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MALG, SM et DRS : l’ennemi intérieur reste, Toufik s’en va.



Changement de logiciel pour le service du renseignement algérien


jeudi 13 août 2015
par Damien Djamel Bouch’Raf


Qu’ont-ils donc raté les services secrets algériens ? Le DRS s’apprête à passer la main à un nouveau appareil, alors que l’identification des hommes de l’AQMI n’est pas faite. Les estimations sont nombreuses, la moyenne d’un millier de criminels ayant le même sigle est donc souvent retenue. Des Algériens qui se livrent au terrorisme, sous la houlette de vétérans de la décennie noire. Ils ciblent, disent-ils, l’armée. Mais plus profondément qui les entretient ? Qui sont les réseaux, pour que le terrorisme dure dans le pays.

Alors que l’AQMI revendique les deux dernières attaques, l’embuscade contre l’armée algérienne qui a fait 9 décès, nombre augmenté avec les blessés qui péri, et celle qui a visé un hôtel au Mali, le DRS, le puissant service secret algérien, est sur le point de fermer boutique. Son chef, Toufik, l’homme le plus secret d’Algérie, est poussé à la porte, accompagné avec la structure qui, créée en 1990, s’avère être inefficace face à la nouvelle menace.

La tâche nouvelle des services secrets algériens se limite aux deux axes de l’islamo-terrorisme dont les traces sont probantes en Afrique du Nord. Celui de l’est, liant la Tunisie et la Libye. Et celui où la puissance organisation, sous le commandement d’Algériens, démontre qu’elle est toujours sur le terrain. Et dont la responsabilité de son existence revient à l’Algérie.

A propos de l’insécurité et des services algériens.
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Le DRS a raté sa performance avec l’affaire de Tiguentourine en 2012, le fait de « n’avoir rien vu ». L’AQMI, branche d’Al-Qaïda, avait frappé alors que le Mali voisin, souffrait des hordes du GSPC repliées au Sud depuis 2005. Dans son dernier attentat dans un hôtel au Mali, une prise d’otages pour libérer d’autres criminels, 17 personnes sont mortes.

Créée en 2007, l’organisation, dirigée par Droukel, se compose de 5 "Katibas". Belmokhtar, est à la tête de l’une des "Mourabitoune". L’ensemble est opérationnel au nord-ouest de l’Afrique, notamment l’Algérie est touchée. L’existence de ses groupes est limitée par des interventions et des combats d’infanterie.

En 2015, les forces militaires classiques interviennent sans indications. Aux frontières, le travail du renseignement en aval est silencieux. A l’intérieur, la dernière attaque au centre qui a fait 14 morts, est à la hauteur d’un assèchement du renseignement. Pourtan la population soutient l’armée, selon une dernière déclaration de Gaïd Salah.

AQMI est tentée par un Califat, dirigé par des Algériens, au Sahel.

Chez les islamistes sunnites le passage d’Al-Qaïda puis au Daesh, c’est le poussin qui a grandi et s’est envolé en créant un califat. Au Maghreb, l’AQMI jusqu’à présent prend ses distances de la proclamation d’Al-Baghdadi. Sa présence persistante au nord-ouest africain et jusqu’à Aïn-Defla, pose la réelle question de l’efficacité du renseignement algérien ?

Les revendications deux derniers attentats rappelle la refonte du roué "DRS", voire l’accélère. Le corps des agents spéciaux semble ne plus être adéquat. Son chef, Toufik, l’homme le plus secret d’Algérie est poussé à la porte avec toute la structuration qu’il a donnée à la direction de sécurité.

