013, ne sont pas les segments à succès, et ne mobilisent pas en Algérie. Les forces qui en pensent au progrès pérorent alors qu’elles sont inaudibles par la société.

En Tunisie, au Yémen ou en Egypte les débats disputent le passage à une nouvelle ère, en liant solidement aux besoins sociaux et les urgences économiques avec les pouvoirs en place, dans leurs propres paysages ayant dégagé toutes les nébulosités.

La demande ailleurs est politique, mais fatalement elle n’est pas recevable dans la situation d’exception algérienne qui n’a même pas l’éthique d’être reconnue. Un président algérien, entamant sa 10ème semaine de carence ne peut répondre à rien. Il n’autoriserait pas, depuis son lit vachement surveillé à Paris, qu’on se rappelle de Boudiaf dont la mort donnée par Boumaârafi n’a de mains commanditaires que celles qui improvisent et apprivoisent l’inquiétude de na pas deviner demain !