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Plusieurs milliers de civils sortis de Baghouz, le dernier fief de Daesh ne cède pas !



Plus délicate la dernière opération où le bouclier humain est quelques fois complice des criminels


mercredi 6 mars 2019
par Azouz Benhocine


C’est depuis mai 2018 que les dernières poches disparates, qui amoncellent les hordes d’islamistes ayant rêvé de l’EI (Etat Islamique) proclamé par El-Baghdadi, sont acculées par les armées officielles de Syrie, d’Irak ainsi que les milices comme les YPG qui regroupe Kurdes et arabes. Dans la vallée de l’Euphrate, une zone, nommée Baghouz, est la dernière enclave où se réfugient ceux, les individus, qui restent des bataillons de combattants locaux et internationaux de djihadistes.

Ils ont des moyens de survies et personne ne sait combien de temps. Y compris d’appréciables quantités d’armes, y sont stockées pour résister. Des infrastructures aménagées d’une manière souterraine, comme en Afghanistan, sont déjà réalisés et sont impénétrables aux étrangers. Enfin des civiles servent dans le soutien, pour préparer la nourriture ou réaliser les travaux du maintien des campements. La question de survie des terroristes a été préparée à l’avance, dans ces contrées isolées et in contrôlables.

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Les affrontement durent depuis des semaines. Nombreux Syriens, généralement des complices de l’islamisme et ayant travaillé pour créer et accueillir Daesh y participent au maintien d’une fortification. Certains ont été emmenés à Baghouz de force, comme otages et prisonniers. Mais nombreux s’opposent, avec les terroristes, aux forces de sécurité et des militants ayant un autre projet que celui inspiré de l’islam.

Jamais une histoire de défaite du terrorisme islamiste n’a autant été racontée que celle de Baghouz en Syrie. C’est vraiment le lieu où les confins syro-irakiens se divisent et se croisent dans le désert où le dernier fief des criminels qui avaient rêvé d’EI (Etat Islamique) propre à eux, leur jalon essentiel pour une barbarie incontrôlée…

Les évacuations de civils sont quasi quotidiennes à Baghouz, qui se situe à cheval entre l’Irak et la Syrie. Et parmi la population sortie de la zone de guerre, il ne se passe un jour sans que des combattants de l’EI (Etat islamique) ne soient capturés parmi les évacués. Camouflés, même habillés en femmes ou bien se disant gravement malades, comme handicapés, des djihadistes tentent de quitter le champ de bataille avec leurs otages libérées..

Finalement la campagne, pour reprendre cet endroit perdu, est plus dévastatrice et a carrément duré quatre longues années. C’est comme si on s’attaquait au point géographiquement central de l’autoproclamée « Dawla Islmya (EI) du Levant », alias le DAESH dont l’acronyme résonne avec une intonation d’éphémère et de bestialité.

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En raison du petit nombre de civils détenus en tant que boucliers humains, mais aussi de derniers volontaires au service de la cause, c’est delà que vastes territoires étaient vraiment contrôlés par le feu, le poignard et la rapine des despérados de l’obscurantisme. Baghouz n’est pas seulement un refuge, c’est aussi des ateliers et des tunnels de stockage des butins amassés ici et là par les hordes de croyants ayant un CV de bandits de grands chemins.

Les forces de sécurité, arabo-kurdes qui jouissent de grande mobilité et la protection de l’aviation de forces étrangère, et dont les communautés ont toujours peuplé ces zones enclavées, ont commencé, dès 2013, leur offensive pour reprendre Baghouz. Le dernier vendredi de février 2019, après une pause de deux semaines, pour évacuer des civils, la bataille a repris.

Depuis déjà 3 semaines que le suivi médiatique couvre cette offensive, mais elle ne se termine pas. Parce que l’infrastructure construite en plein Sahara est des plus alambiquée. Dans la zone montagneuse de Bora-Bora où se sont réfugiés Benladen et le Mollah Omar, tous les deux d’ailleurs décédés au Pakistan, c’étaient de tels aménagements, avec des sols truffés d’immenses casemates.

Le ralentissement de la campagne des soldats syriens et des YPG (ou FDS = coalition arabo-kurde) est principalement due à la présence des civils. Cette contrainte de modérer les pilonnages et de ne pouvoir avancer après avoir longtemps frappé des cibles, obéit à la façon dont les extrémistes utilisaient les civils. Mais ces derniers semblent aussi faire le jeu, comme convenu.

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