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Contestations juvéniles plus exacerbées dans le désarroi social.



La présidence française tire à sa fin, alors que la crise a modifié les choses. Les contestations ont tous les ingrédients pour...


vendredi 12 décembre 2008
par Hugo Mastréo


Le risque de contagion des protestations, avec une intonation de guérilla urbaine, vécues pendant presqu’une semaine en Grèce, est omniprésent. Des réactions du même genre se sont déjà déroulées dans certains pays du sud de l’Europe. A Rome, à Bologne, à Madrid, à Barcelone et plusieurs villes de France, avec moindre violence, des revendications tout-à-fait radicalisées se sont bien déjà manifestées...

Dans l’Hexagone le mouvement des lycéens, contre la réforme scolaire, s’apprête à s’amplifier puisque déjà emmaillé d’incidents à Brest et Aix-en-Provence avec l’usage de grenades lacrymogènes. A Nîmes une proviseure a été violentée en voulant s’opposer à l’action des élèves. Ce matin de vendredi, 12 décembre, les blocus des établissements sont prévus dans plusieurs jusqu’à là peu touchées. Les syndicats ont appelé leurs adhérents à, la désobéissance pédagogique, ne pas appliquer la réforme de l’école primaire. Face à cette situation, les décideurs appliquent des sanctions sous formes de retenus de salaires alors que le pouvoir d’achat est saigné. L’appel pour le lundi de la semaine prochaine, va dans cette perspective d’endurcissement.

La conjoncture s’y prête aussi. Le climat de la fourbe crise financière, qui est en réalité une récession économique dévorant le productivisme dépassé dans les pays qui ont dominé le monde plusieurs siècles durant, est la toile de fond qui porte tous les signes de la gravité de la chute des économies dépourvues des sauvetages sociaux pour les plus vulnérables de la population et particulièrement les jeunes. Ce contexte est aussi marqué par un reflux dangereux des organisations politiques, de gauche modérée, qui ont été, de tous temps, en mesure de parader en contrepouvoir. Des décisions réformatrices passent en force au niveau des assemblées…

En France les impressions négatives de ce qui se passe encore au PS, de la tenue sous haute tension du congrès du PCF et les différentes pannes des mouvements sociaux profonds, comme le signale les moins 30% de votants aux dernières prud’homales sont des symptômes qu’aucun dialogue n’est opérationnel pour maintenir la stabilité sociale. Outre que la présidence de la république avec ses actions de réformes, jugées vitales mais faites comme à vue d’œil et en conformité d’un programme de promesses électoralistes dépassé. Dont on ne doute point qu’elles peuvent être inadéquates actuellement avec l’arrivée de la crise dans tous les chantiers sociopolitique, ces changements tablent sur la brusquerie pour se faire adopter même en ayant des impacts plus larges que prévus.

Comme une massification de l’idéologie dont se revendique le parti du président Sarkozy, strictement cela en écrasant les formes démocratiques d’explications qui justifient ces réformes, la persévérance d’imposer le train de mesures décalé par rapport à la nouvelle donne de crise est loin de présenter les satisfactions attendues. Sans moindre conséquences, l’effet d’annonce n’est pas un remède. Ni à la finance : combien de milliards virtuels ont été scandés disponibles pour freiner l’encore interminable plongeon vers les abîmes des places boursières ? Et ni en direction de l’appareil industriel qui part sous d’autres cieux vraiment rentables et émergents, en lui allouant le denier public via le guichet bancaire. Ces déclarations ne sont pas réellement des solutions finales et pratiques. Les jeunes se trouvent, ce qu’ils ressentent du moins, sans perspectives. Quand stagiaires, ils sont sous-payés ou carrément privés de rétribution pourtant redevables.

Ce n’est par le système éducatif en tant que tel, ainsi que les réformes le concernant, qui pose problème. Mais l’avenir incertain qui expose les jeunes à une précarité de plus en plus surélevée dans l’orientation européaniste. Cette dernière tire vers un ultralibéralisme qui ne se réhabilite pas, comme incitateur d’une floraison de nouvelles entreprises adaptées aux mutations que connait l’industrie européenne et capitaliste, qu’on s’évertue vainement depuis déjà deux mois à défendre.

Les systèmes productifs improvisent dans une solitude déroutante, au sein de celles des pays capitalistes qui perdent leur identité essentielle de la neutralité des Etats dans les secteurs économiques, à brader ces produits comme l’offre d’une seconde voiture pour l’achat d’une ou bien la réduction des prix de l’immobilier neuf. Alors les pouvoirs d’achat, particulièrement des classes moyennes qui ont toujours boosté les espoirs, sont au plus bas !

La verve de la jeunesse a de la révolte est innée, l’histoire universelle ne le dément pas. Quand les conditions se réunissent à la générer, il est même impensable d’obstruer les voies qu’elle emprunte. Il y a un brin de conscience, la crise actuelle apportant sa touche de réalisme, que les réseaux de discussion sont en faillite, comme la décadence des mouvements politiques de gauche. Ce climat augure que l’exemple de la jeunesse grecque, en lutte contre une corruption à tous les niveaux du système de gouvernance du pays qui a la renommé d’être le bercail de la démocratie, mérite d’être perçu comme un déclencheur de révoltes touchant un continent qui n’a pas vécu la fabuleuse élection d’un black à la tête de la première mondiale. Le vecteur de l’intégration des populations marginalisées reste inerte, malgré quelques symboliques et réduites promotions.

Face à ceux qui affichent leurs luxuriantes jouissances à travers ce qui est la « peopolisation » des gouvernants surtout. Et pendant que la faillite se généralise de jour-en-jour, laissant à la marge nombreux déshérités d’avenir. Les séditions se risqueront à secouer l’état des choses. Avec l’expectative créée par l’opposition en grande perdition, peut-on penser que la fracture pourra être replâtrée en l’absence de nouveaux espoirs ? La simplification a des fois ses légitimités, ses causes de bienfondés !

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