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Algérie : Désespérément une constitution



Une jeunesse émeutière : le choc idéologique d’une constitution décadente !


mardi 28 août 2012
par Azouz Benhocine


Un projet de constitution est en élaboration en Algérie dans le climat unilatéral qui a écrasé les modestes, mais bien motivées, manifestations de 2011. Parmi les objectifs des protestations, doter le pays d’une constitution moins rigide et plus versée au respect des libertés. Pour certains commentateurs et politiciens, ce sont des amendements concoctés sur le bureau du président. Pour d’autres c’est une loi complètement réécrite ! Ne tenter pas de savoir, les rédacteurs s’enferment dans un labo ! D’où rien ne filtre !

Au moment du grand réveil des peuples arabes contre les despotes indécrottables, mais finalement chassés, des algériens ont aspiré à rejoindre, par contagion, le mouvement d’ensemble. Des martyrs nouveaux sont venus allonger la liste de ceux qui se sont sacrifiés pour la liberté. Une liberté qui met le pays, comme foyer de tous les citoyens, au centre des enjeux. Tant pour la répartition des richesses de la nation que pour la participation, démocratique, des affaires de la cité, les algériens -ENCORE LES JEUNES- espèrent !

La riposte, de la « Bouteflicaille » la relève policière des « Hama-Loulous » des années 80 avec l’apport des « Batalgyas » locaux, issu du FLN-RND-Islamistes, fut prompte. Et ses initiateurs qui bardent le système qui a offert un 3ème mandat anticonstitutionnel à Bouteflika, se sont félicités de son efficacité. L’inefficacité de cette opposition, est au besoin de critiques correctives pour percevoir d’avenantes exhortations, se doit de ne plus procéder aux exclusions. Et surtout ne plus autoriser les hégémonies qui s’accaparent la représentation, du peuple, au devant même de tout ancrage dans la population.

En vue aussi de fonder une république efficiente pour insérer, peuple et nation, dans les projets de l’humanité avançant en un nouveau millénaire, le texte juridique global fondant de nouvelles dimensions, aux libertés citoyennes, est attendu. Bouteflika en a fait sa promesse. De leur côté les algériens, situés à la pointe des revendications politiques, souhaitent la perspective de changement. Ils ne font pas adhérer au mouvement de contestation, tous les jeunes désespérés par l’exclusion.

Le régime en place dont l’identité idéologique est établie, trouve, par la nécessité de changer de constitution, l’aubaine de perdurer et de consolider l’emprise de ses cercles dans la transmission du pouvoir à partir de 2014. Après que l’actuel raïs aura exploité entière sa dévastation de la constitution. D’après un article sur le Soir-D’Algérie signé Kamel Amarni, outre le poste de vice-président (modèle des USA) le retour à deux mandats… De quoi voire en le général Zeroual, l’initiateur de la règle du maximum d’une double-vacation présidentielle, le frein à l’islamo-fascisme et aux despotes.

Une partie de l’opposition opérationnelle, notamment RCD et FFS, se plaignent de l’opacité dans laquelle se prépare le nouveau texte. Une constitution encore plus amovible, au gré des humeurs de Bouteflika et ses alliés politiques que l’Histoire veut tout-de-suite oublié, l’Algérie vit ses angoissants lendemains.

Manifester pour un projet de démocratisation, sans l’écoute des émeutiers qui se sont rebellés pour les prix de l’huile et le sucre, c’est se détourner des revendications socialement justifiées. Les contestataires algériens qui étaient visibles et médiatisés en 2011, se sont aussi pris avec dédain de la misère sociale. Cette constitution devait aussi assurer une couverture totale pour une existence citoyenne, humaine et émancipée.

Les jeunes algériens sont épris de libertés, prêts à quitter le pays pour échapper à la chape qui couvre, religieusement, leurs forces créatives. Leurs expressions, bien nombreuses et différentes de ceux du formalisme imitateur des gestes des peuples révoltés dans le cadre d Printemps, sont une quête légitime d’un bien-être. D’où la constitution qui partage la prospérité !