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La gauche algérienne sans consensus pour l’initiative citoyenne



Souvenir d’une famille qui a refusé de reculer...


mardi 2 février 2016
par Damien Djamel Bouch’Raf


A l’origine le PCA en 1936, il y a 80 ans... Puis les accords PCA-FLN de mai 1956, les 50 ans de la création du PAGS et les 25 ans de l’arrêt du processus électoral en 1991, constituent des faits liés dans la riche Histoire contemporaine de l’Algérie. Ces escales, rappelées en 2016, sont des repères d’un patrimoine mémoriel sur lequel viennent de paraître, sur la presse, des interventions où l’émotion n’a pas manqué de questionner la conscience présente. Où revient : comment se connecter à la population psalmodiant les cieux qu’éprise d’escalader les barricades de la décadence ?


Houari Boumediène au Paradis Communiste... par Populi-Scoop

25 janvier 2016, à Tizi-Ouzou le Mouvement des patriotes et la nouvelle constitution.

Le propre d’être de la gauche de ce pays maghrébin visité par Karl Marx, est d’être en phase avec les modèles existants dans le Monde, suivre le progrès. Et aussi en se référant à la cause de la classe sociale des humbles. Ces événements, reliés entre eux, identifient la genèse de la trajectoire de modernité, ayant l’hardiesse du combat pour la justice sociale comme principe, que des Algériens ont pendant des décennies pratiqué. Où en est-on ?

Nos articles sur le même sujet.
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A sa création, le PAGS a regroupé les militants des idées marxistes léninistes du PCA (Parti Communiste Algérien constitué en 1936 et arbitrairement interdit en 1962) et les nationalistes révolutionnaires. Ces deux tendances, la 1ère autonome et la seconde transfuge du FLN et même du PPA, se sont rencontrées au sein de l’ORP (Organisation de Résistance Populaire) formée après le coup d’état du 19 juin 1965, de Boumediene.

Ce qui était la gauche du mouvement national, fut depuis toujours le creuset des luttes sociales. Outre le renforcement populaire des syndicats pour les travailleurs, des projets culturels et produisant un discours progressiste, le PAGS a enfanté des deux principales organisations : PADS (Parti Algérien de la Démocratie et du Socialisme) et du MDS : Mouvement démocratique et social) . Des organisations qui se différencient de part leur passé commun du FFS, du PST et du PT (les autres partis de gauche en Algérie) .

Aujourd’hui presque disparu ou complètement brouillé par la cacophonie du paysage politique national malgré sa pertinence, la survie du socialisme en Algérie n’a jamais autant perdu de sa verve populaire. La continuité du message qui a hérité la mobilisation pour la cause libératrice du colonialisme, le patrimoine du PCA, jusqu’à la boîte à résonance excitée par la lutte, du martyr du terrorisme, contre les usurpateurs de la religion pour un programme politique, revient au PAGS qui reste à ce jour sans succession.

On assiste ces derniers jours à une série d’interventions dont la dernière est celle de Sadek Hadjeress qui fait...

Posté par Abdelkrim Haouari sur lundi 1 février 2016

Les prolétaires abandonnés aux rangs islamistes : la faillite des élites de la gauche.

A la fois participation et opposition, était une expérience qui dit long sur l’abnégation avec laquelle était tenue cette ligne délicate et ouverte à disputer, sur le terrain, les orientations officielles. Une dialectique associant le soutien aux actions positives, au recul sur celles rétrogrades.

C’est aussi l’un des arguments qui a été utilisé pour désigner le PAGS, comme ayant été responsable du socialisme spécifique auquel Boumediene a apporté de vénérables larmes et de pompeux discours.

Mais le bain « d’édification nationale », des années 1960/70, de la période des 3 révolutions : agraire, industrielle et culturelle, permettait à Kateb Yacine, le « pagsiste » itinérant, d’écrire dans la presse nationale et faire son théâtre dans une institution publique à Bel-Abbès. Une ère où Mouloud Mameri faisait de l’ethno-anthropologie sur la berbérité et le cinéaste Hamina raflait la palme à Cannes. Alors qu’une myriade de troupes théâtrales et de groupes de musique tentaient art et engagement, étaient impulsées par la présence des jeunes progressistes, lisant Sawt-Echaâb, le journal du PAGS…

Les deux objectifs du développement de la nation et de permettre aux couches populaires les plus larges à accéder à l’émancipation, avaient une seule et même exigence pour être atteints. Influencer les politiques, que les décideurs, non-moins autocrates pour avoir modérément tolérer certaines activités du PAGS, mettaient en place, donnait à l’opposition du PAGS de l’ancrage dans le tissu social. La résistance clandestine a clarifié davantage au peuple, qu’aux dirigeants, les enjeux essentiels, à travers des mouvements sociaux. Le confinement n’avait pas obstrué un travail envers les masses…

La crise, dès les années 90, qui a provoqué la disparition de cette organisation pivot de la gauche algérienne, ayant montré sa force de proposition, dans le contexte de monolithisme, ne fait pas unanimité selon les exposés connus qui tentent de l’identifier et de la comprendre. Plusieurs thèses sont formulées, mais aucune n’a apporté les explications pour l’actuel isolement dans la société, voire déchirement internes, des cercles et individus progressistes soutenant le socialisme en Algérie.

Citer l’idéal ne vaut pas le ressusciter, la piste de l’initiative citoyenne...

Nombreuses opinions se demandent comment les volontés éparpillées et déjà potentiellement visées par le terrorisme, ne soient pas à la hauteur d’amorcer, après un quart de siècle de la rupture d’octobre 1988, une alternative citoyenne ? Le mur de Berlin, une des raisons évoquée ouvre le débat théorique, mais à l’heure d’une constitution ayant obligation de définir des valeurs, les progressistes ne se font pas audibles…
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Le PAGS et le pays, cinquante ans plus tard.
Tribune de Saddek Hadjeres, publiée le 31 janvier 2016 sur le quotidien El-Watan.

Certains pensent, de la fin du PAGS, que la substitution mécanique d’El-Hachemi Cherif, à Saddek Hadjeres, à la tête du parti, n’a pas fonctionné, sinon c’est le coup d’état interne fatal. D’autres contributions pensent que le déploiement organique ne s’est pas attelé, dès octobre 1988, à déterminer qui est qui, lesquels des militants pouvaient assurer le déploiement ? La direction a cru à l’intelligence de la base. Or dans les cellules le chauvinisme stalinien s’était montré inflexible.

Des articles sur le socialisme dans le Monde.
- Première femme à présider le Népal : une marxiste.
- Chine, modèle aux peuples qu’aux politiciens
- Une Bolivie sous Evo Moralès, un modèle pour le FMI

Une nouvelle attitude révolutionnaire, pour à la fois atteindre le pouvoir en réparant moult injustices, peut-elle être initiée en 2016 ? Un projet d’alternative citoyenne peut-il renaître en Algérie ? Certainement pas, sans la conquête des médias par des personnes acquises à la gauche.

C’est le premier ingrédient manquant à la recette qui peut faire entendre la voix de la gauche. Le sel du journalisme rigoureux qui abandonne le populisme aux politiciens et traduit la survie du projet de société généreux pour l’aisance sociale, propulsant le faste économique et animé de valeurs synergiques…


Sadek Hadjeres, ex 1er secrétaire du PAGS par Populi-Scoop

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