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Réforme après une autre, laquelle qui arrivera à bon port ?

La fin de la pub chez France-Télévision : UNE REFORME TOMBEE DU CAMION.



La fin de la publicité dans les chaînes de télévision publique.


samedi 5 avril 2008
par Gros Emile


La fin de la publicité dans les chaînes publiques serait certainement à l’origine d’une mutation de l’ensemble du champ audiovisuel français. Elle désagencera les us établis aussi bien le côté des émetteurs que celui récepteurs. Elle semble faire unanimité, depuis le 8 janvier date de sa divulgation, très peu de récalcitrants se sont manifestés.

La réforme semble faire unanimité, depuis le 8 janvier date de sa divulgation, très peu de récalcitrants se sont manifestés. Déjà le paysage est entamé par le tout numérique, et en avant-poste l’extinction de la TV analogique dès 2011, qui dessine une nouvelle configuration des cadres, réseaux et appareils médiatiques… Pour éviter que leurs postes n’aient pas un écran noir, les français doivent s’équiper avant cette échéance de la TNT, d’une réception par satellite, de l’ADSL ou par câble à moins qu’une autre technologie s’y rajoute d’ici-là.

La modification des dispositions au niveau de la télévision, pour ne pas dire de la programmation, touchera de part et d’autre de l’écran. Du côté des téléspectateurs, francophones en particulier qui comptent aussi ceux d’autres contrées que l’hexagone, on constatera la métamorphose l’appréciant appropriée ou la subissant comme un repli. C’est dire que la transformation va être plus poussée et profonde qu’on le croit, surtout qu’elle coïncide avec un chamboulement généralisé inévitable dans les 2 ou 3 prochaines années, au maximum 5.

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La contrainte discrétionnaire de l’autorité centralisant les habilités décisionnelles en a tranché, dans un contexte où la migration va de plus belle et est bien présidée de celle de la publicité transfert vers le Web. De suite la partition dans l’appareil institutionnel, assemblée et sénat, est donnée par François Copé qui divulgua, bien plus que 3 mois plus tard, que l’abandon se fera graduellement assignant un ton de modération. Et surtout épinglant, d’un correctif significatif, le mentor principal qui ne rate pas, lors de toutes ses interventions, de vouloir changer toutes les choses y compris l’ambition d’influer le monde entier. La suppression progressive n’avait jamais figuré au projet originel. Au moment où nous écrivons cette intervention, il n’est pas encore fixé si on attaquera les « access et prime time » (entre 18 et 21h30), on bannît d’ores et déjà certains secteurs (ou annonceurs), on diminue les durées ou on ferme sur certaines chaînes avant d’autres…

Comme une sentence induite de l’élan, des réformes empruntées quelque peu sans pertinence ni programme élaboré, par la présidence française agissant avec une bougeotte effrénée et des initiatives prises à vue et à la hâte. L’entrain, assez animé et sans préalables discernements, fait que ceux qui marchent debout trébuchent même s’ils sont au sommet des hiérarchies. On peut citer les reculs majeurs et les retombées de décisions peu réfléchies : le silence-radio concernant le parrainage d’un scolarisé français d’une jeune victime dans la shoah. Ou bien le maintien, après une campagne de dénigrement sans précédent, des 35 heures de travail hebdomadaire même si l’élargissement de la plage des heures supplémentaires a été finalement adoptée. Le lot des réformes inabouties ou irréalistes est bien en « XXL », plus large, mais c’est une autre histoire de les énumérer ici.

Il est certain que le côté remise en cause de la publicité chez France-Télévision, est une réponse attendue pour réduire les espaces de marchandising des produits et des services que l’interprétation négative de l’économie de marché a imposée partout. Là où puisse exister un support dans l’environnement des humains, la pub s’y colle. Cette réforme était en livraison, c’est pour cela que le paquet la contenant a glissé du débarcadère et que le sherpa pressé de le restituer le voit dévaler les méandres de l’actualité. Elle n’est strictement pas du chef de monsieur Sarkozy puisqu’elle était, plus que recevable, déjà en l’air depuis des années et en outre expérimentée sous d’autres cieux. Il fallait l’avancer aux discussions et la rendre exécutoire.

Tant mieux, si le service public songe davantage aux auditeurs. Ces derniers se soulagent du matraquage assourdissant des annonces de plus en plus ciblées qui n’épargnent aucunes catégories de la population et aucun moment de la journée. L’accaparement par la pub des espaces, et surtout d’une partie non négligeable des flux cathodiques, qu’on croyait conçus pour la culture, l’information, l’apprentissage, la vulgarisation, le divertissement et les autres bienfaits de la communication télévisuelle domestiquée par l’homme depuis un demi-siècle, est considéré comme le poison du cadeau parvenant à domicile. Et bien suivi de l’accusé de réception d’y répondre à la pub, en se laissant amadouer par ses incessants et alléchants appels surgissant entre les émissions après avoir même osé les couper, pendant une certaine période, finalement et heureusement qui a été abandonnée.

Sur la question des réformes, une société dynamique se munit toujours d’une capacité à régénérer ses potentiels, les ressorts qui lui permettent d’anticiper ou de se conformer aux aléas pour mieux les surmonter. Elle se fixe à reconsidérer, de temps à autres, ses institutions pour les mettre à jour avec les exigences modernes qui détruisent les anciennes. Elle nettoie et aiguise ses outils de l’usure pour rendre efficace leur usage. Et elle renouvelle sa créativité en adoptant les méthodes que les acquis scientifiques raffinés par la recherche, et l’expérience pratique, authentifient comme efficients pour la continuité de l’existence et l’évolution. Mais c’est le contenu des réformes qui préoccupe, au sens de : vers quels objectifs elles tendent ? Ce questionnement traduit l’identification des intérêts gagnés, donc il tente de désigner les bénéficiaires avérés des dividendes. Pour le cas de la fin de la publicité dans le service public télévisuel, les acteurs des canaux privés, se frottant chaleureusement les mains en l’occasion, vont désormais avoir un monopole de la diffusion des spots. Une vocation qui collera d’ailleurs mieux à l’image bien palpable qu’ils véhiculent tant par leurs activités que par leurs statuts juridiques. Et va crescendo réparer leur nature qu’ils croyaient avoir égalitairement distribuée avec le service public.

Beaucoup de commentateurs, partenaires du débat considéré des plus passionnants, se sont plus penchés aux manques à gagner des chaînes étatiques que les annonceurs déboursaient pour diffuser leurs séquences. Estimés à environ 780 millions d’euros par an, au temps des vaches maigres où les déficits publics s’accumulent, le nouveau découvert donne le tournis. La compensation est aussi peu recherchée, comme trouvée au bout du nez, pour le manque-à-trouver de quelques 470 millions encore irremplaçables. Seuls 310 peuvent être relevés respectivement : 200 des télécoms, 50 en créant de nouveaux revenus, 35 en économisant sur les services en activité et 30 en augmentant la taxe télévision. Du moins du point de vue prévisionnel de la commission Copé.

Cette table de comptage oublie que les creux légués par la disparition de la pub, font appel à de nouvelles productions et pour les combler il faut des réalisations fictionnelles, d’animation ou d’actualité… de la création. Ce qui met en défiance les estimations avancées avec de nouvelles charges…

Comme les téléspectateurs sont considérés les premiers bénéficiaires de cette réforme, il va falloir qu’ils trouvent dans leurs budgets le pécule pour posséder une lucarne fonctionnelle par où l’image puisse leur communiquer d’agréables ou d’utiles moments qui valorisent les temps libres.