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Le sectarisme sunnites - chiites utile au Daesh



Quand l’islam obscurantiste a le monopole des idéologies


lundi 6 juillet 2015
par Azouz Benhocine


Le désert irakien d’Anbar est passé, à 80 %, sous contrôle du Daesh, au début de l’année 2014. Les deux "ville-clés" Fallouja et Ramadi sont, en cette été 2015 soit 1 an et demi plus tard, les théâtres d’intenses combats. L’armée irakienne, aidée par des miliciens chiites, kurdes et sunnites, ainsi que l’aviation de l’alliance formée autour des Etats-Unis, tente de récupérer ce qu’elle peut...

Les experts constatent désormais que l’avancée pour la libération de ces deux importantes cités urbaines, Fallouja et Ramadi, de ce Sahara de l’est de l’orient, est ralenti. Les américains ont rajouté quelques 450 formateurs pour encadrer l’armée irakienne. Mais ils redoutent que leur épuisement soit vain. La victoire n’est pas pour tout de suite, ni même pour demain...

Nos articles sur le sectarisme en terre d’islam
- La guerre confessionnelle fait rage en Irak-
- L’Iran contre l’EI (Etat Islamique) : politique de guerre sectaire en islam
- La mise-à-nue de la guerre sectaire de l’Arabie Saoudite.

Le dernier contingent des instructeurs américains est destiné justement à la région d’Anbar où quotidiennement de farouches batailles ont lieu. Les constats ont vite été dressés, les sunnites et les chiites ont des difficultés à se côtoyer, même quand ils sont de la même nationalité et ont vécu des siècles ensemble. La pays subit fatalement aussi cette division. Nous avons publié sur Populi-Scoop un sujet sur les raisons sectaires qui font l’instabilité en Irak : à lire ICI.

Les américains ont, jusqu’à des jours récents, donné beaucoup de valeur aux combattants chiites et kurdes. Les sunnites sont plus rares à recruter et ceux déjà en exercice n’apprécient guère d’être commandés, ou bien juste à côté, des chiites.

Le clivage islamique ["sunnite"-"chiite"] commence à être ressenti comme un grand inconvénient qui tend à rendre impossible la victoire de l’armée irakienne sur le Daesh. La guerre de huit ans entre l’Irak et l’Iran dans les années 1980 a fait au moins 500.000 morts, depuis les mentalités se sont figées... Une violence sectaire a, pendant les années qui ont suivi l’invasion américaine de 2003, été à l’origine de milliers d’autres victimes.

Sur le front actuel contre l’EI (Etat Islamique) le travail continue, mais souvent avec une couverture cynique et tendancieuse des médias. Comme la chaîne Al-Jazzeera qui est très présente dans ce conflit, les sunnites qui collaborent avec les terroristes sont pris pour victimes de persécutions...

Une frappe aérienne sur un terrain de sport à Ramadi, peu après minuit le dimanche, 28 juin, a tué au moins 50 personnes et a fait plus de 30 blessés. Les équipes et les spectateurs de ce tournoi informel, de football et de jeux traditionnels, étaient mélangées de civiles et d’éléments du Daesh, venus pour faire des recrutements dans la région, selon l’armée irakienne qui a reconnu son attaque.

Et au moins 23 personnes ont été tuées et quelques 40 blessés après que des bombardements au nord de Falloujah ont été opérés par l’armée officielle. Dans cette zone, la base des forces gouvernementales la plus proche des opérations a été prise d’assaut par cinq véhicules bourrée d’explosifs, conduits par des Kamikazes. Ces derniers ont perdu la vie, sans atteindre aucun objectif.

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