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Si l’université est malhonnête, quelle crédibilité pour les diplômes d’Algérie ?



L’attribution corrompue des titres et les complaisants recrutements d’élèves...


mardi 15 novembre 2016
par Damien Djamel Bouch’Raf


Il est connu que la corruption est avide de se remplir ses comptes bancaires, en rendant la vie difficile aux citoyens et en particuliers aux entrepreneurs. De son côté la médiocrité, gênée de l’intelligence et de la compétence, s’adonne à des agissements répressifs pour écarter ceux qui à la longue deviennent embarrassants. Ces deux abominables usages sont tellement fréquents en Algérie, au point de toucher les milieux universitaires où les diplômes font l’objet d’une razzia avec un arbitraire, au service des favorisés, que la constitution nomme en "égalité des chances" dans l’éducation : (article 32).

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

En Algérie depuis longtemps, les milieux universitaires s’étaient mortifiés dans des campus aux cloisons surveillés. Ils vivaient intensément la situation "terroriste" du pays, comme corporation ciblée. Ils n’ont jamais divorcé malgré l’insécurité, avec les alertes sur les enjeux de la société, dérangeant l’accalmie complice, comme le veulent les idéaux éternels de la science. L’atmosphère de désertification qui habite les universités algériennes n’a pas d’égale, le note sur son mur Facebook le professeur Ahmed Cheniki, ancien d’une prestigieuse équipe de l’hebdo « Algérie-Actualités » (Lire en fin de cet article). Le déchaînement des révocations des idées a frappé dès les années 80 sous Chadli. Mais...


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... Auparavant sous le « khéchénisme » (autocratie) de Boumediene, l’approximatif programme d’ « édification nationale » s’est accompagné d’un semblant champ de liberté d’expression, attribué dès les débats de la charte nationale de 1976. Mais jamais autant l’exclusion n’a été poussée, selon un article paru le 13 novembre 2015 sur le quotidien El-Watan (lire ICI). Une pétition mise en ligne, aussi soulève les cas qui nous ont poussés à diffuser ce sujet.

(Lire ICI)

Ce qui passe à l’INA ouverte en 1905, devenue l’ENSA, est un acte de moralité adressé à la société dans son ensemble. L’un des plus anciens instituts scientifiques d’Algérie est livré aux passe-droits que la clientèle du népotisme, régnant dans le pays, confine pour faire jouir ses profiteurs. Avec de multiples consternantes distributions de diplômes et des inscriptions imméritées attribuées aux disciples privilégiés, les professeurs mettent leur Holà !

Rosa Issolah et Aïssa Abdelguerfi, professeurs respectivement de sciences de l’information et de la communication ainsi que d’agronomie, de ressources génétiques et pastorales, ont été licenciés, selon la vieille exhibition bureaucratique. Les yeux d’une justice et d’une tutelle protègent des rentiers n’ayant aucune éthique à disposer de titres universitaires, alors la seule défense étant la solidarité de certains collègues...


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La communauté universitaire avec les enseignants et étudiants de l’ENSA ont manifesté, lors de la matinée du 14 novembre 2016, devant le siège du ministère de l’Enseignement supérieur pour dénoncer “le licenciement abusif” de ces deux enseignants et chercheurs. On cite aussi le cas d’un 3ème professeur encore dans le collimateur de l’administration, en la personne de Nadjia Zermane qui est parmi les ciblés.

Aussi un esprit de revanche dans cette histoire. L’un des licenciés, Rosa Assolah, a été à la tête de l’ENSA et a agi, par le passé, de la sorte. La différence cependant entre la sanction d’un certain Mékliche, qui est une retenue sur salaire et pour complaisance dans des soutenances de thèses plagiées, et une perte d’emploi, il y a disproportion et dissemblance dans les arguments.

Après des démarches exprimées par écrit aux responsables comme le directeur de l’École, au ministère de l’enseignement supérieur et même au président de la République, le bras d’honneur des décideurs est de les virer comme des employés n’ayant que les prud’hommes pour juger leur situation.


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Attentifs à une formation dont la qualité première est d’être intègre envers l’établissement, l’employeur, au nom duquel s’exprime le mérite. Le travail de la corporation des professeurs, mandatée pour l’arbitrage qui délivre des connaissances et les atteste, consiste à justifier une validité intellectuel du diplômé et du recruté sur concours.

Mais dans un pays d’injustice, même les études sont faussées et des diplômes, carrément personnalisés. Ils sont gratifiés aux agents des réseaux de l’imperfection qui noyaute les institutions. Tel est l’ensemble du régime ou du système en matière de formation universitaire, une gouvernance qui a le protocole du piston et du « béni-amisme » (priorité aux cousins et amis) pour doctrine…

Notons que cet article qui a pour titre : DES ENSEIGNANTS CHERCHEURS DE L’ÉCOLE D’AGRONOMIE D’EL-HARRACH LANCENT UN APPEL AU PREMIER MINISTRE

(en Page n° 8 ICI sur le quotidien "Le soir d’Algérie", du vendredi & samedi 5 & 6 août 2016.)

Sécurité alimentaire : les dangers qui guettent l’Algérie.
- Contribution

Par les professeurs Nadjia Zermane et Aïssa Abdelguerfi

L’École nationale supérieure agronomique vue d’en haut

L'E.N.S.A vue d'en haut.jpg
Par Nassim Max LionTravail personnel, CC BY-SA 4.0, Lien

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