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Chimiste d’Al-Qaïda, Bourgass face à un insensé retour en Algérie
Un terroriste d’Algérie condamné dans les filets de la justice...
mardi 3 février 2026, par
Bourgass revient hanter les relations sécuritaires, surtout entre Londres et Alger. La capitale anglaise accueille des commanditaires de la "décennie noire", qui vaquent en liberté. Alors qu’il exprime des regrets pour la première fois, la justice britannique refuse de le libérer, craignant que l’Algérie ne puisse garantir son infaillible surveillance. Ce cas illustre l’insoluble dilemme du traitement des vétérans du djihad international, son pays d’origine se classe chronologiquement après l’Afghanistan.
Cette affaire souligne les défis posés par les détenus terroristes de longue durée, dont la peine minimale est expirée mais dont la dangerosité idéologique reste intacte. Du fait de leur fanatisme, ils persistent dans leur farouche adhésion au dogme et demeurent dans un obscurantisme intransigeant.
L’Algérie peine à rapatrier ses terroristes !
- Un de haute dangerosité : du couteau à la ricine
Kamel Bourgass n’est pas un détenu ordinaire. Considéré à son apogée comme un cadre technique d’Al-Qaïda, il reste l’un des prisonniers les plus surveillés d’Europe. En janvier 2003, lors d’un raid antiterroriste à Manchester, il s’était acharné sur le détective Stephen Oake, le poignardant à huit reprises avec un couteau de cuisine.
Au-delà de ce crime de sang, Bourgass était le cerveau d’un projet criminel terrifiant : un complot visant à diffuser de la ricine et du cyanure dans le métro de Londres et sur des poignées de portes. Ce profil d’expert en poisons rend son éventuelle remise en liberté inenvisageable pour les autorités britanniques.
- L’impasse diplomatique et le principe de souveraineté
L’Algérie, fidèle à sa doctrine de souveraineté nationale, refuse de fournir des rapports de suivi réguliers aux partenaires étrangers sur le devenir des terroristes renvoyés au pays. Si Alger se dit prête à rejuger Bourgass sur son sol, le Royaume-Uni hésite. Pas plus tard que cette semaine, Quatre dangereux criminels ont été abattus à l’ouest d’Alger. Ils étaient lourdement armés.
Le risque de récidive est grand, la désespérance est grande chez les jeunes algériens. La difficulté de tracer son parcours au sein des réseaux radicaux locaux est très plausible.
Un Algérien rapatrié de Guantanamo n’est pas le dernier dans cette prison.
Outre que les garanties juridiques ne sont pas faites, le vaste pays du Maghreb reste opaque, militarisé et à la limite de la stabilité. La crainte, souvent brandie par les instances de défense des droits de l’homme, de mauvais traitements, bloquant juridiquement l’extradition, est invérifiable mais aussi sous le doute.
- Le spectre de la "Décennie Noire"
L’histoire récente de l’Algérie appelle à la prudence. Par le passé, certains retours, notamment d’Afghanistan, de "nationaux", ont tourné au désastre. Ils étaient publiquement facilités par des figures politiques comme Mahfoud Nahnah et les réseaux de criminels, du FIS d’Ali Belhadj, qu’ils rejoignaient.
Ou bien via des canaux religieux des associations, des mosquées et des prêcheurs, dont l’imam Aâla sexuellement violé, dans sa mosquée, par les revenants qu’il a ramené au pays via l’ex-Yougouslavie. Nombre de ces rapatriés ont fini par rejoindre les rangs des GIA, du GSPC, puis d’AQMI, alimentant la violence qui a ensanglanté le pays durant les dernières années 90.
Aujourd’hui, la stratégie algérienne a évolué. Elle repose sur un triptyque :
- Fermeté judiciaire : Application stricte de la loi antiterroriste.
- Coopération internationale : Utilisation des mandats d’arrêt via Interpol et 39 conventions bilatérales (France, Turquie, Émirats, etc.).
- Réconciliation sous conditions : Un mécanisme historique qui ne s’applique plus aux profils de la trempe de Bourgass.
- Une libération exclue, surtout au Royaume-Uni
Malgré ses récents "regrets profonds", la Commission des libérations conditionnelles britannique a tranché : Kamel Bourgass reste une menace pour le public. Pour Londres, la sécurité prime sur la diplomatie. En dépit de ses dires devant les juges, il reste loin d’être un repenti assumé. Ce qui constitue une forte suspicion pour sa liberté même réduite.
Le meurtrier de Manchester ne sera pas relaxé là où il a purgé sa peine, par manque d’assurance qu’affiche son comportement. Et son retour en Algérie demeure, pour l’heure, un horizon bouché par la méfiance réciproque, entre les deux pays encombrés par ces criminels religieusement fanatisés. Aussi, la complexité des protocoles de surveillance internationale, n’est pas rassurante, les individus persistent dans leur démence.
KAMEL BOURGASS

By Daily Mail, Fair use, Link
Mots-clés : Kamel Bourgass, Terrorisme Algérie, Al-Qaïda, Stephen Oake, Extradition, Sécurité nationale, GIA, AQMI, Radicalisation.
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Voir en ligne : Rapatrié, terroriste, Algérie
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