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Drone du Mali, détruit, par armée algérienne, répand la crise latente.

Drone du Mali, détruit, par armée algérienne, répand la crise latente.

La tension monte entre deux Etats où le terrorisme islamiste persiste.

dimanche 13 avril 2025, par Azouz Benhocine

À l’origine, le FLA (Front de libération de l’Azawad) avait révélé la chute de ce drone en publiant des images des débris, sans expliquer, d’emblée et clairement, l’origine du crash. Les fragments de l’engin ont été retrouvés du côté malien de la frontière, près de la ville-frontière de Tinzaouatine, par les rebelles indépendantistes des berbères de Kidal dont cette zone qui leur est refuge.

Quelques heures plus tard, l’armée algérienne a déclaré qu’une unité, de défense aérienne, dans la région frontalière, avait abattu un drone de reconnaissance armé qui était entré dans l’espace aérien qu’elle surveille. Bamako, la capitale du Mali, n’est pas d’accord, affirmant que l’épave a été retrouvée à près de 10 kilomètres (six miles) en territoire malien.

Crise diplomatique entre Alger et Bamako, une tension entre impétueux.

Les relations étaient déjà tendues depuis même les premières heures d’indépendance de l’occupation française, 1960 pour le Mali et 62 pour l’Algérie, à cause du balisage des frontières. L’incident, sans précédent, a depuis créé un litige diplomatique majeur. Bien qu’il semble qu’aucune des deux parties n’ait intérêt à aggraver la question, la crise s’intensifie.

Lors de la "décennie noire" en Algérie, de la violence islamiste, les "fascislamistes" acculés par les opérations sécuritaires de l’armée, s’étaient déployés vers le sud. L’organisation GSPC, créée en Kabylie, qui avait succédé au GIA, s’était introduite au Sahel, pour échapper aux traques et harcèlements des militaires. Les terroristes, venant du nord, pratiquaient au sud, sous l’emblème religieux, une terreur. Ils avaient été accueillis par les populations des pays voisins, avec leur cruauté.

Quel intérêt sécuritaire permet d’abattre un drone pénétrant, depuis le Mali, le territoire algérien ? C’est bien sûr qu’il soit de provenance simplement inconnue, plus précisément l’engin serait hostile s’il a une origine marocaine. Et donc d’une manière préventive, il a été détruit pour assurer une totale solidité dans la protection de l’intégrité de l’espace national.

Aucune des deux parties ne semble bénéficier des retombées du litige de la destruction de ce drone du Mali sur le sol d’Algérie ou sur ceux qui le pilotaient. Et même, il paraît que les deux parties n’ont aucune de volonté politique pour régler leur différend. Depuis les années 60 du siècle dernier, ces voisins n’ont eu que de l’adversité à se démontrer l’un à l’autre.

Pour l’armée algérienne, le drone a franchi la frontière, ce qui a poussé à sa destruction dans la nuit du lundi 31 mars au mardi 1er avril. Pour Bamako, il a été détruit dans l’espace aérien malien. Les débris au sol ne peuvent pas donner raison à chaque protagoniste. Cette réalité des restes de l’appareil clarifie bien les choses.

Alger reprend, encore une fois, l’initiative pour une solution aux AZAWADS

Depuis 2023, les relations entre ces deux voisins africains se détériorent, avec une moindre déclaration ayant pour sujet les concernant, devient une étincelle rapprochée à un baril de poudre. Les appels au dégel des liens qui manquent de fluidité, il n’y a pas suffisamment de détermination au dialogue des deux côtés.

Même si les observateurs l’idée de conflit insurmontable, beaucoup craignent que de nouvelles hostilités ouvertes nuisent à la sécurité déjà fragile de la région. Une certaine confiance leur permet d’affirmer qu’il existe des moyens pour désamorcer la crise, avec des leviers basés sur les échanges sociaux et diplomatiques qui peuvent aider à cela.

Le bloc économique ouest-africain CEDEAO, dont les trois États de l’AES étaient membres avant leur vague de coups d’État, a appelé dans un communiqué les deux parties à «  désamorcer les tensions, favoriser le dialogue et utiliser les mécanismes régionaux et continentaux pour régler les différends  ».

L’acte de riposte algérienne, à l’intrusion de l’engin volant non identifié, a été perçu comme une provocation à Bamako dont les pilotes n’avaient fourni aucune explication. Le Mali a par la suite mis fin aux accords d’Alger qui concernent l’Algérie que les avoir aidés. La façon fait que la crise s’est aggravée et à un niveau disproportionné.

Le droit de détruire un drone étranger est acceptable dès lors qu’il soit considéré comme élément d’espionnage. Tel serait le cas de riposte de l’armée algérienne à l’appareil venu du Mali et qui a été repéré puis abattu. Sinon, l’explication qu’une frappe militaire vise l’engin volant serait motivée par sa présence comme cible principale pour ceux qui l’ont pointée. Que fait-il ici, pour que des soldats s’y intéressent à sa présence ?


Voir en ligne : Mali & Algérie

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