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Une féministe palestinienne emprisonnée aux Etats-Unis



Après la torture dans les prisons israéliennes, l’internement aux USA


dimanche 7 décembre 2014
par Azouz Benhocine


Militante palestinienne dès 12 ans, alors qu’elle assistait aux réunions du parti communiste, Rasmieh Yousef Odeh est maintenant âgé de 66 ans. Elle a été arrêtée, à son domicile à Evergreen Park, Chicago, le mardi 22 Octobre dernier par le DHS (département de la sécurité intérieure). Elle fut l’une des femmes du Monde à avoir témoigné devant un comité de l’ONU, à Genève, en tant que survivant de la torture sexuelle.

Voir en ligne : Notre dossier : Palestine - USA - Israël

Son procès a été ouvert le 4 novembre à Chicago où elle réside. L’histoire de Rasmea est celle des luttes féministes la plus urgente de notre époque. La violence contre les femmes et l’utilisation de la violence sexuelle comme un outil de colonisation et de guerre, est avec ce cas du racisme et de la politique anti-immigrés.

Un mouvement de soutien se développe dans les milieux féministes et progressistes, mais elle est déjà internée. Les autorités fédérales alimentent la peur et la répression pour faire taire les militants pro-palestiniens en Amérique. Et elles visent à intimider les femmes immigrantes pour qu’elles ne participent pas aux mouvements de justice sociale.

L’accusation qui lui est faite, après avoir passé des années aux Etats-Unis et obtenu la citoyenneté américaine en 2004, est qu’elle a menti sur son dossier d’immigration. Le reproche est d’avoir caché sa condamnation pour un attentat datant de 40 ans en Israël, quand elle a soumis sa demande de nationalité. Elle risque jusqu’à dix ans de prison, amendes US à 250 000 $ et une potentiel dénaturalisation.

Emprisonnée entre 1969-1979, Rasmea Odeh dans une prison israélienne, sa condamnation a été basée sur une confession qu’elle a faite lors des 45 jours de torture physique et sexuelle lors de sa détention. Libérée suite à un échange de prisonniers entre l’Etat hébreu colonisateur et le FPLP, dont elle est militante, elle s’est exilée de sa patrie palestinienne pour les États-Unis, depuis la Jordanie en 1994.

Elle devint résidente légale et elle a essayé de mettre ses souvenirs de la torture derrière elle. Mais elle est rattrapée pour son dossier de séjours. Alors qu’elle a, par naturalisation, déjà obtenu la citoyenneté américaine, Rasmea s’est installée à Chicago. Où elle est devenue la directrice adjointe du Réseau d’action arabo-américaine, une organisation communautaire faisant de l’action sociale.

A l’Etat israélien est évité, par ce nouveau dossier, tout blâme pour l’abus politique de l’emprisonnement de Rasmea. Cette nouvelle procédure est aussi politique, au moment où la percée diplomatique de la reconnaissance de l’Etat palestinien avance et peut être soutenu aux USA.

La même enquête fédérale actuelle est illégale. Elle vise la remise en cause de sa naturalisation, et elle touche aussi 23 activistes palestiniens en violation les droits du Premier Amendement.

Un mouvement de soutien se développe dans les milieux féministes et progressistes, mais elle est déjà internée. L’histoire de Rasmea englobe certaines des luttes féministes les plus urgents de notre époque - la violence contre les femmes et l’utilisation de la violence sexuelle comme un outil de la colonisation et de la guerre ; l’impact du racisme et anti-immigrés politiques sur les femmes ; la criminalisation des femmes de couleur ; et l’utilisation de l’intimidation pour contrecarrer l’activisme féministe.

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