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Une veule incursion terroriste dans une bourgade isolée du centre de la Libye

La lâcheté de s’attaquer à des lieux isolés, une pratique des islamo-terroristes en Afrique

mardi 30 octobre 2018
par Hugo Mastréo


C’est une vraie bataille de guérilla qui a eu lieu au cœur de la Libye, à l’aube de la journée du lundi 29 octobre 2018, dans une petite ville appelée Al Fuqaha, du district du district de Jufra qui est bien isolé. La localité visée est située à plus de 800 km au sud de la capitale Tripoli. Un poste de police a été pris d’assaut par des terroristes de Daesh.

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Puis des maisons ont été fouillées par les assaillants, à la recherche d’apostats appartenant à l’armée ou à la police, que les islamistes considèrent comme espions. La région de Jufra est régulièrement touchée par des assailles attribuées aux islamo-extrémistes. Il y a plus d’un an, en août 2017, une semblable attaque revendiquée par Daesh a tué 11 personnes, dont neuf membres de l’ANL (Armée Nationale Libyenne).

Un membre du conseil municipal local, présent sur les lieux lors de cette pénétration d’une horde de djihadistes parmi celles encore opérationnelles en Libye, indique qu’au moins 5 morts et pas moins de 8 personnes enlevées. D’autres diverses autres sources locales dont celles militaires et des agences de presse comme l’AFP, ont rapporté cette information.

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Cet attentat relate la situation actuelle en Libye, où le recul de l’emprise islamo-terroriste se desserre. Alors que les ingérences étrangères parlent encore du dialogue inclusif. Un tel acte présage que c’est une incursion des éléments du Daesh, dans cette ville située bien au centre de la Libye, d’après ce qu’ont indiqué les témoignages recueillis par divers médias.

Les premiers éléments dressés après coup, on dénombre trois ou quatre civils, parmi les morts, et un soldat blessé. Quelques 10 personnes sont portées disparues, « probablement enlevées », a déclaré le général Ahmad Al Mesmari, porte-parole de l’Armée nationale libyenne (LNA). C’est l’effet de surprise qui a largement avantagé les assaillants.

Le raid constitue probablement des représailles suite à l’arrestations au début de ce mois-ci de membres présumés de Daesh dans la région. Esmail Al Sharif, député de la région a déclaré que les criminels islamistes avaient attaqué la ville avec 25 véhicules. Ils ont décapité cinq civils et incendié les bâtiments gouvernementaux ainsi que les bureaux de la sécurité, que sont les postes de police.

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Al Fuqaha, au cœur même de la Libye, comme le montre la carte ci-après, était détenue, depuis plus d’un an, par des forces alliées à l’homme fort libyen Khalifa Haftar, qui dirige l’ANL (Armée Nationale Libyenne). L’assaut a permis à Daesh de déclarer, dans un communiqué, d’avoir pris l’agglomération pendant plusieurs heures.

C’est un peu la forme d’un attentat-suicide contre cette position isolée de l’ANL. Les forces de cette dernière ont riposté, mais les combattants de Daesh ont fui vers le sud, tuant une cinquième victime et blessant une autre, à un point de contrôle de la sécurité, a déclaré Al Mesmari. Leur direction sont les monts de Haruj plus au sud, où stationnent des factions de criminels.

De nombreux extrémistes se sont retirés dans les zones désertiques du sud du pays, où ils tentent de se regrouper, de s’entraîner et de recruter ceux qui les rejoignent. L’armée américaine intervient régulièrement, en menant des frappes contre des extrémistes en régions du sud de Libye, comme des environs de Syrte.

C’est de ces zones que sont organisés des frappes terroristes, comme l’attentat-suicide du 10 septembre dernier, revendiqué plus tard par Daesh contre le siège de la compagnie pétrolière nationale libyenne au cœur de Tripoli. Il a fait deux morts et dix autres blessés. Quatre mois plus tôt, Daesh avait revendiqué l’attaque du siège de la commission électorale libyenne à Tripoli, faisant 14 morts.

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