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L’opportunité d’accueillir les jeux olympiques n’est pas salutaire



Paris ne fait pas unanimité, le risque d’une imprévisible fête


mercredi 15 février 2017
par Hugo Mastréo


L’état des équipements sportifs créés en 2004 en Grèce et en 2016 à Rio de Janeiro au Brésil ne plaident pas pour la candidature de Paris déclarée officiellement le 23 juin 2015, pour l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Elle est soutenue par l’ensemble du mouvement sportif français. Mais porte-t-elle le risque d’un cataclysme brutal sur les ressources publiques qui entament les dépenses sociales plus que la participation des grands détenteurs de capitaux ? La question mérite d’être posée, du moins pour être prévenant pour le destin et les conséquences de cette fête sportive qui génère une énergie ponctuelle et peut avoir des retombées imprévisibles maintenant.

Voir en ligne : Notre dossier : FRANCE

Commençons par la dénonciation signé par Jean-Marie Brohm, professeur émérite de sociologie à l’Université Montpellier III et Fabien Ollier, directeur de publication de la revue « Quel Sport ? » publiée le 6 octobre 2016 sur le quotidien de presse écrite "Libération". Elle est partagée par des associations et des intellectuels désapprouvant une opération de communication lancée à grands frais par la mairie de Paris. Lire ICI


- Les boxeurs et athlètes marocains dans des scandales aux JO de Rio 6 août 2016

La crise économique de la Grèce n’est pas encore un souvenir noir, déjà oublié. On y pense encore, puisqu’elle n’est pas encore annihilée. Même si le pays de Syriza renoue avec la croissance selon des estimations publiées, ce mardi 14 février 2017, par l’Autorité des statistiques grecques (Elstat). Nous avons reçu à deux ou trois reprises la même question, sur les réseaux sociaux et même directement par le formulaire de contact, à propos des raisons de la faillite de l’économie grecque ? Parce que nous publions des analyses de la situation mondiale et sur les gouvernances. C’est l’occasion de remercier nos lecteurs pour leur confiance.

Nous nous sommes intéressés au Brésil et à la ville de Rio de Janeiro qui a abrité les olympiques du 7 au 18 septembre 2016. Nous constatons le même effondrement pour le pays d’Amérique Latine, six mois après la fin des compétitions sportives. Le délabrement des infrastructures sportives a remplacé l’effervescence commerciale ce qui ramènent à la réalité de la Grèce qui a bénéficié de lignes de crédits ouverts de l’Union Européenne, estimés au départ à 4.5 milliards mais ont atteint quelques 12 milliards, afin d’accueillir la fête sportive de 2004 qui a été la raison directe de la ruine du pays. Quasiment le même scénario…


- Conte homérique pour la Grèce en Union Européenne 30 décembre 2014

En août 2016, la justice brésilienne a annoncé avoir autorisé le déblocage de fonds publics au Comité d’organisation des JO Rio-2016, bloqués par manque de transparence des dépenses et recettes. Un communiqué d’un juge du tribunal fédéral de la 2e région de Rio a proclamé l’accord, alors que plus tard des soupçons infondés de corruption ont chassé la présidente Dilma Yourself. Mais c’est la désolation actuelle, avec de grandes difficultés financières frappant le pays et avec plus de concentration sur toute la région de Rio.

Le gouverneur de la deuxième plus grande ville brésilienne, Francisco Dornelles, a décrété « l’état de calamité » pour faire face à l’effondrement des finances publiques, en juin 2016 pour alarmer les pouvoirs publics nationaux. C’est pour cela que la justice a désenclavé le financement, mais sans tenir compte le point butoir actuel, de la catastrophe à la fois économique, sociale et environnementale, alors que l’ensemble du pays aborde une crise écologique plus étendue.


- Quelle Europe la Grèce a-t-elle montré aux peuples du continent ? 20 juin 2015

Six mois après la fin des Jeux Olympiques de Rio, c’est comme en Grèce une vaste désolation. Les stades en ruines, les piscines laissées à l’abandon et les complexes sportifs ne sont plus entretenus. Un gâchis hors normes qui présentent des infrastructures dont la construction a coûté plusieurs milliards.

Ces équipements sportifs, au même titre que la Grèce connue pour les jeux olympiques de l’antiquité, devaient convenir aux activités de la jeunesse brésilienne très attachée aux activités sportives. Après avoir générer des emplois et une dynamique touristique pendant quelques semaines, c’est maintenant la désolation. Les équipements sportif sont tout simplement délaissées attaquées par le délabrement où leur démantèlement n’est pas gratuit.


- Mouvements sociaux brésiliens et coupe du Monde de foot 5 juin 2014

Depuis la clôture des jeux, nombreux stades et autres édifices sont définitivement fermés. Ils ne trouvent aucune utilité pour la population et leur maintien en bon état de servitude au public vaut trop cher. Des cimetières olympiques aussi bien en ce qui concerne les Jeux Olympiques d’été que pour les Jeux Olympiques d’hivers, ce qui ne plaide guère pour une autre organisation des événements sportifs planétaires.

Pour la 130e session du CIO à Lima, au Pérou, prévue le 13 septembre 2017, doit trancher entre les trois villes qui sont en compétition pour organiser les Jeux : Budapest, Los Angeles et Paris. Les Jeux olympiques d’été de 2024, officiellement appelés les Jeux de la XXXIIIe olympiade de l’ère moderne, seront célébrés en 2024, la capitale française est en compétition. À la surprise heureuse de son élection, suivra celle aléatoire des effets imprévisibles qu’aura cet événement...

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