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L’OPEP au meilleur prix de l’année, avant l’application de l’accord des quotas



Depuis 2004, jamais l’entente des producteurs de pétrole n’a eu tant de confiance.


mardi 27 décembre 2016
par Hugo Mastréo


Alors que le pacte des pays exportateurs de pétrole ne sera effectif qu’au début de l’année, exactement convenu dès le 1er janvier, il a l’air d’être déjà en vigueur. Du moins une confiance s’installe, une cohérence inconnue depuis 2004. En effet la dernière semaine de l’année 2016 est marquée par une hausse significative du prix du baril, jamais atteinte depuis 2014. A 53.03 $ pour le WTI (West Texas Intermediat), la référence aux Etats-Unis, et 55 $ pour le Brent, qui sert de critère au marché européen, c’est une embellie qui présage un regain plus véloce que prévu.

Voir en ligne : Notre dossier : OPEP - Pétrole

Ces derniers indicateurs, au plus haut tarif de l’année, réjouissent nombreux pays fournisseurs, dont les économies dépendent de cette ressource naturelle. L’accord du mercredi 30 novembre, paraphé à Vienne par les États membres de l’OPEP, est qualifié d’historique par les marchés financiers. Car c’est le 1er du genre en 8 ans. Et dont la dynamique revient aux pourparlers de septembre à Alger. Une entente qui fait son chemin.


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La réduction de la production de pétrole de près d’1,2 million de barils par jour qui était perçue aléatoire, semble être maintenant définitive. Du moins pour entamer l’année nouvelle, elle est mise en place. Ainsi le plafond de production autour de 32,5 millions, et au maximum 33 de barils par jour, semble être respecté. Chose qui a fait douté plus d’un…

Ce sont aussi joints, depuis l’appel discuté à Alger, les non-membres de l’OPEP. Ce qui consolide la démarche commune pouvant aller bien au-delà des espérances approximatives d’il y a quelques mois. La définition des quotas, enclenchée à Vienne, aurait gagné la confiance des opérateurs, si bien sûr le cap reste préservé à l’avenir. La participation de l’Iran et de la Russie, qui sont de non-moindres fournisseurs du marché, conforte cette nouvelle donne.


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Jamais depuis 2004, les perturbations du prix du pétrole n’ont été si troublées que comme en 2016. La crédibilité du Cartel OPEP jouit maintenant de climats politique et diplomatique complètement modifiés. Le regain de production attendu notamment en Irak et en Libye, qui peut surgir dès l’année 2017, risque aussi d’influer la situation favorable à la hausse des tarifs de cette fin d’année. Une assurance d’associer ces deux pays à l’élan actuel est possible selon nombreux observateurs.

Une collaboration plus étroite s’est dessinée dernièrement entre membres de l’OPEP, notamment avec une discipline de l’Arabie Saoudite souvent indiquée à l’origine de la surproduction mondiale. Elle facilitera le partage des critères de limitation fixés pour l’OPEP, si d’éventuelles nouvelles offres apparaissent et quelque soi leur origine.


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La sortie de troubles politiques et d’insécurité en Irak et en Libye, n’est pas encore précise du point de vue qu’elle n’est guère pour tout de suite. Elle risque de faire renouer le marché avec la spirale baissière suicidaire des prix pour les pays producteurs, en cas où se réalise rapidement les fins de crises qui touchent ces deux pays arabes. Ces derniers ont des capacités reconnues et établies, d’après leur présence significative par le passé.

Sur ce plan justement, c’est encore le dénouement de la situation en Syrie, constituant le principal fief des meneurs des déstabilisations de plusieurs pays de la région, qui est aussi l’un des aléas indirects pour le marché pétrolier. Et ce malgré les faibles contenances de pétrole de ce pays gravement secoué par une guerre civile. Les estimations, pour 2017, tablent sur un baril à 55 $ qui sera atteint à échéance du 3ème ou au plus au 4ème trimestre.


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Mais aussi les Etats-Unis, d’après les discours du nouveau locataire de la Maison Blanche, fortement observés et redoutés dans une position quasi dominante, une production à la hausse n’est pas inévitable. Elle peut grandement fragiliser l’actuelle embellie. Aux USA, le géant des services pétroliers « Baker Hughes » annonce une mise en service de plusieurs puits dont ceux d’hydrocarbures de gaz de schiste. Ces derniers ne sont rentables qu’avec un baril à plus de 50 $.

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