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La dictature des Mass-médias



D’où la mutation vers : des médias de masses.


lundi 8 avril 2013


Les mass-médias sont pour lui ce que l’oxygène est pour l’être humain : si cet élément vital venait en effet à manquer, ce dernier risquerait à coup sûr de mourir. Or chez nous, c’est le règne exclusif des mass-médias : Le pouvoir ne respire que lorsqu’il sent qu’il a sous sa domination ces puissants instruments...

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Les instruments médiatiques du pouvoir sont sans conteste les moyens audiovisuels que l’on voit partout, qui se font voir plutôt dans chaque coin de l’espace où nous évoluons et même nous les sentons nous envahir à chaque instant de notre existence. Ainsi pour que le pouvoir politique s’affirme, s’impose avec une constance infaillible dans notre environnement existentiel, il lui fallait ces instruments, sans lesquels, il risquerait de dépérir, de perdre toute domination, toute puissance sur la masse populaire.

Les mass-médias donc, c’est ce qui assure la survie et l’omnipotence du pouvoir politique qui refuse, de force, la vertu de la discrétion et de la modestie.Les mass-médias sont pour lui ce que l’oxygène est pour l’être humain : si cet élément vital venait en effet à manquer, ce dernier risquerait à coup sûr de mourir.

Or chez nous, c’est le règne exclusif des mass-médias : Le pouvoir ne respire que lorsqu’il sent qu’il a sous sa domination ces puissants instruments, qu’il utilise selon son plaisir, pour jeter impitoyablement sa mainmise sur les esprits et faire croire que c’est lui qui fait mouvoir notre monde en lui insufflant vie et énergie.

Alors que c’est tout à fait le contraire qui se produit, puisque ce sont les puissances médiatiques qui agissent sur le monde, qui impriment en lui leur influence néfaste, pour créer l’illusion que tout marche selon des lois naturelles.

L’opinion apprivoisée par la manipulation...

C’est pourquoi l’influence sans borne des mass-médias sur l’esprit populaire a eu pour conséquence immédiate la résignation, la soumission aveugle au pouvoir qui s’érige cependant en dictateur inconditionnel.

Les lois - pour la plupart injustes et draconiennes- qu’ils promulguent et qui se font sentir en permanence dans notre existence, ne sont pour lui que des moyens répressifs en vue de limiter notre liberté et d’affaiblir notre résistance.

Pour réaliser plus efficacement la consolidation de ces lois, pour les imposer de force, en les appliquant arbitrairement, les mass-médias étaient en effet de tout temps les moyens les plus rapides et les plus infaillibles.

L’esprit populaire est fragile, perméable, très facile à influencer puisqu’il se soumet bien volontiers à la puissance du pouvoir politique sans manifester la moindre résistance. Cette tendance s’accentue encore de plus en plus, à mesure que les mass-médias se développent techniquement et que le terrain de leur influence s’élargit indéfiniment pour englober tous les milieux sans distinction.

Car si les mass-médias rencontrent dans leur expansion quelque résistance de la part des intellectuels et les moins naïfs, elles s’imposent en revanche de façon quasi radicale, sur l’esprit du peuple dans son immense majorité.

En effet l’aliénation arbitraire du peuple, son ignorance et sa crédulité en toutes choses, sa faiblesse même en face des événements imprévus, l’absence de sa foi dans le progrès et la grandeur des nations, sa subordination passive à tout ce qui fait dans les coulisses du pouvoir, tout cela en un mot procède de l’influence désastreuse des mass-médias.

Notre peuple est aliéné : il suffit d’un seul mot, d’un seul geste,d’une seule idée, pour lui faire plier les genoux dans une soumission absolue. Il a été pendant plus de deux décennies, manipulé par un pouvoir dictatorial, à tel point que, tout esprit de rigueur, de clairvoyance et de lucidité est annihilé en lui. Il en résulte que, dans les circonstances actuelles, il se sent incapable de juger de façon judicieuse et logique le climat politique où il évolue.

Le changement insolite intervenu au niveau de la hiérarchie politique le laisse dans une indifférence totale. Il n’a jamais manifesté ni sa désapprobation ni son approbation à ce sujet, c’est ce qui fait comprendre qu’il est loin de saisir ce qui se trame au sein des plus hautes instances du pouvoir. C’est qu’on peut dire en fin de compte qu’il est le seul dépositaire de mythes et d’utopies, le seul détenteur d’illusions et de chimères, entretenus à l’aise par des médias dont la puissance procède directement du pouvoir.

