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Quel féminisme peut convenir à la Chine ?



La puissance économique et son modèle de femme émancipée.


mardi 1er avril 2014
par Hugo Mastréo


Le féminisme en Chine, du moins dans son interprétation occidentale, ne trouve pas la cohue de militants (es). Ce qui laisse entendre que les premières concernées, les femmes, ne cherchent pas à surmonter les traditions en rapport avec le statut archaïque et pouvant être dégradant. Une expérience vécue par une éminence en matière de féminisme, nous révèle l’autre vérité...

Le canevas dicté d’ailleurs ne fait pas recette dans une culture et une civilisation aussi ancienne que celle de la Chine devenue, en l’espace de quelques 2 ou 3 décennies, parmi la plus dynamique sur Terre !

En matière d’auto-émancipation des femmes, le contact avec une autre civilisation donneuse de leçons est nul. Le pays à la fulgurante croissance économique, est celui qui renferme, selon Newsweek, les meilleures réussites féminines dans la vie professionnelle, en particulier dans les affaires.

La Chine a « plus de milliardaires femmes d’affaires que tout autre pays dans le monde » d’après le média américain. Mais est-ce suffisant, quand la société civile est faible devant la cohérence d’une politique globale qui a multiplié les salaires par 4 à 6 dans toutes les activités.

Les coutumes sociales ont reculé avec des décennies d’idées progressistes qui repoussent quotidiennement la glaciation communiste. En Chine, le discours valable pour l’Arabie Saoudite sur la « question féministe » n’a aucune place.

Il est difficile pour le faux féminisme de prendre racine, même la parité qui y est déjà, recule avec le changement…

Ainsi la place de la femme, dans la seconde puissance économique du Monde, vient de connaitre le témoignage de l’américaine Sheryl Kara Sandberg, la chargée de l’exploitation de Facebook, où elle est la seule de femme qui y siège conseil d’administration du puissant réseau social du Net. C’est l’une des voix féministes les plus influentes dans le monde, selon les classements des médias occidentaux. Pour savoir qui cette américaine, voici la page qui lui est consacrée par Wikipédia.

Sheryl Sandberg Pour Sheryl Sandberg, il y a de 14.000 "cercles et ligues" partout dans le monde, où les femmes se réunissent pour se tenir mutuellement concentrées sur leurs objectifs professionnels. Et c’est ce qui a été tenté, par cette personnalité auteur d’un ouvrage intitulé «  En avant toutes : les femmes, le travail et le pouvoir » [1], au début de l’année 2014.

Son constat, après une conférence à Pékin où un cercle de discussion a été fondé l’été dernier, est que le féminisme, considéré émancipateur aux Etats-Unis et dans l’ensemble des pays occidentaux ou ailleurs, ne peut pas s’implanter ou bien être reproduit dans cet empire.

Devant un parterre de quelques 800 chinoises, autour du contenu de son ouvrage, aucun noyau n’a été apprêté pour se constituer. Même si de nouveaux collectifs ont été initiés, aucune femme ne désire les conduire. La notion de citoyenneté et d’égalité des sexes n’est pas l’urgence, si on on considère que les femmes seront gagnantes.

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La situation de la femme en Chine
Document.

La réalité de l’histoire contemporaine du pays qui s’est ouvert pour l’obligataire économique, implique autre chose qui n’est prise en compte dans la débâcle de créer et animer des cercles féministes. La présence de la diaspora chinoise dans la transformation du pays et de ses contacts avec le reste du Monde, transmet une vision déjà faite.

Une étude menée en 2010 a montré que le taux d’emploi urbain de la Chine pour les femmes en âge de travailler était de 60,8 pour cent, contre 77,4 pour cent 20 ans plus tôt, c’est-à-dire qu’il y a 20 ans. Les salaires des femmes en proportion de ceux des hommes ont également chuté de 84 à 74 pour cent entre 1995 et 2007. Et c’était l’époque du communisme autarcique de Mao.

Notes

[1] (1) (traduit de l’anglais américain par Marie Boudewyn et préfacé par Christine Lagarde(actuelle directrice du FMI), publié chez Jean-Claude Lattès en‎ 2013 390 p. (ISBN 9782709643931, OCLC847563522)

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