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Légalisation d’une dizaine de chaînes TV informelles en Algérie

A la veille d’un Ramadan où retentit le deal de la légitimité de la culture obscurantiste

samedi 20 mai 2017
par Damien Djamel Bouch’Raf


La qualité du champ médiatique algérien n’arrive pas à se démettre de la grande médiocrité, malgré quelques tentatives de dissidence de la ruralité mentale. Seules 4 chaînes disposent d’un agrément officielle délivré par l’autorité publique, qui a été maintes fois reconsidérée selon la volonté des dirigeants en quête du havre de légitimité. Comme elle n’est guère omniprésente tant pour gérer une communication sociétale équilibrée ou incitée à l’esthétique, réguler l’espace télévisuel reste à faire.

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

S’il est possible de dresser une lecture toute relative des approches, quant aux idées distractives ou de vulgarisation émises via les offres TV en Algérie, on relève une forte concentration de la culture grossièrement réactionnaire. Celle qui perçoit l’urbanité comme une perversion. Par exemple la présence des femmes dans les écoles ou les lieux de travail est désarçonnée, dès lors qu’un brin de liberté est accordé au sexe faible.

Une conscience paysanne mensongère sermonne sur les lieux d’arts, en les indiquant en forums de détournement de l’esprit religieux, c’est-à-dire antinomiques avec les valeurs fictives d’une identité broyée par les animosités. Et les villes, avec leurs universités, théâtres et restaurants présentant une certaine luxure, en endroits de débauche. C’est de la couverture des législatives du 4 mai 2017, en jugeant qualité et quantité des productions concernant ce fait, que sont délivrés les nouveaux agréments.

Espaces de culture, de distraction et du débat politico-sociétal, les chaînes de TV existantes ne donnent pas satisfaction aux auditoires. La chaîne la plus honnie du paysage « Ennahar » se targue, sans égard à la critique de même d’autres téléspectateurs indociles, d’être le 1er canal du pays, est suivie par 3 millions de téléspectateurs. Classement d’ailleurs bien réel, par la force et le poids de la conformité à la tradition brandie, par-ci et par-là, par les officines du nationalisme confessionnel prôné par divers centres du régime.

Depuis 2014, une année auparavant, le 6 avril 2013, Ennahar a été autorisée à émettre avec Echourouk et El-Djazaïrya. De nouvelles chaînes de télévision seront autorisées prochainement en Algérie, selon une annonce par le ministre de la Communication, Hamid Grine. La mesure est prise le 14 mai, selon l’agence africaine ecofin, dont la dépêche date du 20 et se rapporte à Nextvame qui a diffusé l’information le 18, voir ICI .

L’octroi d’agréments, à une dizaine de chaînes de télévision, est tombé à la veille du mois du Ramadhan où s’objectent justement avec intensité retentissante l’expression artistique et la syncope cultuelle. En l’occasion de ce mois d’accentuation religieuse, l’Arav créée en 2016, l’instance de régulation dont l’indigence des contenus et des actions sont criards et vides (voir le vide de son site-Web ICI), implore les chaînes de télévision de défendre l’islam contre «  les assauts de la mondialisation et de ses nouvelles formes d’hégémonie médiatique  ».

D’après le communiqué de cette instance, renfermant des recommandations aussi ridicules l’une que l’autre, par rapport à l’ambiance de cette conjoncture du mois de jeûne, il est question de prendre en charge les diffusions qui sont de factures peu reluisantes. Entre autres, «  Des émissions, comme celles de caméra cachée, doivent faire l’objet d’un examen attentif  », insiste l’Arav qui indique «  … la brutalité et la vulgarité sont une insulte à la dignité humaine  ». Ce genre d’amusement est à l’image de la banalité de la production comique actuellement en Algérie.

Selon l’intervention du membre du gouvernement concerné, les médias qu’il a qualifié de « clandestins » passeront à la légalité pour augmenter l’offre par le nombre de chaînes de télévision conformes à la réglementation. De son côté l’autorité Arav qui gère les demandes d’accréditation, dans son incapacité de produire des normes dans le sens de l’amélioration, par un contrôle actif, requiert de diffuser des programmes «  conciliant authenticité et modernité  » en amalgamant qui est (ou fait) l’un et l’autre.

Une quarantaine de chaînes Tv, domiciliées à l’étranger et émettant en Algérie sans autorisation, sont incriminées d’être des relais de la « main étrangère », la vieille phobie que la mondialisation authentifie en transparence utile. Pourtant elles sont aussi souvent représentées dans le pays via des bureaux et un personnel bien en activité d’une manière informelle.

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