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1er SOCIOLOGUE A LANCER LES CYCLES D’EFFONDREMENT DES CIVILISATIONS

Ibn Khaldoun, premier sociologue qu’a connu l’humanité.




mercredi 24 janvier 2007
par populiscoop


Il y a 600 ans mourrait l’anthropologue et le sociologue avant l’heure, Ibn Khaldoun.

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IL Y A 600 S’ETTEIGNAIT, LE PRECURSEUR DE LA PHILOLOGIE.

Abou-Zeid Abderrahman Ibn Khaldoun, premier sociologue qu’a connu l’humanité.

Né le 27 mai 1337 à 19 mars 1406 à Tunis. D’une famille originaire du Yémen établie en Andalousie.

Arnold Toynbee dit de lui qu’il a « conçu et formulé une philosophie de l’Histoire qui est sans doute le plus grand travail qui ait jamais été créé par aucun esprit dans aucun temps et dans aucun pays ».

Il y a 600 ans mourrait l’anthropologue et le sociologue avant l’heure, Ibn Khaldoun. Quand en 1406 il a rendu l’âme à qui de droit, il était Cady principal d’Egypte. Haut magistrat, détenteur des préceptes fondamentaux et des procédures d’application en matière de droit. Pour toute la société musulmane de l’époque. Il était consulté pour orientation ou bien il lui était confiait l’entière autorité de statuer, en matière de litiges entre les sujets et les communautés.

Brillant analyste de la société musulmane décadente sous yeux, il était le dernier des maillons des rationalistes qui militaient depuis le 12ème siècle pour rallonger la vie d’une civilisation en perte de pérennité des sciences et du savoir qu’elle avait entretenus. Le mouvement « d’action » rationaliste désavouant la prépondérance du fait religieux dans la gestion des affaires de la cité, a été fondé par un certain Nacereddine Ettozi. Il avait ses théoriciens, par ailleurs, qui ont inspiré Descartes pour préciser la rigueur d’esprit (d’où esprit cartésien). Plus militant agitateur que doctrinaire, le groupe de pression, a surgi en orient avec une chaîne d’adeptes vivants depuis les confins du Golf d’Arabie jusqu’aux portes de Chine, dit celui « El-Mouâtazila ». Cette coterie n’avait pas lieu d’être côté Maghreb, du fait du rayonnement de la proche Andalousie musulmane. Par contre, elle était plus présente et active, géographiquement du côté du levant du fait de la forte emprise des obscurantismes et autres discordes, autour des khalifats (le pouvoir) qui se sont déclenchés dès la mort du prophète Mahomet. Les philosophies grecques de Platon, Socrate et éminents penseurs qui marquent à jamais l’humanité, traduites à la langue arabe deux siècles auparavant par Averroès (Ibn-Rochd) puis jetées aux flammes par les réactionnaires, après heureusement leur traduction au latin, servent de références aux rationalistes. Ces derniers ligués pour la contestation, sous la houlette de ce Nacereddine sauvagement assassiné par la secte des « Hachachines », étaient des jeunes originaires de Turquie, Irak, Iran, Arménie, Turkménistan, Afghanistan, Azerbaïdjan et surtout Ouzbékistan avec ses deux villes Boukhara et Samarkand. Image hébergée par servimg.com Une trêve dans l’écroulement de la civilisation arabo-musulamne, comme une parenthèse, avait d’abord pris le dessus pendant l’époque florissante marquée par, le non moins éclairé, Haroun Er-Rachid, qui régna du côté du Golf persique sur les vestiges de la civilisation perse. Le dernier à n’avoir pas lésiné sur tous les moyens dans l’encouragement des sciences et des arts, avant l’exil en occident des élites et l’assignation de faire du couchant via l’Espagne le fief de cette civilisation basée sur la langue arabe. L’ensemble de la rive nord de la méditerranée s’est mise à progresser, puis attachée à la renaissance elle partit à la découverte des nouveaux continents (Amérique et Australie) et des lointaines cultures extrême-orientales (Chine et Inde), qui ont été à la fois une résultante et une autre source d’évolution.

Ibn Khaldoun qui, il faut le préciser, est resté inconnu tant dans le monde qu’auprès de la culture arabo-musulmane jusqu’au 19ème siècle, fut le premier à avoir créé et rédigé de vrais traités que les éditeurs et les critiques nomment actuellement par essais, de sociologie. Cette science sociale encore honnie par les intégrismes à notre époque, qui analyse la psychologie collective et les structures mentales des populations, se rapporte à déterminer les origines et sources des comportements que génèrent les cultures modernes ou leurs opposées traditionnelles. Ce qui place ce penseur, comme fondateur d’une chaire qui se veut une véritable prescience définissant « le comment et pourquoi » qu’une communauté quelconque sombre dans la régression, avance vers le progrès ou stagne fixée à la conjonction qu’elle croit la préserver d’où « le conservatisme ». Mais la sociologie qui était dissertation, somme de constats rédigés, ayant pour sujet l’environnement et le cadre de vie des humains, s’est développée depuis car prise en compte donc influente, en devenant le socle d’analyse des attitudes et agissements qui conduisent des sociétés observées, à réagir ou vivre d’une sorte préférablement qu’une autre.

