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Mémoire de la « décennie noire » et persistance de la cruauté en Algérie : 7 terroristes et 3 militaires meurent à Tébessa

Mémoire de la « décennie noire » et persistance de la cruauté en Algérie : 7 terroristes et 3 militaires meurent à Tébessa

Mosquées, sectes, zaouias, mentalités rétrogrades et fiefs de l’intolérance envers les femmes, les vecteurs de la crise sécuritaire !

dimanche 15 mars 2026, par Djamel Damien Boucheref

Plus de vingt ans après la fin de la « décennie noire », l’Algérie continue de faire face à des poches de terrorisme islamiste. L’élimination récente de sept terroristes, dont deux émirs, lors d’une opération de l’Armée nationale populaire à Tébessa, qui a coûté la vie à trois militaires, rappelle que l’idéologie radicale reste active dans certaines zones du pays.

Une opération antiterroriste révélatrice d’un mal persistant

La récente opération menée par l’Armée nationale populaire (ANP) dans le secteur militaire de Tébessa rappelle brutalement que la menace terroriste n’a jamais totalement disparu en Algérie. Selon un communiqué officiel du ministère de la Défense, les forces de sécurité ont neutralisé sept terroristes, dont deux émirs, lors d’un accrochage avec un groupe armé. L’affrontement a également coûté la vie à trois militaires de l’ANP. (aps.dz)

Cet épisode, survenu plus de vingt ans après la fin de la « décennie noire » des années 1990, montre que la pseudo idéologie islamiste radicale, car théologie de violence, n’a jamais totalement disparu, de son apparition après l’Afghanistan. Malgré les succès sécuritaires revendiqués par les autorités, des groupes armés continuent d’opérer sporadiquement dans certaines régions du pays, notamment dans les zones montagneuses et frontalières.

L’événement remet sur la table un débat sensible : celui de la prépondérance du fanatisme religieux, ennemi de l’esprit critique, et de son instrumentalisation dans une société fragilisée par des décennies d’autoritarisme bureaucratique, de corruption et d’immobilisme politique.

La « décennie noire » : une fracture toujours ouverte

Entre 1991 et le début des années 2000, l’Algérie a été plongée dans une guerre civile sanglante opposant l’État, soutenu par les militants de l’émergence de la nation moderne, aux groupes islamistes armés. Ce conflit, souvent appelé « décennie noire », a fait des dizaines de milliers de morts et laissé des traumatismes profonds dans la société.
Mosquée d’Alger, construite par les Chinois.
Les organisations terroristes, notamment issues de la mouvance du Front islamique du salut (FIS) dissous, avaient instauré une logique de violence extrême : massacres de civils, assassinats ciblés d’intellectuels, attaques contre les forces de sécurité et intimidation généralisée. Des listes ont été constituées, dans les mosquées, par les islamistes coalisés dans une nébuleuse de criminels bardés d’islam des ténèbres.

Même si les principaux groupes ont été démantelés au début des années 2000, plusieurs structures issues de cette mouvance ont survécu ou se sont recomposées. Certaines se rattachant plus tard aux réseaux jihadistes internationaux comme Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), n’ont jamais déposé les armes ce qui se disait « terrorisme résiduel ».

  • L’expansion spectaculaire du réseau de mosquées

Depuis l’indépendance, la religion a progressivement occupé une place centrale dans l’espace public algérien. Dans sa vague déferlante depuis la secte du Moyen-Orient des « frères musulmans  », l’intégrisme noyauta l’école et squatta définitivement les lieux de culte. La terreur djihadiste envoya le plus fourni contingent, des Algériens, de croyants en Afghanistan...

Les chiffres illustrent l’ampleur de cette expansion :
• L’Algérie compte plus de 18 400 mosquées à l’échelle nationale.
• Des centaines de nouvelles mosquées continuent d’être construites chaque année.
• À ces structures s’ajoutent des milliers d’écoles coraniques réparties sur le territoire.

Loin d’être uniquement un phénomène religieux, cette multiplication de lieux de culte s’inscrit aussi dans une stratégie politique, voulue par les dirigeants désarmés de projets d’édification modernisée. Les autorités ont souvent encouragé la religiosité institutionnelle comme outil de stabilisation sociale après les années de guerre civile.

