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Viol au commissariat : l’ex-policier Jean-Pierre Dagos condamné à 12 ans de prison
Ecornée, l’institution au personnel qui vote pour les xénophobes, collectionne les bavures
mercredi 25 mars 2026, par
Elle était venue chercher protection contre un conjoint violent. Elle a trouvé, dans le bureau même d’un fonctionnaire de police, un nouvel agresseur. La cour criminelle de Seine-et-Marne a condamné Jean-Pierre Dagos, ancien policier de 58 ans, à **douze ans de réclusion criminelle** pour le viol commis à deux reprises sur une femme venue déposer plainte au commissariat de Pontault-Combault en février 2023. Une affaire qui secoue l’institution policière et relance avec une brutalité inédite le débat sur la protection des femmes victimes de violences au sein même des services censés les défendre.
- Un crime commis sous l’uniforme
Les faits se sont déroulés au commissariat de Pontault-Combault, les 22 et 24 février 2023. Ce jour-là, Armandina P., ressortissante angolaise sans titre de séjour, se présente au commissariat pour signaler les violences de son conjoint. Au lieu d’être protégée, elle se retrouve seule dans le bureau de Jean-Pierre Dagos.
Y-a-t-il des commanditaires aux violences policières en France ?
L’accusation s’attache à démontrer la contrainte morale : le policier aurait exploité la détresse extrême et la précarité administrative de la victime. Sans papiers, mère de trois enfants, Armandina P. se retrouvait dans une position de vulnérabilité totale face à celui qui était censé recueillir sa plainte.
Mais le calvaire d’Armandina n’a pas pris fin ce jour-là : deux jours plus tard, le policier l’a convoquée à nouveau au commissariat pour commettre les mêmes actes.
- Le procès : des aveux, mais des excuses rejetées
L’audience s’est ouverte le lundi 23 mars 2026 devant la cour criminelle de Seine-et-Marne. Les charges retenues soulignaient une circonstance aggravante majeure : la qualité de dépositaire de l’autorité publique de l’accusé, en application de l’article 222-24 du Code pénal.
Face à ses juges, Jean-Pierre Dagos a d’abord nié les faits avant de finalement les reconnaître, se décrivant lui-même comme un homme « dégueulasse » et affirmant être « entièrement responsable ». Des mots qui n’ont pas convaincu la victime. Ses excuses ont été accueillies froidement par Armandina, qui a dénoncé des « larmes de crocodile ».
Le président de la cour, frappé par les témoignages contradictoires sur le caractère de l’accusé, l’a décrit comme un véritable « docteur Jekyll et mister Hyde » : une ancienne compagne le qualifiant de « prédateur sur le plan sexuel », quand sa dernière compagne au moment des faits le décrivait comme « calme », « doux » et « rassurant ».
- Un profil alarmant, des signaux ignorés
Le dossier révèle que les alertes existaient bien avant le drame. Sur les 176 plaintes de femmes enregistrées par l’accusé en 2023, 19 ont fait l’objet de signalements pour comportements jugés « a minima inappropriés ».
Quelle origine subit lourdement les discriminations en France ?
Les investigations dressent un portrait préoccupant : plusieurs ex-compagnes décrivent un individu manipulateur, coutumier des violences psychologiques, selon l’ordonnance de renvoi.
Par ailleurs, Jean-Pierre Dagos avait déjà été condamné en 2010 pour exhibition sexuelle envers plusieurs factrices. Un antécédent judiciaire qui n’avait pas empêché ce fonctionnaire de continuer à exercer et à recevoir des victimes dans son bureau.
- Douze ans de réclusion : un verdict lourd de sens
La cour criminelle de Seine-et-Marne a prononcé une peine de douze ans d’emprisonnement à l’encontre de l’ancien policier Jean-Pierre Dagos, reconnu coupable de viol sur une femme ayant porté plainte pour violences conjugales. Le tribunal a mis en avant le « préjudice psychologique indéniable » subi par la victime.
L’accusé, qui encourrait jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle en raison de l’aggravante liée à sa fonction, a été démis de ses fonctions de policier depuis les faits.
Cette affaire dépasse le simple fait divers. Elle pose une question fondamentale : comment des femmes en détresse peuvent-elles faire confiance à des institutions qui devraient les protéger, quand certains de leurs agents deviennent leurs bourreaux ?
Ce procès soulève des questions cruciales sur la protection des femmes victimes de violences et sur la nécessité de garantir un accueil sécurisé dans les commissariats. L’affaire de Pontault-Combault n’est malheureusement pas isolée : d’autres procès similaires ont eu lieu en France ces derniers mois, de Toulouse à la Martinique, révélant une réalité que l’institution policière ne peut plus ignorer.
Pour Armandina P., le combat judiciaire est aujourd’hui terminé. Mais les cicatrices, elles, ne disparaîtront pas avec le verdict.
Sources : Le Moniteur de Seine-et-Marne, Le Monde, Le Parisien, Planet.fr, Actu Épinal — Mars 2026
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Voir en ligne : France
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