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Israël : loi répressive anti-émigration aux africains



L’apartheid israélien plus grave pour les colonisés qu’aux exilés


jeudi 12 décembre 2013
par Rebel Kazimir


Avec une loi finalisée et adoptée par le Parlement israélien dans la matinée mardi du 11 décembre 2013, les migrants venant d’Afrique peuvent être emprisonnés sans jugement pendant un an. Si pour les émigrés africains l’accusation qu’ils sont porteurs du virus de l’IVH est généralisée, pour les colonisés palestiniens la situation est incomparable et encore plus raciste.

Voir en ligne : Notre Dossier : Israël et apartheid

En fait, deux systèmes juridiques sont en place, à titre d’exemple en Cisjordanie. Un civil pour les Juifs et un autre militaire pour les Palestiniens. Il y a deux types d’infrastructures urbaines distinctes là aussi, notamment pour les routes, l’électricité et l’eau. C’est un autre apartheid et un autre sujet qui ne concerne pas l’immigration en Israël.

Pnina Tamano-Shata Mais quel comportement ont la population israélienne et ses gouvernants pour les populations noires ? Le sang d’une députée d’origine éthiopienne a été refusé officiellement, selon une directive du ministère de la santé, pour usage de soin. Il avait été congelé et ne pouvait jamais être utilisé. Cette députée a déjà servi dans les rangs de Tsahal.

Si une députée d’origine africaine est traitée ainsi, qu’est-il réservé aux émigrés et colonisés ?

La nouvelle mouture allège une législation aussi controversée que discriminatoire qui visait spécifiquement les émigrants africains. La précédente qui est remplacée, jugée inconstitutionnelle par la Cour suprême, permettait déjà d’emprisonner les clandestins pour trois ans.

Un tribunal a statué en Septembre que cette loi violait les droits humains. Ainsi un nouveau texte a été promulgué, il tente de répondre aux préoccupations de la Cour avec l’abaissement de la durée de détention.

Mais loin s’en-faut, son caractère raciste relève de son objectif d’être applicable uniquement aux africains clandestins et non de la durée de détention sans jugement. Les estimations des ONG des droits humains parlent de 3300 prisonniers, alors les chiffres officiels de l’Etat hébreu sont réduis à 2000.

Les deux formulations juridiques ont pour destination presque exclusive aux migrants de couleur « black ». Ces derniers traversent la frontière, par les tronçons non contrôlés du désert. Dans le passé, pour la plupart ils empruntaient les confins avec l’Egypte. Lesquels viennent d’être renforcés avec de nouveau pans de clôture.

Le tribunal qui a traité ces recours a également ordonné au gouvernement de libérer les détenus Africains qui croupissent depuis des mois dans des prisons du désert. Et d’examiner les demandes individuelles d’asile et procéder à la reconnaissance des cas présentant le statut de réfugiés. Moins de la moitié ont été libérés depuis.

Le 3 décembre dernier Amnesty International a dénoncé la détention pour des périodes indéfinie aux demandeurs d’asile. «  La Knesset doit abandonner les amendements proposés et commencer une refonte complète des procédures d’asile d’Israël pour les mettre en conformité avec les obligations internationales d’Israël...  », a déclaré Philip Luther, directeur pour le Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

Environ 50.000 demandeurs d’asile et des migrants en situation irrégulière en provenance des pays africains vivent en Israël, selon une estimation officielle. La plupart viennent d’Érythrée et du Soudan et sont indésirables. Quelques milliers ont quitté le pays dans un processus d’expulsion que les autorités israéliennes appellent par « départs volontaires ».

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