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Le business mondial des implants médicaux sous la loupe d’ICIJ

La médecine c’est délicat, mais elle fonctionne selon l’opacité d’un secteur intangible

dimanche 2 décembre 2018
par N.E. Tatem


D’emblée il faut déterminer le secteur de la santé et sa science « la médecine » s’apparentent à des domaines qui ne sont pas à portée de tous, mais aussi les exigences de connaissances ne laissent pas l’accès facilité à ceux qui s’y aventurent. Les journalistes qui s’y aventurent sont souvent armés du savoir nécessaire. Mais l’activité même se prend être à l’abri des intrusions animées de curiosité et autres enquêtes expertes, donc la latitude est à l’opacité et au business incontrôlable…

Voir en ligne : Notre dossier : Médecine - Santé - Médicaments

Mais ICIJ, à l’origine du scandale du Panama-Papers qui a révélé l’existence de société offshores pour engranger des fonds pour les masquer au fisc des pays d’origine, a regardé et ce n’est pas vain. La collecte des dossiers des implants médicaux par ce consortium des journalistes d’investigation, a duré environ une année. Entre autres, la première découverte qui soit illégale comme fait néfaste, est que les implants médicaux de divers genres sont généralement très mal testés.

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A cela se rajoute qu’on tienne aussi compte d’aucune sécurité, de ces dispositifs nécessaires aux malades. Elle n’est guère garantie selon les quêtes de 250 journalistes qui se sont mobilisés pour ce sujet d’intérêt commun indémontable.

D’après le consortium pas de 8 millions de dossiers ont été amassés dans le cadre de la prospection. Ce qui a démontré la présence des avis de rappel comme retour du produit, des avertissements de sécurité qui ont trait à l’absence d’un bon fonctionnement, des documents juridiques qui établissent l’existence des litiges et des rapports financiers qui ont trait aux coûts sans homologation.

Aux Etats-Unis où les scandales sont fréquents comme pour l’addiction aux médicaments opiacés, les autorités détiennent le plus grand répertoire d’informations sur la sécurité des dispositifs. Des rapports existent de plusieurs centres scientifiques et médicaux, mais ne sont pas toujours vérifiés. Même s’ils indiquent une douleur et une souffrance énormes chez les utilisateurs d’implants, il y a peu de contrôle.

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La « Food and Drug Administration » l’institution qui autorise la commercialisation des médicaments et les produits alimentaires, demande aux fabricants et aux prestataires de soins de santé de signaler les cas dans lesquels un dispositif est soupçonné d’avoir causé ou causerait une blessure grave ou un décès. Tout dysfonctionnement risqué pouvant causer des dommages devait lui être indiqué.

L’opinion mondiale est maintenant averti, sur les pratiques qui ne protègent d’abord pas les patients mais aussi les institutions de prise en charge comme les praticiens de la santé ou bien les assurances. Ce qui devait être déjà réveillé par le nombre d’accidents liés aux implants médicaux anormalement élevé, la fréquence inappropriée n’était inaperçue. Des chiffres qui seraient, encore maintenant avec la fraîcheur des récentes divulgations, sous-estimés. Mais des vérifications sont en plein exercice, afin que tous ceux qui ont certaines prothèses, procèdent aux révisions…

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Selon la revue scientifique "Science & Avenir", en France, les professionnels de santé sont censés déclarer les incidents des équipements alliés aux corps des malades. Cette obligation serait peu respectée. Un nouveau règlement européen de 2017 se contente de demander aux Etats membres de l’UE (Union Européenne) d’"encourager" les médecins à les déclarer.

L’enquête d’ICIJ déplore les échanges peu transparents entre services de santé concernés. Une base de données européenne, Eudamed, verra le jour sur le Web en 2020. Cependant les Etats sont en désaccord sur la teneur des informations à placer sur cet outil de suivi.

Depuis 2008 que le constat des incidents liés aux implants préoccupait les médecins et chirurgiens et la Commission européenne a été avertie. Même la nomenclature des dispositifs médicaux disponibles sur le marché n’était pas établie d’une manière uniforme. Les mesures de contrôle ne sont pas déterminées.

Les défaillances du système mettaient au doute les organismes qui les conçoit et les commercialisent. Ces entreprises devaient garantir les produits et des normes doivent être fixées par la loi. La réglementation devait être durcie avec l’exigence du succès des essais cliniques humains, avant la mise sur le marché.

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