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LA FEMME TUNISIENNE ACTRICE ESSENTIELLE DANS LA REVOLUTION...

... Et c’est même un modèle envié dans les démocraties occidentales !

mardi 8 mars 2011
par Azouz Benhocine


La femme tunisienne est partie prenante et incontournable dans la révolution du Jasmin qui a destitué le 14 janvier Ben Ali. Elle l’était depuis les premières heures dans les subversions contre la dictature. Et elle est la source d’une grande part d’espoir aux peuples arabes, et pour le tunisien particulièrement, pour qu’ils aillent sur un printemps d’espérances nouvelles.

La Tunisie est toujours, pour son modèle de statut de la femme, aux avant-postes de la promotion des citoyens. Du fait du nombre de tunisiennes députées qui dépasse largement celui de la France, ce cas de laïcité arabe abritant une participation institutionnelle de la gent féminine, a une place de choix dans l’avancée des transformations que vit le monde arabe. De même que pour les droits des femmes dans le monde.

Pratiquement une prouesse, ce nombre de députées, qu’on ne trouve que dans certains pays scandinaves, alors que le record est tenu par le Japon. Tandis que l’effort le plus dynamique pour une meilleure présence des femmes dans les hautes instances élues, revient à la chine qui depuis 2008 a marqué le pas. L’UE (l’Union Européenne) campe sur un discours d’intention, avec de faibles résultats…

Le pays de Bourguiba est encore une fois édifiant, pour l’obstination féminine dans le mouvement social qui a ébranlé nombreux préjugés. Dont celui de la chape de plomb qui couvrait les islamistes de Rashed Ghannouchi de crimes imaginaires. Non pas seulement pour l’ensemble du monde arabe qui a vu manifester en Tunisie, le foulard islamique et la mini-jupe, pour une société résolument éprise de liberté sans distinction des opinions et encore moins de sexes. Mais pour les autres femmes du monde.

Comme au nord, où plus d’1 Million de femmes italiennes, de tous âges, ont exprimé leurs profonds mécontentements le 13 février contre « la bunga-bunga » machiste de Berlusconi. Ce dernier subit des poursuites judiciaires, malgré qu’il soit à la tête de l’Etat, de ce qui l’affaire dite « Rubygate ».

Cette histoire constitue un cas de dégradation du rôle de la femme dans le couple familial. Pour lequel le français DSK, à la tête du FMI, a pour sa part carrément réduit son épouse à l’objet pouvant le crédibiliser dans son poste, ainsi que pour le rendre plus présidentiable en étant marié. L’acte adultérin a été mis sous boisseau… En Tunisie, les idées se rattachent à la dignité collective que le personnage public porte !

Redeyef : Le combat de la dignité, raconté par des femmes 2/2 from tunisians on Vimeo.

Dans les rues de deux cent trente villes italiennes, ainsi que les soutiens qui se sont engagés à travers le monde, le même jour, avec les femmes italiennes sous le slogan « maintenant ou jamais », une révolte d’un genre nouveau a été perçue. Venant comme un effet direct du pays ? la Tunisie, riverain du Sud. Avec lequel l’Italie entretient des rapports privilégiés, comme avec la Libye, malgré le climat de la réticence continentale et le problème de l’arrivée impromptue d’émigrants clandestins.

Mais c’est surtout pour l’amélioration de la condition de femme en général (c’est-à-dire dans le monde occidental qui galvaude la liberté sexuelle comme perron élevée de liberté) que les italiennes ont protesté. Une fierté regagnée, d’une révolte peu lointaine !

La femme tunisienne a montré une garantie démocratique d’une grande valeur à la finalité des mutations que le pays SUIT JUSQU’A LEUR PARFAIT DEBOUCHEMENT. Quand elle s’est massivement proclamée contre le retour des crédos islamistes, et ce pendant 3 jours de suite, du 28, 29 et 30 janvier. Bravant les vieux démons de la charia islamique. Puis avec une conscience très poussée qui a donné le ton à l’éradication définitive du RCD, le parti de Ben Ali, des rouages étatique, les tunisiennes ont poussé un cri qui a été parmi les plus audibles pour les forces vives en révolte. Elles les ont assurés, lors de la manifestation du 2 février, que la marche de la refonte du projet de société laïc en Tunisie, est irréversible.

Nous sommes animées, disent-elles, par une vive conviction que ces réformes institutionnelles et politiques se doivent d’être garantes d’une égalité parfaite dans les droits et les devoirs. Telle est la force que recèle le mouvement féministe tunisien dans la révolution.

La femme tunisienne est une femme moderne qui participe activement à dessiner le paysage politique, social et culturel du pays. Il est donc tracé un impératif qui conditionne les réformes pour qu’elles consacrent la séparation du religieux et du politique. Et à garantir à jamais l’égalité et les droits de tous les Tunisiens et de toutes les Tunisiennes à une vie politique et sociale émancipée et digne.

Les deux points succincts des féministes tunisiens :

- La séparation du religieux et du politique.

- L’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle où des inégalités persistent concernant les droits successoraux notamment.