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Les USA déclassifient des documents du coup d’Etat du Chili en 1973.

Cinquantenaire d’un assassinat politique, 11/9/1973, de la CIA en Amérique Latine.

lundi 4 septembre 2023, par Rebel Kazimir

À terme, la pression internationale et l’utilisation concertée des lois américaines sur la « déclassification » des documents des services secrets comme la CIA, forceront à la transparence. Pourtant, rien ne change substantiellement l’histoire passée, les conduites présentes et celle de l’avenir. À la révélation des chapitres sombres de l’histoire politique agressive, maintes fois à l’origine des pires éliminations de personnes et même de communautés, y compris noire et amérindienne, l’impunité demeure.

À la veille du cinquantenaire du coup d’État du 11 septembre 1973, qui a coûté la vie au président Salvator Allende, les archives de cette affaire qui est l’une des plus marquantes de l’Histoire contemporaine de l’humanité, viennent d’être rendues publiques. Certes l’occasion est propice, mais la réalité reste. Ainsi que les mêmes complots passent maintenant avec des contrats avec des entreprises privées.

Notes aux médias : Le gouvernement américain déclassifie les notes quotidiennes du président relatives au Chili du 8 septembre 1973 et du 11 septembre 1973

D’emblée, nous indiquons qu’il y a une spécificité historique de cette région du Monde. L’époque la plus difficile et tortueuse d’Amérique latine est celle qui débuta avec ce fait. Des pays ont lentement évolué vers des démocraties plus progressistes ce qui dérangea les Etats-Unis. Avant d’entamer et atteindre, la dynamique politique qui a continué à changer, avec le retour de la droite et des autoritaires dans certains pays.

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Sur les excès de la CIA et d’autres organismes de renseignement, nous avons plusieurs articles. L’un d’eux semble vraiment déranger l’agence américaine, au point qu’un réseau social renommé empêche le partage que nous faisons. L’émergence du militantisme en faveur des droits de l’homme qui a placé les abus sous les projecteurs et au centre de certaines politiques américaines, aide aussi.

Un des documents d’information qui était secret et destiné au secrétaire d’État américain, après le coup d’État du 11 septembre 1973, rapportait que dans les 19 jours qui ont suivi la chute d’Allende, la nouvelle junte militaire avait sommairement exécuté 320 personnes, soit trois fois plus de personnes qu’on l’avait alors publiquement reconnu.

En quelques années, après le coup contre Allende, l’Argentine voisine est également tombée sous une dictature militaire brutale. Sans freiner le cycle enclenché par la puissance de la CIA, qui a poursuivi ses frappes d’autres pays. La Bolivie et le Paraguay ont emboîté le pas vers une même série de destitutions militarisées, toutes conduites par l’officine des services secrets américains.

Les publics qui sont avides de connaître plus, resteront sur leur soif. Ils n’accèdent qu’à une partie, certainement la moins nocive, à la criarde diplomatie criminelle des States. Les documents révèlent une quantité considérable de détails que Nixon savait, tout en suivant les étapes menant au coup d’État. Un élément contient l’information du jour du coup d’État était fixé. Et deuxième document raconte le briefing de Nixon deux jours avant la prise de pouvoir militaire.

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Afin de limiter les effets, la divulgation se limite à ce qui concerne les notes d’information du président Nixon de l’époque, pour uniquement le jour du coup d’État. Celles marquées comme top secret n’ont aucune chance d’être connues. Une plus grande partie des archives encore enfouies dans le domaine public peuvent certainement fournir des preuves pour une future responsabilité judiciaire et historique.

Les manœuvres américaines pour bloquer la gauche au Chili ont commencé dans les années 1960 et 1970, avec la liquidation physique de ce qui est communiste et de gauche. Elles ont pris des « dimensions mondiales » sous Nixon et Kissinger, avec le même objectif de dégradation constant des institutions des pays jugés hostiles et des démocraties plus sociales que libérales.

L’ampleur du rôle de la CIA et d’autres acteurs américains, notamment les alliés occidentaux, dans le coup d’État au Chili a longtemps été débattue. Même si l’on ne pensait pas que l’administration Nixon ait joué un rôle direct dans l’exécution physique d’un président élu. Le cas du Chili correspond au modèle des nombreux soi-disant changements de régime que les États-Unis avaient clandestinement organisés au fil des décennies en Amérique latine, en Iran et au-delà.

L’image idyllique de ce qui était une jeune démocratie prometteuse devint un militarisé calvaire de tortures et de sévices. Le souvenir du coup d’État qui a entraîné la mort du président chilien, leader de gauche Salvador Allende, reste vivace dans les mémoires des libertés. Les États-Unis ont instauré pour des années le régime militaire connu pour sa brutalité de droite, qui a été dirigé d’une main de fer par le général Augusto Pinochet.

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Description du profil du président Salvator Allende par la CIA. Original du document.

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