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Le dossier du Sahara occidental handicape l’essor du Maroc

Malgré la répression, très peu d’affrontements, la diplomatie en marche...

 

dimanche 18 juin 2017, par Hugo Mastréo

D’emblée il convient de ressasser que l’Algérie n’a rien à voir avec l’affaire de décolonisation du Sahara occidental. Pas concernée, elle ne met pas en grandes difficultés son voisin, le royaume du Maroc en conflit avec une population qui vit l’invasion de son territoire, que les textes et résolutions internationaux expliquent clairement. Si ce n’est que la territorialité qui l’oblige d’accueillir, à Tindouf, une centaine de milliers de réfugiés fuyant leur patrie occupée, après l’Espagne, par l’armée du Makhzen chérifien.

Voir en ligne : Notre dossier : MAROC

Aussi la doctrine algérienne, héritée depuis la guerre de décolonisation, d’aider les mouvements de libération dans le Monde, est une position largement partagée dans le Monde pour ce conflit du nord ouest africain. Dans la toute dernière des grandes batailles épiques du peuple sahraoui, qui remonte à octobre 2010. Plus de 20 000 Sahraouis se rassemblent et installent un camp pour protester contre les discriminations sociales et économiques dont ils sont victimes.

Ce qui réaffirme leur volonté d’autodétermination.

MISE A JOUR

Les autorités marocaines envoient, le 8 novembre 2010, plus de 3 000 policiers pour démonter le campement. S’en suivent des émeutes qui font le bilan de 11 morts et 159 blessés parmi les forces de sécurité marocaines, 2 morts côté sahraoui. Ces violences se sont propagées à la ville de Laâyoune, où des bâtiments publics et privés sont incendiés. 25 militants sont arrêtés puis condamnés en février 2013 par un tribunal militaire à des peines allant de vingt ans de prison à la perpétuité. C’est actuellement le fait qui préoccupe les ONG des droits de l’homme.

Horst Köhler :

Horst Köhler en 2010.
Par Deutschland - Land der Ideen — e.V., CC BY-SA 3.0,

Dernièrement Horst Köhler, ancien président allemand de 2004 à 2010 et ex-président du FMI, a été désigné nouvel envoyé spécial de l’ONU. Ce nouveau émissaire pour le Sahara occidental, chargé de relancer les discussions entre le Maroc et le Front Polisario, risque, comme ses prédécesseurs, de ne pas réussir à rapprocher les belligérants. Cependant, c’est un personnage tenace et décidé qui a désormais le dossier en main.

Si Helmut Kohl, décédé dernièrement, est l’un des présidents allemands parmi les artisans de l’UE (Union Européenne), Köhler est surnommé dans son pays « Super-Horst » pour son grand pragmatisme et son franc parlé. Nombreux observateurs qui suivent ce problème du nord-ouest africain, y voient quelqu’un qui risque d’accélérer le processus d’autodétermination, tout en sous-entendant aussi que le Maroc devait se préparer à se soumettre à la législation internationale de l’autodétermination des peuples.

Déjà que le dossier du Sahara occidental est l’une des questions qui a eu des soubresauts divers ces derniers temps. Beaucoup d’événements jalonnent la question à la fois diplomatique et économique que guerrière. Aucun des protagonistes directs, aussi bien le Polisario que le Maroc, ainsi que le voisinage dont l’Algérie, ne désire l’embrasement de la région. Malgré les traitements des journalistes, exacerbant le sujet dont la latence n’est pas la solution.

Le Maroc mène une offensive diplomatique d’ouverture de son économie, mais il est grandement handicapé par le conflit. Le jeune roi a hérité du problème et a réussi un retour à l’UA (Union Africaine). La population est endoctrinée par l’intérêt de l’expansion que le nationalisme de la Monarchie ne cesse de quémander à ses sujets. Les Marocains ont même manifesté contre Ban Kimon, l’ancien secrétaire de l’ONU, pour lui imposer la soustraction des sanctions internationales et l’oubli des revendications des Sahraouis.

Parmi les faits qui ont jailli dernièrement sur la scène internationale, à propos de ce conflit dans la fragilité de l’Afrique du nord, citons les plus prenants dans les articles de presse.

- 21 prisonniers politiques du groupe de Gdeim Izik (du nom d’un camp de fortune situé à une quinzaine de kilomètres de Laâyoune, la « capitale » du Sahara occidental), accusés d’avoir tué 11 membres des forces de l’ordre, en 2010.
- L’interception en Afrique du Sud, dès début mai 2017, d’un navire transportant une cargaison de 54.000 tonnes de phosphates, destinée à la Nouvelle-Zélande en provenance des territoires sahraouis occupés par le Maroc. L’affaire n’est, à ce jour, pas régularisée.
- La Cour de justice de l’Union européenne refuse les accords d’association et de libéralisation entre l’Union européenne et le Maroc, pour les produits issus du Sahara occidental.
- Un nouveau émissaire de l’ONU.

Ce territoire est considéré comme ne faisant pas partie du royaume du Maroc. La décision du 21 décembre 2016 prend le contre-pied de la politique de Bruxelles. Voici le document du verdict, lire ICI. De même pour le Tribunal de l’Union européenne qui a, le jeudi 10 décembre 2016, annulé l’accord agricole et de pêche conclu en 2012.

En 1975, la Cour internationale de justice rendait un avis consultatif favorable à l’autodétermination du peuple sahraoui. Malgré cela, le Maroc annexait le Sahara occidental en 1976. Et il le contrôle manu militari avec la « Marche verte » qui est une invasion combinée entre civils et militaires. C’est ainsi qu’a procédé le Maroc à un déplacement massif d’une colonisation de peuplement.

Depuis cette épine gangrène une régionn où la stabilité est encore plus fragile de la présence de l’islamisme armé et des autres terreurs comme les dictateurs... Le Maroc, qui contrôle 80 % du Sahara Occidental, tente de faire endosser son problème à son voisin de l’ouest. Les journalistes, les politiciens et la population affidés au Makhzen diabolisent l’Algérie qui a déjà subi à l’orée même de son indépendance de l’occupation française, la guerre des sables, une autre invasion de son territoire par un Maroc expansionniste....

Un aperçu des textes, ou tractations, juridiques ICI.

Tracé du mur séparant les territoires : 80 % du Sahara Occidental est contrôlé par le Maroc et 20% par le Polisario

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De notre rédacteur : T O U R E T.

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