Pour que cet homme atteigne un tel rang de création, il était à la fois doué d’une grande mobilité, préoccupé sinon excédé de la déchéance qui s’opérait sous ses yeux et surtout intellectuel pour écrire Prolégomènes « El-Moukadima ». Première thèse que connaissent les sciences humaines. Son parcours au Maghreb est plus important, dans le temps, que son siège en Orient au même titre qu’Averroès (Ibn Rochd). C’est l’influence de la proche Andalousie où ce dernier (Averroès) enseigna auprès du roi El-Mansour, dans même le palais royal, alors que ce monarque guidait cette contrée florissante et lumineuse en matière de science. Elle était un attirail cité en exemple pour tous les savants et disciples de l’époque. Outre sa mitoyenneté avec l’Espagne, le Maghreb avait un immense héritage historique, bien millénaire et se rapportant à toute l’époque romaine avec Carthagène, où Hannibal espérait s’emparer l’empire, et la civilisation chrétienne, avec Saint Augustin qui sauva l’église des désistements des fidèles après que Jésus n’était plus parmi les vivants.

Image hébergée par servimg.comCette région nord-africaine enchantait beaucoup d’érudits qui venaient planter leurs ordres dans cette région où allait se jouer le dernier épilogue de la civilisation arabo-musulmane. Depuis Fès jusqu’à Tunis, l’homme a exercé des fonctions publiques servant plusieurs sultans souvent en hostilité et avait le statut de savant « Aâlem ». Ce que voient certains historiens de son existence et critiques de son œuvre, à travers ses fréquentations de divers maîtres, en trahisons, n’est qu’une reconnaissance de son talent pour se faire admettre. Tel quelqu’un de notre temps soumettant son CV à un employeur. De Fès à Tunis en passant par Marrakech (Maroc), Grenade (Espagne) et Tlemcen ou Constantine (Algérie), courtisant les hautes sphères, il avait été ministre, ambassadeur et haut magistrat. Les souverains impressionnés de ses capacités, l’acceptaient, lui pardonnaient et le sollicitaient. Politologue pragmatique, ses péripéties dans les rouages font de lui plus un intrinsèque dont l’indépendance ne fait aucun doute.

Prenant la relève de l’Andalousie en effondrement, le Maghreb abrita longtemps Ibn Khaldoun qu’il considéra sa patrie. Avec les « Hamadites », sur l’axe (Naciria) B’gayeth -Bejaia- où ont été écrits pour la première fois les chiffres utilisés de nos jours (1, 2, 3 etc.), Kalaâ des hamadites (région M’sila, à 200 km au sud-est d’Alger) en passant de la minuscule bourgade des Beni-Abbès (Ighil-Ali) et Tiaret (jadis Tihert à 200 km au sud-ouest d’Alger : où reste encore l’un des plus vastes – environ 50 hectares- site romain dont l’urbanité ne fait aucun doute dénommé Achir). C’est dans cette région de Tiaret et Frenda, avec les « Ziyanides » qu’une grotte, encore en place, creusée au flan d’une colline, dit-on des mains d’Ibn-Khaldoun et où il séjourna en ermite pour rédiger quelques unes de ses œuvres dont certainement la très intéressante « Histoire des berbères ».

On doit à Ibn-Khaldoun Image hébergée par servimg.comle verdict corroboré, par des éminences, concernant les personnes et les communautés campagnardes ou les ruraux. Comme le du prophète Mohamed disant (les paysans pires douteux et renégats) et Karl Marx (pour leur déficience concernant la conscience de classe, voir sa correspondance sur la société algérienne, qui était paysanne à 95% lors de son séjour au 19ème siècle.), il avait à sa manière constaté : (Idha dakhala el-Aarabou médina Alhakaha el-kharabou) en d’autres termes : Quand ils pénètrent (il veut dire : dirigent) les ruraux la cité, elle sera ruinée. Certes il avait vécu une période d’exode, ou de conquête passant par Gibraltar, des peuplades persécutées (matériellement et pour leurs opinions) vers la prospérité andalouse. Il a légué un texte sur les hilaliens, renommés pour leur vandalisme, qui étaient des tribus nomades toujours en discorde avec les autorités de l’orient arabique de la même veine que les gitans, sinon même une ethnie tsigane qui empruntait, dans leurs interminables périples, un autre chemin que l’actuel qui les destinent par la voie des Balkans vers l’occident.

Livres déjà parus dès le début 2007 donc il faut s’attendre à d’autres ouvrages, à l’occasion de cet anniversaire :
  Ibn Khaldûn, l’Homme et le théoricien de la civilisation. De Abdesselem Cheddadi, édition Gallimard, 523 pages au tarif de 30€. (ISBN 2070764966)
  Ibn Khalddûn au prisme de l’occident. De Krzsysztrof Pomian, édition Gallimard, 234 pages, 13.50€. (ISBN 2070781593) Citons aussi les 2 ouvrages : • Ibn Khaldoun. Naissance de l’Histoire d’Yves Lacoste, Passé du tiers monde, édition. La Découverte, Paris, 1998 (ISBN 2707126802) • Ibn Khaldoun. L’honneur et la disgrâce, de Jean Moshsen Fahmy, édition L’Interligne, Ottawa, 2003 (ISBN 2921463660) • Ibn Khaldoun. Un génie maghrébin de Smaïl Goumeziane, (1332-1406), édirion Non Lieu, 2006 (ISBN 2352700019) • Ibn Khaldûn et les sept vies de l’Islam, de Gabriel Martinez-Gros, édition Sindbad Acte Sud, 2006 (ISBN 2742761144)

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