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Apartheid séculier en Mauritanie : tradition nauséabonde

A la conviction anti-esclavagiste, la justice au service du populisme

mardi 20 janvier 2015, par Azouz Benhocine

D’abord dénonciateur de pratiques esclavagistes et ancien candidat aux récentes élections présidentielles (2014), Biram Ould Abeid, parmi trois sont accusés, est condamné par la justice de son pays, la Mauritanie. Le décor, d’un pouvoir et d’une opposition, est d’emblée fixé sur le fond politique. Mais c’est, l’enjeu de la continuité ou de la fin de l’esclavage se dispute, entre deux modes de société où s’affrontent loi et tradition €¦

PETITION Le gouvernement mauritanien : Libérez Biram Dah ABEID, prix 2013 des droits de l’homme de l’ONU.

Le chef de file d’une organisation, « non-reconnue » selon la qualification de la justice, qui tombe sous les coups des lois dites anti-terroristes, est condamné pour subversion envers des formes sociales défendues par des autorités, arrivées au pouvoir après les dernières joutes électorales. Biram Ould Abeid dirige l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), une ONG abolitionniste qui active dans une société à population indifférente et conservatrice… Le siège de l’IRA, à Nouakchott, a été fermé le 12 novembre par la police.

L’inefficience de la loi de 2007, la persistance d’une anomalie sociale

Il a reçu plusieurs prix des droits humains, parmi lesquels le Prix des Nations Unies pour les droits de l’homme (2013) et le « Prix Front Line Defenders » la même année. Il fut aussi l’orateur principal de l’audience, sur les formes contemporaines d’esclavage dans la région du Sahel, organisée par la sous-commission des droits de l’homme du Parlement européen, qui s’est déroulée le 14 Octobre 2013. Le Parlement européen a adopté une résolution d’urgence, après le dernier verdict.

Comme il a reçu plusieurs prix des droits humains, parmi lesquels le Prix des Nations Unies pour les droits de l’homme (2013) et le « Prix Front Line Defenders » la même année. L’un des adjoints du président de l’ONG, Brahim Ould Bilal Ramdane, et Djiby Sow, président d’une association pour les droits civiques et culturels, ont comparu devant un tribunal de Rosso, sud du pays.

Après avoir été arrêtés en novembre 2014, avec sept autres militants, qui ces derniers ont été acquittés depuis, lors d’une campagne de terrain, pour dénoncer les pratiques esclavagistes pratiquées selon des us que la loi protège et bannit à la fois. Accusés par les autorités qui aiguillonnent les tribunaux, l’opposant est en posture de subversion à un populisme qu’impressionne la coutume.

Lors des audiences du procès qui s’était ouvert le 24 décembre, le procureur de Rosso a requis cinq ans de prison ferme et des amendes financières contre tout le monde, en plus de la confiscation des biens de leur organisation. Des peines d’emprisonnement, de deux ans fermes, pour M. Biram Dah Abeid, Brahim Biala et Djiby Sow Ramdhane.

Officiellement, l’esclavage a été aboli en 1981 en Mauritanie, mais un grand vide juridique a demeuré depuis. Ce n’est que 2007 qu’une loi présume une sanction allant jusqu’à 10 ans d’emprisonnement. Mais le phénomène perdure néanmoins, selon cette ONG et nombreux autres rapports et observations.

Les militants anti-esclavagistes sont punis, tel ce présent cas. Et leurs rassemblements ou manifestations ne sont jamais autorisés, jugés en troubles à l’ordre. La violence contre la force publique est l’argument pour une accusation de terrorisme. Au point de vous part de cette situation au nord-ouest africain, la Mauritanie vit bien dans une ancienne époque... sinon une autre planète.

Dernièrement un mauritanien a été lourdement condamné parce qu’il se déclare athée, l’obscurantisme, dans ce pays du Maghreb, s’accommode à toutes les injustices.


Voir en ligne : NOTRE DOSSIER : MAURITANIE

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