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Sahara occidental occupé par le royaume du cannabis, les affres des prisons



Un colonialisme avec la complicité occidentale, comme pour l’impunité de l’Etat hébreu...


lundi 28 mai 2018
par Rebel Kazimir


A 12 km au sud-est d’ El Aaiún (El-Ayoun, ville considérée capitale de cette province occupée par le Maroc), a été érigé le camp de protestation de Gdeim Izik, dès le 9 octobre 2010. L’initiative d’un groupe groupe de Sahraouis est historique. En quelques jours le nombre de manifestants a été promptement multiplié. De quelques centaines de khaimas (tentes) à plusieurs milliers venant d’autres villes du Sahara occidental, l’expression contre les discriminations est vite une revendication pour l’indépendance. C’était 3 000 arrestations après l’assaut de l’armée de l’occupant. Ils restent actuellement 25 prisonniers qui intéressent les ONG des droits humains...

Voir en ligne : Notre dossier : SAHARA OCCIDENTAL

Pour une large unanimité de l’opinion internationale l’auto-immolation de Mohamed Bouazizi en Tunisie, le 17 décembre 2010, est à l’origine du « Printemps arabe ». Pour le grand philosophe contemporain Noam Chomsky, la protestation du campement de Gdeim Izik qui a commencé le 9 octobre 2010, constitue le vrai début de la grande révolution, par son caractère pacifique, qui transforma profondément le Monde Arabe dès 2011. Et comme partout où se sont insurgés les peuples, la terreur répressive a répondu.

Sahara Occidental : Polisario contrôle zone à l’est de la bermWesternsaharamap.png
By Kmusser - Own work based primarily on the Digital Chart of the World, with this UN map and commercial atlases (Rand McNally, Google, Encarta, and National Geographic) used as references., CC BY-SA 2.5, Link

La manifestation sans violence du Sahara occidental, occupé par le Maroc, a duré un mois. Elle s’est soldée par un bain de sang, avec les représailles du 10 novembre, qui n’ont rien à en vouloir aux crimes de guerre. Qui eux ont été suivis par des dissidences, notamment à El-Ayoun le jour même de l’agression des contestataires. Faite en plusieurs temps, elle est désignée par 1ère, 2ème et 3ème intifada sahraouie.

C’est depuis la guerre révolutionnaire et anti-coloniale d’Algérie, 1954/62, que le rayonnement du Maghreb sur l’Afrique et le Monde arabe. Cette lutte armée n’a pas prescrit de similitude à l’action de Mandela en Afrique du sud qui lui préféra un combat sans armes. Lequel est maintenant le choix des Palestiniens à l’occupant sioniste qui les spolie de leur patrie. Et ce dernier colonialisme est comparé souvent à celui du Sahara occidental où les résolutions de l’ONU et les lois internationales ne sont pas appliquées.

Les monarchies pléthoriques dans le microcosme arabe se tiennent en alerte par peur de leur destitution et pa affolement de l’alternative anti-féodale que la modernité suggère aux peuples, institutions et entités étatiques. Une récente pétition sur l’emprisonnement au Maroc de sahraouis, ayant manifesté en 2010, s’est faite de la réaction de plus de 200 ONG, dont nombreux collectif européen d’avocats, qui ont saisi le CICR (Comité Internationale de la Croix-Rouge) sur la situation des prisonniers politiques.

Ce sont particulièrement les conditions de détention des 25 Sahraouis accusés du « meurtre » de 11 policiers lors du démantèlement du camp de Gdeim Izik en novembre 2010, qui mobilisent actuellement les soutiens des sahraouis. 23 de ces prisonniers politiques du groupe Gdeim Izik ont été condamnés en juillet 2017, à de lourdes peines allant de 20 ans à la perpétuité. Beaucoup sont malades des atrocités qui leur sont infligées depuis déjà 8 années...

Le décès de Mohamed El Ayoubi, le mercredi du 21 février dernier qui purgeait, depuis novembre 2010, une lourde peine de 20 ans de prison ferme, démontre les atrocités des geôles marocaines pour les sahraouis. Dès janvier 2018, il a été amputé de deux doigts, en raison de maladies dont le diabète. Il souffrait des séquelles de la torture et des mauvais traitements dont il a fait l’objet, notamment après son arrestation à Gdeim Izik. Il avait jusqu’à janvier 2011 sur un fauteuil roulant, après la cruauté qu’il a subi.

Le camp de protestation de Gdeim Izik fin octobre 2010

Gdeim-izik.jpg
By Miquel Garcia - http://www.anticapitalistes.net/spip.php ?article2198, CC BY-SA 2.5, Link

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