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La guerre Russie/Ukraine opportunité au TGSP d’Afrique.

Effet direct de géopolitique de guerre sur les échanges mondiaux.

samedi 5 mars 2022, par Azouz Benhocine

C’est bien parti pour la concurrence du marché énergétique mondial avec le conflit russo-ukrainien. Alors que nous rédigeons ce sujet, le 5 mars 2022, le baril dépasse les 120 $. Et c’est l’Europe qui montre son avidité de toutes les énergies pouvant sauvegarder le bien-être de ses habitants et faire tourner ses industries productivistes. Le gazoduc du nord suspendu, celui d’Afrique revient au-devant de la scène. En dépit que le Qatar et les USA sont assez visibles pour satisfaire la demande de l’ancien continent.

L’annonce faite en marge du troisième Forum minier et pétrolier de la CEDEAO (ECOMOF 2022) a été fortement promue par l’Algérie, pour des raisons politiques et régionales. Le président Abdelmadjid Tebboune, en mal de légitimité, ne veut pas laisser le champ libre à ses détracteurs, montre qu’il crée des ressources. Alors que la corruption à laquelle un de ses fils tient part, fait l’économie moribonde.

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Prenant les devants en décembre 2016, le roi Mohammed VI constate qu’un ancien projet Transsaharien tarde à voir le jour, il saisit l’opportunité. Et signe une étude de partenariat avec le gouvernement du Nigéria, dont la faisabilité n’est pas impossible. Mais cela était imaginé sans l’expérience algérienne ainsi que l’étendue des infrastructures déjà en place favorisant l’extension d’une conduite bien en service.

Ce qui devait unir les deux pays en gaz en rallongeant le gazoduc déjà existant, le « West African Gas Pipeline » qui relie déjà le Nigeria au Bénin. Et pouvait aller vers l’Europe via le royaume de l’ouest nord-africain.

Il a été repris à la hâte et à la veille de la guerre déclenchée, précisément le 15 février, avec ce qui est l’accord de Niamey. Une convention qui a été paraphée par les ministres du pétrole respectifs du Niger, de l’Algérie et du Nigeria : Mahamane Sani Mahamadou, Mohamed Arkab et Timipre Sylva.

Toujours l’énergie fossile fait jaser et davantage les rentiers. Ces derniers tiennent le pouvoir et persécutent les récalcitrants de leur accaparement. Le projet gazoduc transsaharien (TSGP) retrouve son utilité pour plusieurs raisons, dont l’actuelle conflit de la Russie en Ukraine. L’idée de relier le Nigeria à l’Algérie date de 1980. L’accord n’a été signé que le 3 juillet 2009, ce qui devait concrétiser ce projet. Mais que des tergiversations…

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Quand on observe la genèse du Nord Stream, un système de deux gazoducs reliant la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique, on a idée de l’imbroglio auquel se sont confrontés les protagonistes du projet européen pour 2 gazoducs et oléoducs. Les travaux du 1er prévus pour 1997, ont démarré fin 2005, pour se terminer en 2011, avec une mise en service effective en 2012. Le second les entraves ont repris de plus belle en 2022, avec la guerre.

C’est dire que la direction de l’Europe est l’objectif de tous. Le TSGP acheminerait le surplus de gaz de Warri dans le delta du Niger au nord jusqu’à Kano. Il se pliera aux prélèvements pour l’industrie électrique du nord du Nigeria. Puis il traversera le Niger et le hub gazier algérien de Hassi R’mel, avec sa deuxième phase. Finalement il fournira lui aussi le vieux continent.

Lorsque le TGSP a été évoqué pour la première fois, il était sous les mandats du puissant et ambitieux président nigérian Olusegun Obasanjo et du président algérien Abdelaziz Bouteflika. Les choses ont changé depuis car les présidents actuels, le sortant Muhammadu Buhari et l’assiégé Abdelmadjid Tebboune, n’ont pas la même influence politique que leurs prédécesseurs. Et tous deux gèrent des économies en crise que la crise russo-ukrainienne peut sauver.

La Déclaration de Niamey ne fera donc guère plus que remplir quelques colonnes de journaux supplémentaires. Sorte de convention entre pays aspirant à l’émergence. Mais comme tous les pays du sud, le développement est souvent endigué par la corruption les gouvernances aveuglées. Outre la prépondérance du népotisme qui engendre, la médiocrité et les fléaux de l’économie criminelle bloque les peuples, leur liberté et leur prospérité.

Le TGSP (gazoduc transsaharien) est détenu à 90 % par Sonatrach et la NNPC (Nigerian National Petroleum Corporation) qui sont les sociétés associées. Seuls 10 % reviennent à la Compagnie nationale du pétrole du Niger. Cet équipement énergétique revit avec euphorie. La guerre en Europe qui isole la Russie du marché mondial des énergies est l’opportunité de sa relance, voire de l’accélération de sa réalisation.

NNPC, la pétrolière du Nigéria. SONATRACH, l’algérienne.

Voir en ligne : Pétrole, énergie, gaz

     

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