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L’indésirable élection du 4 juillet en Algérie, est-ce le bon dénouement du "Hirak" ?



Eviter les dérapages que les aventuriers combinent et les opportunistes calculent.


lundi 20 mai 2019
par Damien Djamel Bouch’Raf


Les Algériens se sont accoutumés au discours hebdomadaire du chef des armées, Ahmed Gaïd Salah. Chaque début de semaine, ils scrutent, comme la parution d’un roman fictionnel, les directives de l’officier qui voulait destituer le président malade, bien avant le 22 février 2019. Mais en même temps, comme tous les autres personnes de l’élite décideuse, il redoutait que le peuple ne lui accorde un « coup d’état » à la tunisienne.

Voir en ligne : Notre dossier ALGÉRIE

L’armée algérienne décide sur des audits qui sont dressés lors de "breifing" (genre de conférence) collectif. Auxquels participent les commandants des 7 régions militaires, ainsi que les directeurs centraux et les consultants intervenant habituellement dans l’analyse stratégique prédictive. Bien sûr, le mensuel « El-Djeich » fait en sorte de traduire la ligne de conduite, mais elle est complémentaire en reprenant le tracé de l’orientation.

- Au prétexte constitutionnel se rajoute une conférence en Algérie, pour le vote du 4 juillet 16 mai 2019

Avec l’arrivée de Bouteflika, ce genre de réunion, de ce qui est vraiment l’état-major de l’ANP, était empêché. Les services secrets qui ont été installés à la présidence menaient une surveillance, ce qui a traîné Tewfik et Tertag en justice. C’est de cette instance informelle que Benbella, Chadli, Ali Keffi et dernière Bouteflika ont été destitués. La sentence est prononcée sur l’avenir du pays, au regard de la maturité de la société, dans sa cohésion et ses capacités à fonctionner sans être désagrégée.

Il n’y a pas de nom consensuel, en solution alternative à Bensalah, l’actuel intérimaire dans la vacance au niveau de la présidence. Pour éviter le semblant de constitutionnalité qui maintient en vie quelques institutions, la démarche de l’armée, exprimée par son chef, est dictée par le rythme qui transfère le pouvoir à une autre équipe, sans reporter vers des échéances plus incertaine.

Les Algériens dans le vide constitutionnel, peuvent déraper. Quoique disent les bonnes consciences, un péril est bien amoncelé, l’intégrisme religieux. En plus, passer par une assemblée constituante, pour rédiger la 1ere loi peut-elle décider de tous ? Comme dissoudre le Sénat et l’APN, l’actuel chef d’Etat ne peut opérer pour des opérations électorales comme d’aller à la constituante.

Comme le "Hirak" n’a pas son candidat, pour le 4 juillet, les manifestants continuent d’ériger des profils sans confiance quand ils ne font aucun mystère de réhabiliter les tueurs et semer une déstabilisation. La démarche de l’armée, exprimée par son chef, est dictée par le rythme qui transfère le pouvoir, sans reporter à des échéances plus inopinées.

- 3è CONTRIBUTION : Assainissement de l’économie, début de réponse au "Hirak" en Algérie. 16 mai 2019

Lors du passage en force du 4ème mandat pour Bouteflika, il y a eu un éveil de la conscience politique en Algérie. Mais il demeura embryonnaire et cloîtré au noyau du mouvement Barakat. Globalement, en bien 2 décennies, l’activité d’opposition était pratiquement nulle. Les nouveaux faits actuels montrent cette faiblesse d’inexpérience.

Et en matière d’infox et de manipulations, les aventuriers et les opportunistes s’implantent dans la foule comme une représentation de contrefaçon et à l’illégitimité tolérée. L’effet de ces gaucheries est un retranchement du projet du Hirak derrière le retour du fascisme nationaliste qui déclenche aussi l’obscurantisme identitaire, régionaliste et l’étroitesse qui a causé moult exclusions.

Le rêve révolutionnaire qui a réveillé un mouvement social de la prétention à un 5ème mandat pour Bouteflika, s’est trouvé en bute à la double vision : aller au vote du 4 juillet ou bien remplacer des dirigeants actuels ? Alors interfèrent des propositions d’engager une solution à une crise politique qui a l’allure d’une panne dès le départ de Bouteflika.

- La classe ouvrière algérienne tentée par la reproduction d’une UGTA liée à la société 14 mai 2019

Tel que le veulent les derniers responsables qui continuent la gestion transitoire, sous prétexte de constitutionnalité, aller à l’élection constitue une voie de légalité. Ou bien, comme l’exigent les manifestants, induire des instances ponctuelles afin qu’elles organisent plusieurs projets l’élection d’une assemblée constituante (rédiger une nouvelle constitution) et le reste des votes des appareils institutionnels.

C’est dans la mythologie grecque que le sage menteur qui est aussi malin, jaloux et diabolique, complote pour régner. Les Algériens n’aiment pas croire à la culture occidentale et l’opposent à l’orientalisme dominant, celui qui a causé le terrorisme et pousse à une identité tendancieuse. Mais ils sont souvent victime des faux dévots, des théories mensongères et des fourbes…

Les intellectuels qui restent attachés à l’universalisme, contrairement aux opportunistes élites qui sont dans les postes de gouvernance, sont fondamentalement pour le dialogue. Cependant en face de ces démocrates jaloux de leur liberté, la sacralisation religieuse des programmes politiques pseudos idéologiques est bâti un nationalisme ruineux par son étroitesse. Et il contraste avec le progrès par des traditions attelées au désordre.

Participer à notre mini-sondage de moins d’une minute. Anonyme on peut exprimer, sans obligation, son opinion.

Sa question unique est : Qui après Bouteflika ?

Cinq choix ayant trait au profil, au parcours et à la personnalité du prochain président. ICI - MERCI

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