POPULI-SCOOP : Info citoyenne & Actu critique

 


70% des chômeurs en Algérie ont moins de 30 ans et le pétrole va à moins 20 $



Truquage de la constitution, purge de l’armée et 2 mandats volés par Bouteflika


jeudi 11 février 2016
par Damien Djamel Bouch’Raf


Le régime clanique de Bouteflika a échappé au tumulte du printemps arabe. Parce que les vrais mécontents, les laissés à la marge, redoutaient que la fumisterie de l’islamisme armé reprenne du service. 200 000 victimes de la « décennie rouge et noire » ne permettent plus d’autres aventures cruelles à un peuple meurtri dans sa chaire la plus sensible des élites. Après la révision de la constitution qui renforce les pratiques autocratiques, la chute de la valeur de la rente pétrolière, un avenir incertain sans une une organisation rigoureuse de la colère sociale inéluctable.

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie


4ème mandat de Bouteflika en Algérie : l... par Populi-Scoop

Mais la chute du prix du pétrole est encore plus grave. Elle risque d’être à l’origine d’une colère sociale encore plus terrible, à cause des injustices. Et surtout plus difficile à contenir, après moult abus dont le monopole politique du pouvoir. Le dernier absolutisme contrôlé, du groupe imprécis qui gouverne l’Algérie sous la houlette de Bouteflika, est le passage en force d’une révision constitutionnelle assez critiquée pour ne pas se faire oublier.

Nos derniers articles sur l’Algérie
- Constitution algérienne 2016 : de nouvelles exclusions...
- Femme algérienne : protégée du harcèlement sexuel et de l’agression physique
- Sonatrach-1 : une clémence qui ne satisfait pas les accusés
- La gauche algérienne sans consensus pour l’initiative citoyenne
- Contre l’article 51, la diaspora algérienne organise une votation
- Et plus encore....

L’utilité, de révision de la 1ère loi, apparue nécessaire en 2011, alors que Be Ali le tunisien, le libyen Kadhafi et l’égyptien Moubaraek tombaient... Ces nouveaux amendements en 2016, se sont mués en l’exclusion des « modernistes » qu’incarnent plus conséquemment la gauche qui tarde à riposter pour exister, ainsi que les nombreux Algériens vivants à l’étranger. Là où ils sont, ils sont discriminés et mal-accueillis, sous des cieux pourtant moins moroses que les brimades des traditions barbares et du tribalisme local…

L’inquiétude sur l’état de santé du président a rajouté son angoisse, inattendue, à celles multiples qui sont le retard de l’émergence économique et de l’anéantissement de la violence islamo-terroriste, ainsi que de l’alternance démocratique. Mais la chute mondiale des prix des énergies fossiles, rend encore plus difficile la gouvernance rentière qui tenait son règne grâce aux subventions coûteuses qui aident à repousser le mécontentement.

Cette double attente des Algériens, d’une relance de l’économie moribonde et d’une succession politique apaisée, toutes les deux ne sauvent pas l’Algérie de son destin. Malgré les grandes réserves de gaz, les troubles politiques ont commencé avec l’écrasant vote de la nouvelle constitution, réaménagée pour sauver une famille occupant le palais de la présidence.

Alors que la bataille contre le militantisme islamiste qui est toujours la menace pesante, Bouteflika a entamé la remise en cause de la présence de « la grande muette » dans le contrôle des dérives qui replonge l’Algérie dans l’instabilité.

La cosmétique populiste cohérente avec un nationalisme décadent.

La purge qui a touche l’armée, dont nombreuses lectures disent qu’elle est occasionnée par la gestion de la période dite « la décennie rouge et noire », est perçue avec suspicion. Puis l’action de la justice a aussi atteint des gradés à la retraite, non pas pour « corruption » mais, pour gestion illégale de la lutte antiterrorisme.

Qualifiée aussi en manœuvre de l’entourage du raïs, pour endiguer les avis des militaires décidés d’assainir le paysage politique de la « radicalisation » islamiste, elle a aussi atteint un remaniement, d’importance non-moindre, des services du renseignement qui sont les plus impliqués dans la lutte contre le terrorisme. Ce qui détruit une partie du programme antiterroriste qui engage actuellement l’armée dans les maquis d’Aïn-Defla, de Kabylie et de l’Est algérien.

Les décisions de Bouteflika, piégé par sa propre révision constitutionnelle qui devait parer à la subversion du printemps arabe, coïncident avec l’effondrement du prix du pétrole. La violence ne peut pas être l’expression réservée. Le mécontentement social, dans l’expérience démocratique algérienne, n’a pas encore atteint le niveau de s’imaginer un ordre qui a pour exigence la citoyenneté engagée dans l’agencement d’un meilleur avenir.


Bouteflika ‫دعاء العهد المتين و الموثق الغليظ... par argotheme


Révision de la constitution 2016 en Algérie par Populi-Scoop

Nous organisons des sondages et enquêtes. Vous êtes invité à vous inscrire à nos panels. Merci si vous participez.

Participer à notre mini-sondage de moins d’une minute. Anonyme on peut exprimer, sans obligation, son opinion.

Sa question unique est : Qui après Bouteflika ?

Cinq choix ayant trait au profil, au parcours et à la personnalité du prochain président. ICI - MERCI

Répondre à cet article