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Bangladesh : les islamistes une furieuse minorité

Les militants de "Hifazat-e Islam" traquent les femmes...

mercredi 8 mai 2013
par Rebel Kazimir


Alors que les yeux sont tournés sur la catastrophe de l’effondrement d’une usine, le Rana Plaza situé à Savar (30 Km de Dacca), les sbires de l’islamisme sèment la désolation. Ces assauts constituent le palier parallèle de la prise du pouvoir par le clergé. Le « Hifazat-e Islam » mène la chasse aux femmes et exige qu’elles doivent rester à la maison.

Voir en ligne : Un de nos articles sur le Bangladesh

Alors que le bilan du pire catastrophe industrielle du pays ne cesse de s’alourdir, dépassant les 800 morts, selon une annonce de l’armée diffusée mercredi 8 mai. La découverte de dizaines de nouveaux corps est toujours cours, la fouille des décombres de l’usine de textile qui s’est effondrée, le matin du 24 avril, alors que plus de 3 000 ouvriers étaient au travail. Des fissures ont été signalées, mais rien n’a été fait.

Militants du parti Hifazat-e Islam

Le parti islamiste radical du Bangladesh dont les militants ont agressé gravement des femmes journalistes envoyées suivre un défilé de ce parti, dans la capitale du pays, pour exiger l’application stricte de la loi islamique dont l’interdiction du mélange de personnes de sexes différents.

Ils avaient déjà tué le blogueur Thaba Baba (Captain Claw), dont nous vous avons informé. La répression des “athées et des blogueurs blasphémateurs”, est devenue la principale activité militante de ces fous de Dieu.

Le climat que vit ce pays, est des plus insoutenables. Les inquisitions sont exécutées d’une manière déconcertante et insupportable, au point que la sauvagerie de la pseudo-idéologie, puisée de la théologie islamique, rend le pays invivable et les douleurs incroyables.

Paradoxalement, le Premier ministre du pays, leader d’opposition et ex-Premier ministre ainsi que le président nouvellement élu du parlement sont des femmes. Avec quelque 153 millions d’habitants, le Bangladesh était dit une démocratie et même laïque.

En matière d’éducation, les femmes sont plus présentes que les hommes, avec 89,19% des jeunes filles contre 78,23% des garçons qui réussissent dans les examens de fin de l’enseignement secondaire. Et les femmes sont de plus en plus économiquement impliquées, grâce à l’industrie du vêtement dans lequel 80% des employés sont des femmes.

Bangladesh : obsèques Haïder

Le 6 avril 2013, ce parti prônant l’islam radical, a présenté ses exigences en 13 points au cours d’une marche à Dacca. Essentiellement les revendications sont : l’application de la peine capitale pour blasphème, l’éducation islamique obligatoire et la fin de « toutes les pratiques culturelles étrangères comme l’impudeur, la luxure, l’inconduite, la culture du libre mélange des sexes, les bougies au nom de la liberté personnelle et d’expression… »

Lors de cette manifestation, « Hifazat-e Islam » a interdit aux femmes de participer. Ses adeptes ont aussi physiquement et verbalement harcelé plusieurs femmes journalistes arrivéesées pour couvrir l’événement. Ils ont chassé et agressé la reporter Nadia Sharmin de la Télévision Ekushey à Bijoynagar, présente sur le chemin de la marche.

Ara Arafat du du journal « Financial Express à Paltan », a été interceptée à proximité de la manifestation, au moment elle allait rejoindre son bureau. C’est la première journaliste qui a été plus malmenée, recevant des jets de quolibets et de bouteilles d’eau, puis jetée à terre et battue. Nadia Sharmin a été transportée à l’hôpital et y a passé trois jours.

Cette vidéo mise en ligne sur YouTube par Professeur Ziauddin montre l’attaque contre Nadia par des militants de Hifazat : Le gouvernement bangladais a répondu que beaucoup de leurs 13 points, ont déjà été réalisés ou sont en train de l’être. Dans un discours laxiste, il a proposé des négociations pour quelques autres de leurs exigences.

Sheikh Hasina Wajed, le Premier ministre, leur a déjà demandé de reporter leurs manifestations prévues pour le 4 et le 5 mars 2013, à cause des opérations de secours aux victimes de l’effondrement du bâtiment de Savar.

Depuis le pays va sur toutes les inquisitions… La population s’organisent par ailleurs. La position misogyne du parti Hifazat lui a valu une condamnation ferme de tout le Bangladesh, avec l’organisation de manifestations et des rassemblements contre lui à travers le pays.