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Les disparités d’une médecine infecte



Le leurre sanitaire fait aux pauvres, doute grandissant sur les génériques


mardi 21 mai 2013
par N.E. Tatem


Dans son cynisme mortel, le capitalisme a créé la médecine à deux vitesses. Il y a celle dont bénéficient les puissants, de qualité et respectant normes et déontologie. Et pour les pauvres, outre les difficultés d’accéder aux soins quand ils sont servis, des prestations modiques tentent de palier à leur besoin de santé.

On verrait par exemple le président Bouteflika et tous les privilégiés de son pays, où les praticiens les plus qualifiés préfèrent s’exiler, se font soigner en Europe. Alors que les communs des algériens peinent à être soulagés localement.

C’est ainsi que sont nés les médicaments génériques destinés aux patients aux revenus réduits et aux habitants des pays pauvres. A l’origine ce sont des copies conformes à ceux originaux, avec une réduction des bénéfices exagérés des producteurs et une libéralisation des brevets pour permettre l’accès de leur achat par des revenus modestes.

Et dans ce volet de la médication prescrite, les pratiques douteuses et frauduleuses prennent de l’ampleur semant des inégalités. Malgré l’existence de cas de malades qui ne guérissent pas en les consommant, les commerçants et producteurs maintiennent leur business.

Dans son ouvrage « Médicaments génériques, la grande arnaque » sorti le 11 avril 2013, le Dr Boukris Sauveur a fourni une investigation éloquente et fournie. Où il explique que c’est l’argent qui prime et non la santé des utilisateurs, dans le créneau des médicaments génériques.

Soi-disant pour faire gagner de l’argent à l’Assurance-Maladie en France, les pharmaciens substituent des médicaments par ceux génériques, alors que plusieurs patients dénoncent et doutent de leur efficacité. En France le "médiatore" et "Diane35" ont été détournés de leur objectif médical et sont devenus à l’origine de graves conséquences.

Depuis que ces produits thérapeutiques existent, les scandales se multiplient. Là où une forme de contrôle dresse des vérifications, des conflits embarrassants démontrent qu’aucun sérieux n’est mis pour se soigner avec ces médicaments piètres, sinon mortels.

Si des examens de qualité peuvent être conduits par des labos, expertisant la contenance de la molécule agissant sur la maladie visée, existe, selon la volonté et les moyens des décideurs. Elle n’est cependant pas généralisée et à la portée de tous les Etats.

Par contre l’introduction de produits frelatés et mal étiquetés dans le commerce interétatique, avec l’intention de frauder ou de tromper, est plus qu’inquiétante. Elle est de plus en plus propagée à travers les frontières et envers les populations déshéritées.

Outre que les citoyens les plus démunis des pays dits riches, comme l’affaire du Lipitor qui a éclaté en 2013 aux USA, sont exposés à la férocité des producteurs de ces médicaments de mauvaise qualité. Les pays pauvres restent désarmés devant de telles fraudes.

La même entreprise, Ranbaxy Laboratories créée en 1961 en Inde, accusée aux Etats-Unis, spécialisée dans la fabrication des médicaments, a été prise dans des malversations par l’OMS « l’Organisation Mondiale de la Santé ». L’organisation de l’ONU a découvert que Ranbaxy fournit en masses des médicaments dans la lutte du Sida, notamment dans nombreux pays africains où la pauvreté...