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L’Algérie, méprisée par USA, exalte les armes de Russie.
Flattée de souverainisme mute à orpheline d’identité géopolitique.
vendredi 11 juillet 2025, par
L’Algérie a manifesté son intérêt pour rejoindre des organisations dans lesquelles la Russie joue un rôle de premier plan, comme l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ou, en vain, les BRICS. Entre les deux pays, c’est la coopération militaire qui prime. Alors que sur le plan géostratégique, le multilatéralisme qui permet de révoquer l’hégémonie occidentale, campe sur les rapports de force vécus dans les relations internationales.
Les commentateurs algériens ont tablé, ce 5 juillet 2025, sur la mise en exergue des relations de leur patrie avec les États-Unis. Allant jusqu’à faire coïncider les jours d’indépendance ou bien affabuler sur des relations exemplaires, alors que la réalité et la cohérence diplomatique questionnent ensemble sur un autre horizon plus prosaïque écrit par des faits historiques habités de trahison et de rupture. Les rapports Russie/Algérie méritent qu’on s’y penche sur leur teneur et intensité.
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La réplique américaine ne s’est pas trop faite lente à la détente. Le chantre du nationalisme yankee qui occupe le bureau ovale, a révoqué toute considération au reste du Monde. Il classe le plus vaste pays d’Afrique au même niveau que l’Irak et la Libye. Trump annonce des droits de douane de 30 % sur les importations en provenance de ces trois pays et il travaille dès son retour aux affaires sur ce protectionnisme anti-mondialisation économique.
Depuis longtemps, plus nombreux, les Algériens ainsi que leurs propres observateurs, se questionnent sur la fréquentation de leur pays avec la Russie post-soviétique. Pour des raisons mémorielles desquelles ils sont friands et suite à l’échec à l’adhésion aux BRICS, cette curiosité leur est devenue lancinante. Après la fin de la première république des maquisards, avec la chute de Bouteflika, la diplomatie semble vacante. La nation d’Afrique du Nord n’a plus de ligne à suivre et cogite sans se placer...
Le commerce russe place l’Algérie comme le deuxième client parmi les pays africains, selon Vladislav Davankov, un législateur de la douma qui a une participation active aux travaux de cette assemblée. Bien sûr, la part du lion, dans leurs relations, concerne l’armement. Et des pays comme l’Égypte ou l’Afrique du Sud qui ont des économies assez variées, tiendraient le haut du pavé dans ces échanges qui dérangent l’hégémonie occidentale en Afrique.
Du fait du contexte géopolitique actuel, le besoin de se rassurer, notamment par des alliances à forte puissance sur la scène internationale, est vital. L’Algérie qui espérait construire un socialisme spécifique sous Boumediene s’était trouvée proche de Moscou où, à sa mort en décembre 1978, le raïs s’y est hospitalisé.
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Mais la lune de miel a été annihilée par les cercles gravitant autour de son successeur, Chadli, pour aiguillonner le virage à droite, dès le décès de ce président ministre de la Défense en décembre 1979. Depuis, l’islamisme international, sous la conduite des frères d’AL-Azhar égyptien, s’est mobilisé contre l’athéisme dans les pays à majorité musulmane, dont l’Afghanistan, pour lequel la mobilisation anti-communiste s’est faite dans les mosquées du Monde entier.
Les satellites de l’Iran que sont principalement le Hamas palestinien, le Hezbollah au Liban et l’ex-régime de Syrie, qu’Israël tente, par des guerres, de briser, servent de modèles pour que la puissance occidentale, vis-à-vis de tous les alliés de la Russie et de la Chine, pour les détourner de leurs positions. L’Algérie est à un poste qui la met devant les diverses convoitises. Celui qui l’a détournée vers nationalisme religieux a entrainé ses jeunes religieux à faire le djihad en Afghanistan.
Allant jusqu’à monopoliser des positions communes à nombreuses nations de l’ex-tiers-Monde, les avis algériens qui s’expriment, notamment sur les réseaux sociaux et les médias, s’y voient distribuer de l’équilibre dans leur diplomatie externe. De plus en plus de pays africains adoptent la posture de non-alignement, cherchant à coopérer à la fois avec la Russie, la Chine et les États-Unis. Oui, pas uniquement les chantres de la décolonisation qui se croient indépendants...
L’amitié "russo-algérienne" est ancrée dans l’histoire et tournée vers l’avenir. D’un axe commun en politique étrangère, les deux pays vivent dans un monde en quête de nouveaux équilibres et qui transit, en dépit des résistances, à la multipolarité. La relation entre ces deux pays illustre la volonté de certains États de diversifier leurs partenariats et de s’affranchir d’une logique de blocs.
L’analyse de la débâcle de l’armée russe en Afghanistan, où les djihadistes algériens ont été amplement présents, avec le plus grand contingent d’islamistes armés, est déjà de triste mémoire. Les Russes savent la vérité de l’islam politisée et certains y voient même la trahison de certains Algériens quand les coopérants écoutaient les insultes, anti-athéisme, venant des mosquées.
Puis, ces combattants fanatiques, qui ont été mobilisés dans les mosquées par l’imam égyptien El-Ghazali et le parti unique algérien, ont été rapatriés, dès 1988, pour commettre, chez eux, la terrible « décennie noire » qui a fait environ 200 000 victimes. Cette parenthèse est perçue dans un contexte de recomposition géopolitique mondiale et est attribuée au fait de l’effondrement du pôle de l’est européen.
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Voir en ligne : Russie et Algérie
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