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De terre à gazon : des bouleversements à prévoir ?




dimanche 19 juin 2011
par Jérôme COLLIN


La saison sur terre battue aussitôt terminée, voilà la période, plus courte mais diablement importante dans une saison, d’herbe. Novak Djokovic rebondira-t-il après son échec retentissant à Roland-Garros ? Roger Federer poursuivra-t-il sur sa lancée du beau parcours parisien ? Enfin, Rafael Nadal sera-t-il capable de réitérer son doublé Roland-Garros-Wimbledon de l’an passé ?

Le tournoi légendaire de Wimbledon démarre ce lundi et toutes les réponses à ces questions vont pouvoir êtres apportées.

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La saison sur terre battue de 2011 a révélé des surprises. On attendait la suprématie de Nadal, qui domine outrageusement la surface depuis quelques années déjà. Tel n’a pas été le cas. La faute à un Serbe sur un nuage pendant cinq mois. De Janvier à fin Mai, Djokovic a tout balayé sur son passage, alignant sept titres consécutifs, dont un Open d’Australie et quatre Masters 1000 (deux sur dur et deux sur terre battue, avec une victoire en finale face à Nadal à chaque fois). On peut ajouter au palmarès du Serbe ses deux victoires décisives en finale de Coupe Davis face à la France.

Cependant, si la saison sur terre battue a été globalement dominée par « Nole », le dernier tournoi et le plus important (les Internationaux de Paris) est revenu au Majorquin Nadal, qui par la-même a réussi à conserver sa première place mondiale au rang ATP pour 65 maigres points. Le grand perdant de ce tournoi fut donc Djoko, éliminé en demi-finale par le Suisse Roger Federer. Tout un symbole d’une dynamique qui s’inverse. Djokovic redescend sur terre, tandis que RF démontre qu’il reste un joueur de tout premier plan aux ambitions encore affichées.

Le quatrième larron du tennis mondial masculin se nomme Andy Murray. Le Brittanique porte en lui tous les espoirs des sujets de la Reine, impatients de voir l’un des leurs remporter un trophée du Grand Chelem. Un événement qui n’est plus arrivé depuis Fred Perry et 1932. Une éternité autant dire. Une aberration même qui mérite d’être effacée. Facile à dire, mais plus difficile à faire. L’Ecossais a tout de même bien démarré sa saison sur gazon par une belle victoire au tournoi du Queen’s face à Jo-Wilfried Tsonga. Murray a donc une carte à jouer, mais semble encore trop fragile pour vraiment postuler à un titre en Grand Chelem.

Nadal paraît lui bien émoussé physiquement mais aussi moralement. Exténué par sa conquête d’un sixième trophée à Paris, tournoi qui fut son plus dur à glaner sur l’ocre parisienne, Nadal a relâché la pression et a décidé de couper un peu. Avec le regain de forme de Federer, défendre son titre londonien ne sera pas une mince affaire. Une autre énigme l’attend : l’état de forme mentale de Djokovic. Forcément sonné par sa désillusion à Roland-Garros, toute la question repose sur sa capacité à rebondir. Les premiers tours seront révélateurs de son niveau et de son attitude. Une chose paraît cependant sûr. Wimbledon n’échappera pas à ces trois joueurs. Le trio dépasse largement la concurrence, la domine et l’écrase même. Sur les six dernières années, seul Juan Martin Del Potro en 2009 à l’US Open a réussi à arracher un titre à ces trois joueurs. Un exploit qui montre à quel point l’écart entre ce trio et les autres joueurs est considérable. Pour les Français, les espoirs reposent principalement sur Jo-WIlfried Tsonga, qui est bien rentré dans sa saison sur herbe, en disputant une finale du tournoi du Queen’s. La clé pour le Manceau est son efficacité au service. Si ce dernier est efficace, le numéro 3 français peut alors nourrir beaucoup d’ambitions. Le jeu su gazon lui semble tailler sur mesure pour briller. Seul ennui pour le Français, son physique lui joue parfois des tours et peut l’empêcher d’aller loin dans les tournois.

Les autres français sont eux moins adroits sur l’herbe anglaise. Pas de réelle surprise n’est donc à attendre côté français. Richard Gasquet peut toutefois prétendre à faire un beau parcours, d’autant plus depuis son retour à son meilleur niveau, preuve en est par sa belle saison sur terre battue.

A noter le hasard du calendrier qui a livré comme match de premier tour une confrontation entre deux joueurs qui sont rentrer à jamais dans l’histoire du tennis pour avoir disputé le plus long match de l’histoire du tennis, l’an dernier à Wimbledon. Nicolas Mahut et John Isner vont donc de nouveau disputer un match pour le premier tour. Un joli clin d’oeil du destin.

Du côté du tableau féminin, difficile de dégager une favorite. La quinzaine parisienne a démontré ce que l’on savait depuis un certain temps : l’absence de patronne sur le circuit féminin. Caroline Wozniacky a beau être numéro 1 mondial, son incapacité à décrocher un titre du Grand Chelem démontre à quel point elle profite surtout d’une irrégularité chronique chez les filles. Certes, il y a bien les soeurs Williams qui reviennent, mais leur capacité à résister sur le long terme paraît improbable, après plus d’un an d’arrêt pour la cadette Serena. Revenant d’une embolie pulmonaire qui aurait pu la terrasser, elle a eu le courage de revenir. Sera-ce suffisant ? Rien n’est moins sur. En l’absence d’une véritable hiérarchie, les surprises peuvent être nombreuses. Li Na, récente lauréate de Roland-Garros peut en témoigner. Toutefois, continuer sur cette lancée victorieuse pour remporter le tournoi londonien semble compliqué. Dans ce flou total, Marion Bartoli peut tirer son épingle du jeu. Séduisante demi-finaliste à Paris, vainqueur au tournoi d’Eastbourne, la numéro 9 mondiale est dans une bonne dynamique, et peut prétendre à une victoire finale. Elle a déjà disputé une finale ici même en 2007, perdue face à...Vénus Williams.

Enfin, il faut aussi évoquer la présence de Maria Sharapova. La séduisante Russe, vainqueur ici en 2004, reste une prétendante au titre. Elle a fait bonne figure à Roland-Garros, atteignant le denier carré, elle qui n’est pas une adepte de la terre battue.

Alors que le tableau masculin ne devrait pas réserver d’énormes surprises, le titre revenant sans doute à Federer, Nadal ou Djokovic (et à un degré moindre Murray), le tournoi féminin est beaucoup plus dur à pronostiquer. Une chose est certaine : la magie des lieux a toutes les chances de nous offrir un bien beau spectacle.

Jérôme COLLIN

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