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Pour renégocier ses contrats le pétrole algérien doit réviser ses lois...

Mais les oligarques ne lâchent pas l’aubaine d’une rente de plus en plus opaque

 

dimanche 16 avril 2017, par Azouz Benhocine

Au cours de la seconde semaine d’avril 2017, les autorités algériennes ont discuté avec leurs partenaires européens sur les questions énergétiques. A la veille de l’arrivée à échéance, en 2018 et 2019, des principaux accords d’échanges de gaz, le ministre de l’Énergie Nourredine Bouterfa était devant toute l’union européenne pour un nouvel marathon de négociations. Avec plusieurs pays européens, les clients potentiels ou de l’ensemble continental, la remise en cause de la position de force touche les producteurs...

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

Alors que s’effondre l’attrait pour les énergies fossiles et, depuis juillet 2014, se détériorent les tarifs du baril, le nerf de guerre de l’économie du plus vaste pays d’Afrique, voire sa rente principale, n’est plus en phase d’assurer les anciennes conditions. La politique d’aise aussi bien des programmes budgétaires internes que des relations avec les investisseurs ou acheteurs n’est plus ce qu’elle était.

Production année 2015, exportation 2012

Les dirigeants algériens redoutent l’effondrement définitif des moyens qui ont maintenu la paix sociale. Lors de la décennie 80 du siècle dernier, la crise de la chute des revenus pétroliers a débouché sur des pénuries auxquelles s’en sont suivies des émeutes. Ce qui a pulvérisé le système du parti unique et aussi ouvert l’ère de l’insécurité, que les amis de l’actuel président ont fomenté contre leur peuple en légalisant, les premiers sur Terre, les partis islamistes.

L’Algérie subit le climat fatal commun aux producteurs de pétrole, l’amoindrissement de la rente. 75% du budget algérien et 95% de la facture des importations sont couverts par les recettes pétrolières (gaz compris). Cette incontournable recette constitue le seul atout aux mains du régime qui depuis l’indépendance en 1962 ne lâche pas du leste pour que la société produise d’autres richesses, dont les plus nécessaires à son existence, ou bien assure une transition politique apaisée.

Dans le marasme du marché énergétique mondial, l’Algérie, pour sa part, a réussi lors du dernier exercice, 2016, à surmonter la stagnation de sa production, malgré des gisements matures et même en phase d’épuisement. Mais cela reste insuffisant quand les ressources financières s’assèchent, réduisant en conséquence le ressort essentiel pour les investissements, que sont les capacités pécuniaires propres. Quand ces derniers font défaut, toutes actions de réformes ou de mise à niveau de créneaux engageant l’indépendance économique, sont vouées à l’échec.

Pour parer aux contraintes, de la chute du prix du baril, à qui on a prédestiné une fin plus rapide, avec la rencontre à Alger des pays producteurs, ce qui a assuré ponctuellement une hausse des tarifs. Elle a suivi celle de décembre 2016 à Vienne, où un accord, le premier du genre depuis une quinzaine d’années, préconisait la réduction de production d’un total avoisinant 1,8 m/b/j à partir de janvier 2017.

La répartition fixée est de 1,2 m/b/j de l’OPEP et 600.000 b/j aux onze pays hors-OPEP (Azerbaïdjan, Brunei, Bahreïn, Guinée équatoriale, Kazakhstan, Malaisie, Mexique, Oman, Russie, Soudan et Sud-Soudan). Mais en dehors de l’Organisation, les Etats-Unis, avec une forte reprise de l’activité de forage, est à la tête des trouble-fêtes. Ils desservent l’option de limiter la production. A cela se rajoute une forte baisse de la demande, constatée aux Etats-Unis, Japon et Corée du Sud, ainsi qu’elle va s’accentuer pour les mois et ans avenirs.

L’Agence internationale de l’énergie, AIE, a publié jeudi, 13 avril, son rapport mensuel de mars où reconnait-elle une hausse de 1,3 million de barils par jour (mbj). Des découvertes au Brésil et dans les zones arctiques sont à l’origine de l’explosion de l’offre, donc aucune chance pour des prix élevés. Bouteflika a bénéficié, en 1999 lors de son retour aux affaires, de la montée inattendue et inespérée du prix du baril. La réconciliation nationale, créée par Liamine Zeroual est détournée et 150 milliards de dollars de réserves de change engrangés n’échappent pas aussi à cette prédation, Khelil était venu, des USA, dicter la loi des hydrocarbures.

Pour l’Algérie, il est question de réviser ses législations sur les hydrocarbures, afin de satisfaire les exigences environnementales en matière de consommation d’énergie. Comme l’affaissement des prix du baril semble ne jamais être surmonté, l’Algérie est devant l’obligation de modifier sa fameuse loi sur les hydrocarbures. En 2013, année du dernier amendement, on a préconisé une offre avantageuse aux entreprises étrangères, même en matière de nouvelles ressources non conventionnelles telles que le schiste. Les taxes aux partenaires sont entre les mains de Sonatrach pour qu’elle tire profit du chiffre d’affaires.

46 ans après le premier choc pétrolier, l’Algérie ne dispose toujours pas de société civile dynamique, voire même sans l’intégrité insoupçonnable. Et ces dernières années, y compris les milieux des médias et des journalistes, ont peu d’analyses et de clarté. De même que l’absence d’institutions politiques susceptibles d’exercer un contrôle sur les usages de la rente pétrolière, résonne comme un délire collectif.

Outre le défaut de la Cour des comptes, de l’Inspection générale des finances, du Parlement... Alors les services, ex-Département du renseignement et de la sécurité (DRS), maintenant rattachés à la présidence, ce qui accentue et totalise l’opacité sur le détournement de cette richesse. Ce n’est donc pas la révision des lois, comme celle des hydrocarbures, qui songera à l’intérêt collectif, quand la pression des castes liées au pouvoir ne lâchent pas prise...

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