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LIBYE : LA GUERRE DES MILICES



La voyoucratie d’un islamisme tribal sème le désordre.


samedi 9 novembre 2013
par Azouz Benhocine


Une bataille rangée et sans pareille au cœur de Tripoli la capitale libyenne, pendant la journée du jeudi 7 novembre. Les milices armées héritées de la révolution, qui a provoqué la chute du dictateur, continuent de régner. Nombreuses sont chargées de l’ordre dans le pays, à la place des services de sûreté publique. Leur présence est devenue plus dangereuse qu’utile.

Voir en ligne : Notre dossier : Libye.

Selon un article de l’agence Reuters, les rivalités entre ces groupes s’exacerbent de jour en jour. Pendant des heures des combats avec des fusils et des grenades anti-aériens, ont provoqué la mort d’au moins une personne et blessant 12 autres. C’est la pire des confrontations en l’étape post-Kadhafi, des sources médicales ont confirmé ces bilans.

Par ailleurs une source de sécurité libyenne a relaté à Reuters, à propos des faits du 7 novembre. Un groupe lourdement armé venu de la ville de Misrata est à l’origine des troubles. Des hommes armés venus sur plusieurs véhicules sont entrés dans la capitale pendant la soirée du jeudi, pour se venger de la mort de l’un de leurs combattants dans une fusillade à Tripoli qui a eu lieu le mardi.

MILICIENS EN LIBYE Des coups de feu ont éclaté ce jeudi, alors que les jeunes libyens profitaient de la douceur du climat sur le front de mer et les familles faisaient leurs courses du week-end. Des camions Toyota montés de canons anti-aériens sont arrivés dans plusieurs rues de Tripoli. Ils ont ouvert le feu en prenant d’assaut le quartier de Souk al-Jumaâ, situé à l’est de Tripoli. Les badauds libyens paniqués fuyaient pour se couvrir des éclats des armes.

Les miliciens rivaux à celle venue de Misrata ont riposté en tirant des grenades propulsées par fusée (RPG) à partir d’un pont. Ces affrontements ont aussi éclaté dans un autre quartier, de la capitale, censé lui être plus sécurisé. Des tirs d’armes lourdes ont été également entendus dans au moins trois autres districts proches de la zone où sont les sièges des ministères, du bâtiment de la télévision d’Etat et des ambassades de pays étrangers.

Le conflit a débuté mardi, lorsque des hommes armés et rivaux se sont bagarrés pendant près de quatre heures dans les rues de Tripoli. Trois personnes ont été blessées et un, le leader d’une milice de Misrata, est décédé plus tard. Une vengeance a été alors organisée pour jeudi, dès que le décès d’un chef connu s’est révélé sur Facebook.

L’origine exacte du conflit ramène à un contrôle effectué dans la capitale libyenne, sur une voiture sans plaque d’immatriculation. Son conducteur a été arrêté et gardé pendant quelques heures. C’était un membre d’une milice de Misrata qui est revenu régler ses comptes.

Les milices en Libye se sont substituées aux services d’ordre de l’ancien régime, alors que l’armée et la police se font décimées, avec les assassinats très fréquents de leurs chefs et officiers. Certains de ces derniers qui refusent de céder sur le fonctionnement des semblants de services publics que les milices remplacent, sont alors ciblés.

Libye : Hommes de l'armée officielle Le gouvernement libyen, dirigé par Ali Zeiden qui a été lui-même enlevé par une milice, est actuellement sur un projet d’intégration des milices dans l’armée. Mais il lui est plus difficile de contenir les anciens combattants. Et les militants islamistes qui veillent à une charia déjà imposée dans un pays inondé avec des armes sont menaçantes.

Des brigades de l’armée commencent à s’organiser et s’affrontent aux hommes armés qui sillonnent les villes. Un communiqué de septembre du ministère libyen de la défense dit que des armes ont été confisquées, mais la tâche est encore grande.

Les hommes qui ont participé, avec l’aide de l’OTAN, au renversement de Kadhafi campent de nouveaux privilèges et se les accaparent avec la violence armée. Entre dirigeants de milices, celui d’une brigade de l’armée ou bien un chef de la police, les nouveaux incorporés préfèrent les premiers avec ils ont des intérêts tribaux.

Chose impossible à croire, avec des protestations qui virent souvent à l’usage des armes, une partie importante de la production pétrolière est actuellement fermée. Le gouvernement, même en étant au dépourvu de ces moyens financiers, reste incapable d’assurer la stabilité du pays, alors la sécurité est inexistante.