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Eya tuée par son père en Tunisie, la société civile questionnée !



Le droit à la vie dans la tradition qui fâche !


mercredi 18 juin 2014
par N.E. Tatem


Sa fille s’appelle Eya, « verset » (en langue arabe) ce qui désigne un paragraphe du coran. Ce père qui a tué sa propre fille, en la brûlant vive, était fanatisé par un dogme, et la sociologie cultuelle le définit. Il a respecté une certaine tradition qui se revendique de la pureté ! Eya Laaroussi El Abed est rentrée de son collège, en compagnie d’un camarade de classe. Son père eut le sentiment d’atteinte à son honneur, l’immola.

- pétition sur la plateforme AVAAZ.org

- Page facebook


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Ce fait-divers, datant du 28 mai, d’une Tunisie ayant vécu une épopée révolutionnaire, est pénétrant dans le tissu social. Une onde de choc opère sa réforme des mentalités que Satan squatte, pour paraphraser le romancier Selman Ruschdy. En effet cette ignominie puisée de l’obscurantisme primaire, existe bien dans des contrées d’Inde, du Pakistan et plus largement dans d’autres sociétés livrées aux haines phallocratiques et pratiques macabres.

L’adolescente de Tunis a été enterré le lundi, 9 Juin, après une lutte de 11 jours, pour survivre aux brûlures de troisième degré. Selon des témoignages, le père a réagi d’une manière très colérique. Il se précipita violemment sur sa fille, il l’ battu dans la rue devant des gens et l’a traînée à un bâtiment abandonné. Où il a mis le feu à son corps. Il la laissa là, face à la mort, sans aucun aucun égard pour ses cris...

Il y a une semaine s’était tenue une marche blanche pour dénoncer l’indifférence des médias, pour la mort criminelle d’Eya. Elle était organisée par des journalistes qui, par hasard sont majoritairement de la gente féminine tunisienne. Le pays profond demeure en émoi. Et cet acte est révélateur du poids de l’intégrisme religieux. Une pétition sur la plateforme AVAAZ.org, patauge à quelques signatures ne dépassant pas la trentaine, au 18 juin, alors que nous écrivons ce sujet.

Cette Horreur reste bien en-deçà de la mobilisation qu’elle devait générer. Et c’est aussi le débat qui semble disparaître dans des sujets politiques qui guide la nation. Les Tunisiens reviennent dans les rues, la semaine prochaine pour une autre marche silencieuse à la mémoire de cette fillette de 13 ans, tuée pour injure à l’ordre morale. Manifestement, son frère est né avec sa permission de faveur ! Le père est en prison, alors que les Tunisiens tentent de donner un sens à ce qui s’est passé.

Les manifestants se donnent rendez-vous le 19 Juin, demain pour se diriger au minsitère des droits des femmes. Ils commémorent la vie d’Eya Laaroussi. Dans l’appel lancé sur la page Facebook, il est dénoncé le manque de réactivité de toute la société civile tunisienne. La manifestation suivra l’itinéraire présenté avec la carte google ci-bas. Elle démarrera à 12 heures pour se terminer vers 14 heures.

Partant de la « Place des Droits de l’Homme », à l’Avenue Mohamed V en passant par l’Avenue Habib Bourguiba et s’arrêtera au niveau du Ministère de la Femme (près de la statue Ibn Khaldoun).

Un passage, de Facebook, relate l’absence de mobilisation contre ces comportements morbides qui surgissent de la collectivité et semblent bénéficier de l’indifférence… « Les réactions à ce jour, à demeurent minimes et n’ont pas mobilisé la société civile et les partis politiques comme il se doit. Cet acte, n’est autre qu’un témoin d’une société malade et souffrante encore de la diabolisation de la gent féminine. »

Parmi les gestes de cette protestation du 19 juin, et selon l’appel de facebook, les manifestants s’habilleront en blanc ! Une femme à côté d’un homme, pour montrer qu’on peut encore se promener dans ce pays cote à cote sans perdre la vie. Cette marche est pour les hommes surtout, et c’est pour prouver aussi que le combat est contre une mentalité et non pas contre un genre…

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