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Les péripéties d’un Algérien qui renonce publiquement à l’islam et s’adresse au Christ

Le calvaire dans un pays où la société vit sous l’évidence idéologique d’une religion

jeudi 10 janvier 2019
par Damien Djamel Bouch’Raf


Voilà l’une des épopées les plus cruelles qu’on peut vivre dans un pays musulman, où la population n’a pas de considération pour la liberté de croyance. Le sort d’un musulman qui se convertit au christianisme en Algérie, illustre comment l’existence d’une personne devient insupportable pour l’hostilité et la haine de l’environnement humain. Depuis l’année 2000, le retour de Bouteflika aux affaires, l’exil a pris toutes ses formes et voies possibles. C’était l’ancien parti unique de la guerre des clans, du régionalisme et de la répression qui a repris place au sommet de l’Etat. Il a définitivement, jusqu’à ce jour, obstrué le sentier du songe qu’illuminait l’espoir de démocratie.

Voir en ligne : Notre dossier ALGÉRIE

L’islam est la religion d’Etat en Algérie, selon l’article 2 de la constitution. 99% des 40 millions d’habitants sont musulmans. Depuis l’apparition de l’islamisme, des milliers de musulmans algériens ont mis leur foi en "le Christ". C’était secrètement car la répression est de mise. Les responsables algériens estiment actuellement à 50 000 le nombre de chrétiens, mais d’autres sources disent qu’il pourrait être deux à 10 fois plus élevés. Et comme la violation de la conscience est généralisée, les athées sont désignés par leurs prochains, sans avoir le choix, comme cibles de l’intolérance violente.

L’Algérie est classée 42 ème par l’organisation de soutien des chrétiens, lors des "Portes ouvertes de 2018" de la "World Watch Liste" des pays où il est plus difficile d’être chrétien. Il y a environ 194 nations, de la Terre, concernées par ce classement qui n’épargne aucun coin du Monde. C’est pour cela que nous vous racontons l’histoire de cet algérien qui vit encore à ce jour dans le désespoir. Aujourd’hui, il est loin de sa famille, sans femme et ses deux filles, sans travail et sans domicile.

- Notre sujet récent et pour le même thème. Offensive de persécutions des chrétiens en Algérie dans le silence du Ramadan 5 juin 2018

Il a été jugé mais acquitté, son beau cadeau de fin d’année 2018. Accompagné d’un avocat engagé par le groupe de coordination de l’Eglise protestante d’Algérie (EPA), il a comparu devant un tribunal de Boukadir, dans la province de Chlef, où un juge l’a finalement relaxé et lavé de toutes poursuites.

La loi algérienne 03/2006, plus connue sous le nom de loi 03/06, prévoit une peine de prison de deux à cinq ans et une amende de 500 000 à 1 million de dinars (4 343 USD à 8 687 USD) pour quiconque met en œuvre tout moyen de saper la foi d’un musulman.

L’aventure d’un croyant qui change d’orientation, les problèmes de la révision de la conscience.

La question de l’évangélisation en Algérie est un tabou. Pourtant le mouvement d’abandon de l’islam est des plus forts. Mais il est complètement caché et clandestin. A cause de l’intolérance et de la barbarie à laquelle se livre impunément les citoyens, encouragés par les discours officiels, les musulmans simplement hégémoniques au sein de la population. La liberté de culte est des plus dangereuses dans le Monde.

Aussi bien le régime en place ainsi que ses opposants, c’est-à-dire l’ensemble des corps qui constituent toutes les franges de la société, se préoccupent de l’éventuelle « désislamisation ». Ils la combattent vainement. Ils n’admettent pas ce qui est provoqué par le terrorisme, lui-même survenu de la politisation de l’islam. Mais c’est une réalité en expansion dans ce pays truffé d’incohérences…

- Bouhafs Slimane dans l’enfer d’un pays sans liberté 29 août 2016

Le tabloïd britannique « The Morning Star News », journal paraissant depuis les années 30 qui a été propriété des communistes anglais, a publié 9 janvier 2018 un reportage sur un procès d’un converti de 32 ans en Algérie. Vous pouvez le lire ICI. La vie de cet individu est plongée dans des tourments d’une brutalité qui vous laisse pantois.

Divorcé depuis 2 ans, sa femme l’a quitté et lui a reproché de saper l’Islam. Son calvaire a commencé en 2017, quand la police avait refusé, en la sollicitant plusieurs fois, de l’aider. Il est empêché de voir ses enfants, alors ces droits lui sont accordés par le juge. Il avait droit de rendre visite à ses filles âgées de 4 et 6 ans, mais la famille de son épouse les éloigne de lui.

La liberté religieuse est humiliante pour ceux qui commettent l’acte révélateur de...

A 20 ans il a commencé à douter de l’islam. Et rencontra l’une des chaînes d’évangélisation active en Algérie et dont le programme est destiné aux musulmans. Originaire d’Aïn-Soltane, un petit village du sud-ouest d’Alger de la wilaya (département) d’Aïn Defla, il a appelé un numéro de téléphone du contact d’une représentation d’évangélisation pour l’Algérie, qui l’a mis en contact avec un pasteur à la capitale Alger.

Au début sa femme avait accepté de le suivre et qu’elle devienne en 2013 chrétienne, trois mois après sa conversion. Mais depuis ses problèmes ont commencé. Il a résisté depuis aux menaces de mort, perte d’emploi, poursuites pénales et une nuit de prison. Mais finalement sa femme se retourne contre lui, ce qui le chagrine le plus.

- ÊTRE NON-MUSULMAN APRES LE PRINTEMPS ARABE ! 19 mars 2012

Elle a constaté son changement et le considéra positif. Son attachement à un programme télévisé chrétien, l’obligea d’avouer qu’il était devenu chrétien. Elle aussi a commencé à s’intéresser de plus en plus à la même foi. Et trois mois plus tard, elle a également consacré sa vie au Christ, a-t-il déclaré au correspondant du journal.

Ensemble, ils commencèrent secrètement à assister de temps à autre à des offices religieux dans l’église du pasteur à Alger. Les problèmes ont éclaté seulement après leur baptême de l’été 2015 dans la ville côtière de Tipaza. Les parents et les frères et sœurs du mari s’emparèrent de tous ses biens, y compris du petit commerce de volaille qu’il tenait d’une manière rentable dans un bien immobilier de sa famille.

De commerçant il est devenu salarié pour subvenir aux besoins de sa petite famille. Ses parents le dénoncèrent aux autres habitants d’Aïn-Soltane, alors des insultes et des menaces sont quotidiennement tombées sur lui et le suivaient partout. Car les gens qu’il croisait et avec qui il travaillait ont appris qu’il était chrétien. Ils le qualifièrent de « mourtad » [apostat], a déclaré ce citoyen en perte de droit !

Participer à notre mini-sondage de moins d’une minute. Anonyme on peut exprimer, sans obligation, son opinion.

Sa question unique est : Qui après Bouteflika ?

Cinq choix ayant trait au profil, au parcours et à la personnalité du prochain président. ICI - MERCI

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