POPULI-SCOOP : Info citoyenne & Actu critique

 


Promesse de dialogue entre pouvoir et opposition en Syrie !



Assad, allié contre Daesh, ne retrouve pas l’amour de son peuple


mardi 15 décembre 2015
par Azouz Benhocine


Les islamistes ainsi que l’opposition affidée à la coalition atlantiste et aux monarchies arabes réactionnaires, se lamentent que des civils syriens soient touchés par les frappes russes. Mais elles ne réagissent guère aux effets des autres interventions, dont celle directe de la Turquie qui alimente publiquement les terroristes. Comme elles nient que des victimes collatérales existent quand les Etats-Unis et leurs alliés atteignent leurs cibles. Ces dernières assurent la protection, au sein même de leurs familles, des criminels ou bien même leurs enfants armés...

Voir en ligne : Notre dossier : Syrie


Les Etats-Unis obligés à la priorité de viser... par Populi-Scoop

Parmi les tergiversations dans la rencontre de Ryad, du 12 au 14 décembre 2015, qui a regroupé les belligérants de Syrie, il y a celle des salafistes d’Ahrar al-Cham. Cette faction dominante a refusé de participer. Puis, elle s’est ravisée acceptant que le représentant du pouvoir syrien soit la partie clé dans cette discussion, en étant l’interlocuteur naturel dans la guerre civile qui depuis 2011 dévaste la Syrie.

Nos derniers sujets.
- La Russie, en Syrie, croise des islamistes membres l’OTAN : la Turquie.
- Offensive en Syrie qui renforce le Daesh au détriment des opposants

Du déjà vu, pour les islamistes qui ont le vent en poupe dans l’agression du Monde et particulièrement en Syrie. L’autre puissante "Djabhat Nosra" a ouvertement appelé à faire échouer cette conférence et ne l’a pas rejoint, pourtant une réunion inédite avec les négociateurs d’Assad.

Avec les impulsions d’Ankara et des monarchies arabes réactionnaires, les islamistes refusent généralement, dans les crises qu’ils alimentent, tout dialogue pour imposer leur voix. En l’absence de perspective plus clarifiée, ce processus encore fragile, mais néanmoins qualifié sans précédent, mérite d’être signalé. Ce rassemblement est le plus récent et le seul à provoquer une rencontre entre les deux parties en conflit.

La centaine de délégués réunis autour d’une même table, ont fait le pas et adhéré à une alternative. En parallèle à cette conférence de Ryad, une réunion Russie/Etats-Unis/ONU se tient aussi à Genève, à propos de la Syrie. Ce qui conforte l’idée d’un processus diplomatique international s’est mis en marche.

Il consiste en des négociations afin mettre fin à un conflit qui a fait plus de 250.000 morts et a poussé à l’exode des millions de personnes. Une priorité est fixée, elle est la nouvelle option motivée par une urgence précise : l’élimination de l’Etat Islamique. Mais une Syrie pouvant tenir une quelconque guerre contre Israël ou une autre puissance régionale n’a plus désormais d’avenir.

Ce regroupement souffre aussi d’un déficit flagrant. Il est incomplet sans la présence des Kurdes. Les Saoudiens qui parrainent cette nouvelle tentative ne sont pas en bons termes avec les Peshmergas peu enclins à consommer les doubles discours des forces régionales. L’Iran de son côté a dénoncé cette rencontre, alors que le pouvoir syrien, son allié, est présent. De quoi comprendre une autre alambiquée position d’islamistes du chiisme.

L’appel à un "Etat civil et pluraliste" est le point sur lequel se sont convenus les négociations de Ryad. "... la transition politique relève de la responsabilité des Syriens" , est la formule trouvée. Elle est destinée à contourner la controverse autour du rôle du président Bachar al-Assad dans le processus politique.

Assad polarise la crise syrienne, ses alliés le savent... Russes et américains combattent le Daesh, ils sont maintenant d’accord pour débloquer la situation en Syrie, même s’ils divergent sur l’avenir de Bashar Al-Assad. Ce qui va accélérer la mise à nue des Monarchies arabes et de la Turquie, des complices qui font la puissance du terrorisme...

Répondre à cet article