Ainsi les phénomènes mythiques se créent de façon factice pour être ancrés ensuite définitivement dans les mentalités et les mœurs du peuple, qui se sent malheureusement comme aliéné, conditionné et même ses actions et réactions sont liées inéluctablement à leur influence mystique.Il est sans conteste que le peuple, dans son amalgame hétéroclite, ne pense pas, et que tous ses mouvements sont dus en premier lieu à une espèce d’inconscience absolue.

D’autre part, compte tenu de la mainmise quasi permanente des médias, les mentalités régressent progressivement pour ne plus réagir qu’en fonction des données préalablement conçues et répandues par ces médias, qui prévoient pour seul objectif, l’hégémonie psychologique sur la masse populaire. Effectivement, l’on remarque de nos jours que ces médias ont extraordinairement réussi à s’emparer des esprits et à les faire mouvoir et agir selon leurs tendances.

De ce fait, ils ont conquis les âmes sans faillir et ils ont produit en conséquence un peuple résigné, passif et superstitieux, n’ayant plus aucun pouvoir de s’affranchir de ces mythes et de ces illusions, que ses instruments de duplicité et d’imposture ont dû entretenir en lui depuis des décennies et qui continuent encore aujourd’hui inlassablement leurs œuvres nihilistes.

Le monde de la presse est un monde clos, hermétique et semble être dominé par le pouvoir politique, qui agit tyranniquement sur lui, l’étouffant ainsi dans ces griffes impitoyables.

C’est pourquoi on prit l’habitude de voir ce beau monde évoluer vaniteusement autour de nous, acceptant avec plus ou moins de réticence les produits de ses fantasmes et de ses illusions, croyant que nous sommes dupes de ses actes hypocrites.

... d’une jungle où l’information est furtive et amplifiée !

Tous nos journaux, déjà marqués du sceau de la vanité et de la bêtise, n’ont aucune valeur et ne sont pas dignes d’être lus. Ils sont tous, sans exception, manipulés par des journalistes sans scrupule et sans dignité et que l’ignorance maintient dans une sphère fort exiguë, en ne s’adonnant qu’à la satisfaction immédiate de leurs vils intérêts, tournant avec bassesse autour du pouvoir en l’accablant de flatteries mesquines et de flagorneries triviales.

Tout le monde s’accorde à dire qu’en Tunisie, la presse se penche depuis des années vers le pire et s’enlise de jour en jour dans les méandres de la bassesse et de l’inanité. De nos jours, il n’y a pas un seul journal qui agisse selon les principes fondamentaux de la liberté, de l’honneur et de la justice. Ils ont tendance seulement à nous noyer dans l’inflation d’articles anodins et profondément nuls, ne touchant à aucune réalité de notre société, ne s’intéresse au contraire qu’à ce qui nous est étranger, pour nous faire croire que, dans notre pays, tout va à merveille et qu’il n’y a rien qui puisse être publié et connu.

Bien plus, notre presse ne porte aucun intérêt aux préoccupations des masses populaires, se livrant uniquement à entretenir les bas instincts de ses dernières, en publiant des choses que répugnent la morale et les bonnes mœurs.

Cette presse qui prône la médiocrité et la brandit comme une de ses devises les plus en vues, n’encourage en aucune manière les bons écrivains à s’engager en son sein ? c’est pourquoi on ne voit pas d’intellectuels réputés s’adonnant à des activités journalistiques. Les bons écrivains se gardent cependant de ce livrer à une telle besogne dont ils ne tirent que déceptions et tracasseries, d’autant plus que le pouvoir politique est toujours là, brandissant le sceptre de la censure et de la tyrannie.

C’est ainsi que la presse ne remplit pas de nos jours le rôle qui lui incombe et qu’elle tend par contre à induire en erreur le peuple, à mystifier les opinions, et à créer un monde factice d’illusions et de mensonges.

D’un autre côté, les moyens audiovisuels se trouvent accaparés jalousement par le pouvoir qui entend ne pas transiger dans une telle affaire, puisqu’il règne en monarque absolu sur ces organismes qui influent directement sur toutes les mentalités et à partir desquels il répand ses idéologies malsaines et destructrices.

Ces organismes qui sont en réalité des propriétés populaires, mais qu’en pratique, ils sont sous la domination exclusive du pouvoir en place, procédant au dopage de la masse, en lui insufflant de force et d’une manière ininterrompue des choses susceptibles d’être qualifiées de poisons. Il faudrait alors libérer ces instruments de la mainmise du pouvoir et de faire en sorte qu’ils recouvrent leur prestige aux yeux du peuple.

