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Benghazi : un tunisien soupçonné parmi les assaillants



Une enquête sans répits et sans résultats.


samedi 3 novembre 2012
par Azouz Benhocine


Outre l’ambassadeur Christopher Stevens, deux agents de la CIA parmi les 3 soldats américains ont perdu la vie à Benghazi le 11 septembre 2012. L’enquête n’avance pas. Sauf les repérages des activités islamistes sur Internet, très peu de pistes solides ont été découvertes. Mais ce suspect tunisien arrêté dans un aéroport turc, alors qu’il voyageait avec de faux documents, figure sur des images trahissant qu’il était présent à Benghazi et lors du fait sanglant...

Mme Clinton avait commenté dernièrement, à propos de Benghazi, que des dires sur Facebook ne constituent pas des preuves. Seule la revendication du groupe islamo-terroriste libyen appelé Ansar al-Sharia avait retenu l’attention, car elle été trouvée deux heures après le coup et avait ouvertement pris à son compte la responsabilité de l’attaque.

Les enquêteurs américains présents au Maghreb pour traquer les auteurs de l’attaque de Benghazi du 11 septembre 2012 savaient que le casse-tête auquel ils seraient confrontés n’était pas dans leurs habitudes et expériences. De même qu’une certaine hostilité des populations et des dirigeants, des pays changés avec le Printemps Arabe, montraient des lenteurs dans leur collaboration.

Les agents autorités américaines ont pressé les autorités libyennes d’arrêter tous les anciens « djihadistes » revenus d’Afghanistan ainsi que ceux impliqués dans des actes de l’islamo-terrorisme dans le monde. C’était dans le but de les mettre à la disposition des agents du FBI qui ont été dépêchés pour appréhender les éventuels auteurs. A ce jour l’enquête patauge et semble vouée à ne jamais connaître de dénouement.

Plusieurs suspects ont été entendus depuis en Libye, notamment des libyens et des algériens, quelques 50 personnes, mais en vain. Aucune piste solide n’est encore établie, alors que la certitude est que l’AQMI, voire directement Al Qaeda, a opéré lors de cet « attentat » du consulat américain à Benghazi, en commémoration des attentats du 11 septembre 2001.

Les limiers américains viennent d’obtenir l’écoute principalement d’un « salafiste » tunisien, en Tunisie, pays qui n’a jamais été cité auparavant dans l’enquête. Parmi nombreux autres islamistes virulents, en vertu d’un commun accord entre les responsables de haut niveau tunisiens et américains qui n’a été élaboré et avalisé qu’après moult tractations. Il s’agit d’un certain Ali al Ani Harzi, arrêté début octobre en Turquie puis remis aux autorités de son pays.

Comme pour toutes les autres soupçonnées dans cette affaire, le rôle de ce citoyen tunisien n’est ni précis ni plausible. Quand il a été arrêté en Turquie, sa présence d’Al Harzi en Libye n’a été concrètement discernée.

Cependant deux faits majeurs l’impliquent, maintenant d’une manière indirecte.

1- Il a été l’auteur d’une intervention dans les réseaux sociaux du Web, qui n’ont été indiqués certainement pour ne pas nuire à la veille et à la surveillance que mènent les agents du FBI, un commentaire qui l’a trahi.

2- Les vidéos des caméras de surveillance du consulat américain à Benghazi, desquelles des images ont été extraites, l’identifent.

Deux sénateurs américains du parti des républicains, Chambliss Saxby occupant le poste vice-président de la commission du renseignement, et Lindsey Graham, un membre éminent de la commission sénatoriale des services armés, sont chargés de suivre les investigations de cet attaque qui a coûté la vie à Christopher Stevens, l’ambassadeur américain en Libye, et trois autres militaires dont deux sont agents de la CIA.

Ces élus ont relevé que les accords, finalement obtenus des nouvelles autorités de Libye et de Tunisie, avaient pris du temps, ce qui laisse échapper des éléments de l’enquête. Nonobstant, ils considèrent que ce pas en Tunisie, venu après l’ouverture et la participation des libyens, est assez importants.