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Le régime cubain n’est pas pour la liberté des péchés capitalistes...



…découvre que l’enzyme pathologique se soigne.


jeudi 21 octobre 2010
par N.E. Tatem


Et à si bien se méprendre là où fleurit l’agriculture vivrière de son parfum humaniste, aucune bavure n’a été traitée par les ONG qui naviguent côté Israël, le poste avancé des certitudes archaïques et comme depuis des lustres, d’illustres divinités irrationnelles. Citer les innombrables nobélisés qui soutiennent le régime cubain, et ne rougissent guère de leurs opinions, vous sera une révision tranchante des préjugés.

Quand Raoul Castro le frère révolutionnaire et compagnon du Che, lui-aussi, a annoncé qu’il réduirait le nombre des fonctionnaires de 500 000 postes, ils étaient nombreux, comme d’habitude, à songer à la fin du régime. Car il s’agit du ¼ de la population active qui doit se redéployer ailleurs, qui doit se convertir à l’économie privée. Mais nenni l’Histoire continue son chemin sud-américain par delà, les murailles mentales, et les océans où baigne l’île.

Ici aussi, il ne s’agit point de discours fleuves dont est accusé le Maximo. Juste la déclaration d’intention, de dire ce que les interminables agressivités prédisent. Telles les pleureuses du palais venues suivre le dernier souffle d’une âme, se prennent pour donneuses de leçons. Le socialisme cubain recherche ses repères chinois, est-ce un casse-tête ?

La refonte du système socialiste cubain n’a jamais été si bien posée, ou questionnée, depuis longtemps car vissé sur des certitudes. Depuis que le maoïsme s’est mué en un carton, qui a fait le mille central du capitalisme, la révélation est créée, ici-bas chez les prolétaires. La ruée vers l’or pour les entreprises et les êtres n’a jamais vécu un tel changement de cap, le grand virage ! Décomplexée l’idéologie marxiste chinoise avait sonné le glas pour l’ancien monde. Celui des dominateurs, des exploiteurs, des colonisateurs, des esclavagistes récalcitrants et des idéologues de la classe d’en-haut, s’est trouvé dépassé dans ses verticalités. Et les cubains sont tentés de faire le pas.

Raul et le Che

En fin de compte, ce régime castriste semble ne pas céder aux appels de sirènes, comme se laisser amadouer des pleureuses, pour rendre l’âme à la manière de Gorbatchev. Faire le chaos puis tomber dedans. Et enfin tenter de remonter le capitalisme par la voie des méandres de l’accumulation maffieuse des deniers, alias les capitaux.

Chez les gens de gauche on s’inspire de modèles concrets, et de suivre l’expérience sur les traces de Gagarine. Ce que la Chine, qui n’est ni le grand frère et ni le tuteur comme fut avec l’URSS jadis, a entrepris depuis quelques décennies pour se hisser à une superpuissance, est une chose qui mérite bien un prix Nobel. Le parangon asiatique parle de lui-même, il a fait tomber le grand tabou. Sortir de l’ornière du sous-développement d’abord, puis raccommoder avec l’intelligence des citoyens, la plus collective qu’elle soit, pour que se conjugue au même temps ainsi que par le même sujet le « nous », un autre destin. L’aventure avance donc !

L’autre décision prise aussi par le frère de Fidel Castro, et sans aucun discours fleuve, peut étonner. Pourtant il est dû, comme pour la réduction du nombre des employés des services publics, un long argumentaire pour galvaniser les esprits au décret prometteur. Point de longs discours, car même le précédent Castro n’en faisait jamais.

A moins qu’on se goure dans la confusion des genres, entre qu’est-ce un discours et une contribution, par la mauvaise interprétation des notions et concepts. Fidel Castro participait avec de vastes analyses et contributions. Un discours, c’est semble-t-il une charge de promesses électoralistes, de programmes truffés de populisme et de ringardes idées à faire circuler pour le compte de candidats non encore parvenus. Bref, discours fleuve et on ne vous expliquera pas davantage sur la nébulosité des décennies d’isolement d’un petit peuple qui n’a pas cédé… C’est une autre histoire.

Raul Castro

La seconde décision consiste à autoriser les emplois privés. Chose qui n’existait pas comme à l’ère du romantisme socialiste et primitif. Les employeurs ont le droit de recruter en dehors de leur milieu familial. Eh oui, ça passe inaperçu, mais c’est le récent décret de Raoul. Côté exilés cubains installés sur les berges des States on scrute les lumières qui ont l’air de subir encore les scintillements de l’électricité alternative. De loin les villes semblent briller. Cette décision a réveillé un sentiment qui ne doit pas, et ne mérite pas qu’il passe sous silence, d’être cloîtré !

On hume aussi que la rose en quête d’éclats lorgne à l’expérience chinoise. Cette dernière s’est faite, non pas avec les fonds occidentaux des boursicotiers, des sociétés transnationales et des autres escrocs drapés de costards de banquiers, tantôt de tuniques du créationnisme réactionnaire ancrés auprès des nonciatures, mais avec l’argent de sa diaspora. Une grande ressource que Cuba peut puiser, lui contourner l’éternité nauséabonde l’inefficace blocus.

Et là de quel peuple entrepreneur et laborieux parlera-t-on un jour ?