Ainsi leur domination par le pouvoir est une atteinte flagrante à la dignité de la nation : on ne saurait se taire devant cet état de choses qui dure pourtant depuis leur création dans le pays. Le peuple a besoin de liberté et cette dernière ne se concrétise effectivement qu’à travers ces moyens audiovisuels qui sont les seuls à être mis à sa portée, pour exprimer ses soucis, ses tracasseries et les tourments qu’il endure ici-bas.

Ce qui est vraiment déplorable, c’est que ces appareils ne diffusent que des insanités pour un monde analphabète : on nous gave encore d’émissions sportives et même de feuilletons sans aucun profit et pour la diffusion desquels le peuple paie énormément en le harcelant de taxes et d’impôts.

Je crois, pour ma part, qu’il est encore grand temps que ces appareils s’organisent de façon rationnelle et qu’ils soient confiés à des hommes du peuple et qui travaillent pour lui et non pas à des partisans du pouvoir qui en font ce qu’ils veulent sans aucune considération pour le pays et son peuple.

Une presse indépendante de qui et de quoi : le pouvoir et l’argent !

Ainsi pour tout dire, l’engagement de la presse ainsi que de tout autre moyen médiatique est un devoir et un droit inaliénables. Or l’engagement de la presse est subordonné à sa libération, de son affranchissement de la tutelle politique. Pour avoir une presse libre, indépendante et engagée au service du pays et de la masse populaire, il convient d’insuffler un nouveau mode de penser dans les mentalités des gouvernants et de les convier à assumer leurs responsabilités historiques vis-à-vis de la nation.

On sait bien que la liberté, en quelque domaine que ce soit, ne s’acquiert pas au moyen des jérémiades ou des doléances, mais par des actes déterminants et sans faille, seuls susceptibles de rendre à la nation ce qui lui est dû naturellement.

C’est ainsi que notre presse nationale est invitée désormais à agir et à réagir en vue de l’intérêt commun, sans complaisance ni asservissement à la hiérarchie politique qui vise arbitrairement à l’utiliser à son profit exclusif, sans tenir aucun compte de la dignité et de l’honneur du pays.

De nos jours, et avec l’évolution constante des mœurs et des niveaux intellectuels, la presse doit - impérativement et sous peine de faillir à son devoir - avoir un destin national. Quoi qu’il en soit, la liberté d’expression doit, dans notre pays,être une nécessité vitale, un objectif fondamental pour une perspective civilisationnelle.

Cependant, ce que l’on voit aujourd’hui, c’est que les gouvernants détiennent exclusivement le pouvoir de canaliser, de diriger selon leur bon plaisir les informations et tout ce qui relève du domaine de la mass-média. Ils créent avec profusion des mythes qu’ils détruisent quelques jours plus tard pour les remplacer par d’autres non moins influents.

Nous devons lutter contre ce comportement pour le moins anti-patriotique cette lourde mission appartient en premier lieu à nos intellectuels et à nos journalistes pour faire face à ces pratiques abusives et malhonnête.

Pour un dictateur d’aujourd’hui, comme naguère pour Napoléon Ièr, un seul mot est pire qu’un coup de canon. C’est pour cela qu’ils s’emploient à entraver la marche de l’esprit humain, en recourant à tous les moyens fallacieux, d’autant plus qu’ils ne sont pas prêts à lâcher prise et qu’ils sont déterminés, quoi qu’il arrive, à rester maîtres absolus du monde de la presse. C’est là, à mon sens, une mentalité décadente, capable de mener le pays au désastre intellectuel et à la vie primitive.

Les vétérans de la presse, tout comme ceux que l’on considère comme des profanes, doivent comprendre la portée de leur besogne, en s’apposant énergiquement à toute tentative visant leur réduction à l’état d’esclaves au service de l’absolutisme politique.

Il demeure évident, toutefois, que notre pays ne s’avance que par la liberté de la presse, une liberté responsable, ayant en vue l’intérêt exclusif du peuple, l’affranchissement des esprits de la superstition et des chimères, la réalisation du progrès auquel nous aspirons tous sans exception.

Nous nous attendons à une renaissance intellectuelle, à un "renouveau" économique et social, à un essor authentique de le vie du peuple, à une éclosion profonde des idées et des esprits, enfin à une tolérance et à une cohabitation pacifique entre les idéologies : cela ne se réalise en effet que lorsque nous saurons arracher notre liberté et la conserver intacte et pure à tout jamais.

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dr mohamed sellam - msellam83@yahoo.com