Cependant, certains analystes estiment que cette expansion a parfois contribué à renforcer un climat conservateur, voire à favoriser des discours religieux radicaux dans certaines sphères sociales. L’anéantissement de la culture artistique, le recul des droits de la femme notamment dans le domaine du sport, illustrent l’épiphénomène confessionnel réactionnaire et ses intransigeances.

  • Bureaucratie, corruption et instrumentalisation du religieux

Un autre facteur souvent évoqué par les observateurs est le rôle du système bureaucratique algérien. Il devient plus omniprésent, après 2019. Quand le derniers des anciens combattants de la libération, Bouteflika, a été destitué, lui-aussi par les militaires pour son avidité à mourir à la tête du pays, leurs auxiliaires « énarques » font main-basse sur les centres de décisions et accentuent le climat des zaouias, de l’obscurantisme et de la religiosité sous l’emblème du conservatisme.
Photo du ministère de la Défense.
Depuis des décennies, une administration lourde et centralisée domine les structures politiques et économiques du pays. Dans ce contexte, la religion peut parfois servir de levier de légitimation politique ou de diversion face aux frustrations sociales : chômage, inégalités, corruption ou absence de réformes structurelles.

L’encadrement religieux, officiellement contrôlé par le ministère des Affaires religieuses, est censé empêcher la diffusion d’idéologies extrémistes. Mais dans la pratique, les critiques soulignent que la surveillance des discours religieux reste inégale et que certains courants rigoristes ont réussi à influencer les mentalités.

Cette situation crée un paradoxe : un État officiellement engagé dans la lutte contre le terrorisme, par le biais de l’armée, tout en laissant prospérer un environnement social marqué par un conservatisme religieux croissant. Même les islamistes qui ont pignon dans la politique se cachent (fameuse TAKIYA) derrière un conservatisme jouissant des cruautés, censures et tristesses.

  • La place de la femme : un recul dénoncé

Dans ce climat de religiosité renforcée, la question des droits des femmes reste l’un des sujets les plus sensibles en Algérie. La société algérienne demeure fortement marquée par le Code de la famille, inspiré en partie du droit islamique, qui régit les questions de mariage, divorce ou héritage. Ce qui fait des valeurs humaines une suspicion rejetée et substituée par des pseudos constantes.

De nombreuses militantes dénoncent depuis longtemps les effets sociaux de cette législation :

  • maintien d’inégalités juridiques entre hommes et femmes,
  • pression sociale accrue sur les comportements et l’apparence féminine,
  • marginalisation de la femme dans certains espaces publics.

Le renforcement d’un discours religieux conservateur dans certains milieux contribue, selon ces critiques, à consolider ces inégalités et à limiter les avancées sociétales. Le point noir est l’accoutrement des femmes qui se tiennent à côté des hommes habillés en costumes, cravates, bermudas, shorts...

  • Un terrorisme résiduel mais persistant

Malgré ces tensions, l’Algérie reste l’un des pays d’Afrique ayant développé l’appareil sécuritaire le plus expérimenté dans la lutte contre le terrorisme.

Les bilans militaires montrent que les forces de sécurité continuent de démanteler régulièrement des cellules jihadistes, de saisir des armes et d’arrêter des réseaux de soutien. Le site Web mdn.dz livre ses communiqués laconiques et limités au factuel, sans aucune précision sur les enquêtes.

Cependant, les opérations comme celle de Tébessa rappellent que la menace n’a jamais été complètement éradiquée. Les groupes armés survivants exploitent souvent les zones frontalières, les trafics transsahariens ou les fractures sociales pour maintenir leurs activités.

  • Le défi de l’Algérie contemporaine

Aujourd’hui, l’Algérie se trouve face à un défi complexe :

  • préserver la stabilité sécuritaire acquise après la guerre civile,
  • empêcher la résurgence du terrorisme,
  • tout en modernisant une société traversée par de fortes tensions entre conservatisme religieux, aspirations démocratiques et exigences économiques.

L’opération militaire qui a conduit à l’élimination de sept terroristes et à la mort de trois soldats rappelle que la paix demeure fragile. Plus de deux décennies après la « décennie noire », la question fondamentale reste entière : comment construire une société où la religion ne devient ni un instrument politique, ni un terrain fertile pour les idéologies extrémistes, mais un élément de culture compatible avec la liberté, la démocratie et l’égalité citoyenne.

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Voir en ligne : Terrorisme, Algérie aspirant à la stabilité garde les sacrifices de l’ANP

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