Après que la SM (Sécurité Militaire) est tombée en désuétude avec le multipartisme de 1989, Toufik est apparu sur la scène des médias, comme l’homme de l’ombre et sa retenue est devenue légendaire. Son objectif, le réseau algérien affilié à Al-Qaïda aurait obtenu l’approbation d’Oussama ben Laden en personne, il n’a pas été neutralisé. Il y a un responsable, donc l’appareil et le logiciel qui le fait marcher sont à changer

La présence de cette spécificité algérienne dans le terrorisme du Mali et d’Algérie, a désormais pour repoussoir les hélicoptères d’assaut récemment acquis et des drones de surveillance des zones susceptibles d’abriter les groupes criminels. Dans une telle configuration, au moins la vision technologique du renseignement n’a pas bonne réputation, en termes de connaissances, chez les vieux agents algériens.

Si un jour les dossiers hérités du MALG et ceux de la SM se mettront au grand jour, toutes les tortures et arrestations arbitraires de citoyens ainsi que les liquidations fratricides entre les clans du sérail, ces actes criminels aussi ne seront que la caricature interne d’un certain nationalisme.

Et l’AQMI porte bien le nationalisme religieux qui a un quota de la jeunesse algérienne dans ses rangs. On estime entre 500 et 2000 entre l’AQMI, sa présence au nord n’a jamais réduite. Et ce après plus d’un siècle de violence, un changement devient obligé au regards du parcours des services secrets relevant de l’armée...

Al-Qaida au Maghreb Islamique combattants.png
«  Al-Qaida au Maghreb Islamique combattants  » par VOA (confirmed by the VOA bug in the corner) — VOA French, http://www.lavoixdelamerique.com/content/des-missiles-et-des-roquettes-saisis-dans-le-sud-de-lalg%C3%A9rie-/1860445.html. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons.

Petite Bio du général-major Mohamed Mediene dit "Toufik"

Le général-major Mohamed Mediene est issu d’une famille kabyle originaire de Guenzet dans l’est algérien. Plus connu sous le surnom de « Toufik », il n’émarge pas au MALG – ancêtre des services de renseignements algériens – dans les années 50, à la différence de la plupart des patrons du renseignement algérien.

À l’Indépendance M. Mediene fait partie de la promotion « tapis rouge » qui suit ses premières classes dans les écoles du KGB. Affecté, avec le grade de lieutenant, à la deuxième région militaire (Oran), dirigée depuis l’Indépendance par le colonel Chadli Bendjedid, Mohamed Mediene est nommé officier de sécurité de cette zone frontalière du Maroc. Sous le commandement du colonel Bendjedid, il effectue un long chemin de compagnonnage avec un capitaine influent, Larbi Belkheir, alors chef d’état-major de la deuxième région militaire.

Sous la direction de Medjdoub Lakehal Ayat, patron de la Sécurité militaire (SM), qui le trouve encombrant, il est nommé attaché militaire à Tripoli en 1983. De retour de son « exil » diplomatique, il dirige brièvement la Direction centrale du génie militaire. En 1986, il devient chef du Département défense et sécurité à la présidence de la République, où Larbi Belkheir occupe la fonction de directeur de cabinet du président Chadli Bendjedid.

Lorsque la Délégation militaire de prévention et de sécurité (DGPS) est créée en mai 1987, il y devient directeur de la Sécurité de l’armée (SA), la police politique de l’Armée nationale populaire. À la dissolution de la DGPS en septembre 1990, il prend la tête du Département de renseignement et de sécurité (DRS) qu’il dirige à ce jour.

Sa carrière démarre réellement avec la destitution du président Chadli Bendjedid en janvier 1992 et la montée de la menace islamiste. Dirigeant à la fois la sécurité intérieure, les renseignements extérieurs et la sécurité de l’armée, Mohamed Mediene a un poids considérable dans le système politico-militaire algérien.

Cet amateur de cigares qui apparaît rarement en public possède, par le biais de ses réseaux et de sa fonction, un puissant ascendant sur les médias, les partis politiques, les lobbies d’affaires et les différents courants de l’armée.

SOURCE : http://www.algeria-interface.com/new/article.php ?article_id=433

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