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Algérie : Bouteflika se précipite vers une porte le congédiant ouvertement !

Quand "LE PACTE CONSTITUTIONNEL ET REPUBLICAIN" échappe à la vigilance de l’armée censée le surveiller, le choix se dégage partout sauf pour les désœuvrés du système décadent.

lundi 28 mars 2011
par Azouz Benhocine


L’armée algérienne est embarrassée d’un raïs complètement hors de la plaque républicaine ! Elle est aussi à l’écoute du monde et devant sa porte. Dans un contexte de troubles arabe très contagieux, la question de faire glisser Bouteflika vers la porte est méditée par nombreuses projections. Alors que ses porions (de l’ex-parti unique, de la bureaucratie et des cercles rentiers) tentent de surmonter l’angoisse que leur livre l’opinion générale qui traverse le pays.

LE RAÏS S’ILLUSIONNE A RETARDER LE MOUVEMENT DE L’HISTOIRE !


Les algériens ayant osé manifester restent minoritaires, le noyau de la CNCD qui n’a pas marché pour une 7ème fois lors du dernier samedi de mars, méritent d’être salués. Sans être des héros, car cela est puéril, ils ont bravé un tabou. Ils ont grandement traduit, dans les tréfonds sociaux, une dénonciation de la machination des nationalistes. L’ancien mode de gestion des affaires du pays, resté entre les mains qui ont abord gouverné en pilotant la guerre de libération puis ont accaparé le pouvoir pendant 50 ans d’indépendance, arrive en fin… Que cela agace ce qui reste des « Baltagyas » des derniers moments d’un règne sombre.

L’opportunisme des carriéristes du même giron et chapelle que l’actuel président, bassement prédateurs, cherchent à perpétuer le régime qui a marqué son époque par les exclusions et les médiocrités. Il s’agit principalement du FLN et du RND, deux partis politiques majeurs dans les filières associées au pouvoir actuel. Outre la flopée, clanique, d’oiseux ne sachant plus de quels gazouillis chanter encore. Afin d’amadouer la bataille, de l’indomptable aspiration populaire à une gouvernance démocratisée, qui leur est livrée !

Les jeux de l’usure, entre le pouvoir et les contestataires, empruntent la voie de l’épreuve révolutionnaire qui s’accumule dans la conscience algérienne. En effet le sentier qui se trace actuellement pour le changement, fait patauger les citoyens qui se sont engagés… Ils font montre de persévérance, alors le climat arabe s’oriente à l’évitement d’un massacre par le guide libyen et une recrudescence des émeutes en Syrie et au Yémen plus particulièrement. Les tyrans tombent en déchéance, et l’Algérie ne sera pas épargnée.

L’essoufflement des premiers d’une part, et de l’autre le déclenchement des processus de destitution adoptés par ce qui est le printemps arabe, sont les perspectives que lorgnent les forces en place. Les partis politiques qui traduisent la dénonciation du despotisme de la lignée de l’ancienne légitimité historique, sont le RCD et le FFS. Mais l’identité de ces deux formations, qui s’est établie dans la compréhension populaire, reste qu’ils ont « kabylisé » (régionalisé) leurs idéologies. Concrètement, que ces deux partis sont majoritaires uniquement dans les régions berbérophones.

L’illégitimité de Boutef, quant à elle, est une constitution qu’il a truquée. N’a-t-il rencontré son pire moment, quand les questions de la transhumance à la présidence des Etats arabes, lui inflige de vivre qu’il a abusée devant l’histoire, qu’il aime tant citer. Selon le double-mandat unique, fixé par son prédécesseur, il aurait déjà quitté le pouvoir. Mais il se trouve au lieu et dans la version devant laquelle, il doit s’expliquer.

L’armée et la constitution dans la doctrine de la république algérienne.

Notons que son prédécesseur, Mr Liamine Zeroual un militaire qui a repris sa retraite depuis. Après avoir organisé des présidentielles avant la fin de son second mandat et fixé la limitation à deux mandats présidentielles, outre les élections à tous les échelons depuis les mairies, jusqu’aux présidentielles. Qui ont vu ressortir de sa traversée du désert, Bouteflika pourfendeur de la constitution que l’armée était censée protéger…

ÂNERIE QUE LES OFFICIERS ALGERIENS ONT ENTENDU DU RAÏS

Bouteflika a dévoyé, par une malversation de la constitution, et mérite d’être jugé pour : viol des institutions. Son texte d’amendement a été a été adopté par l’assemblée nationale et le Sénat, acquis à son giron bureaucratique du FLN et du RND. Tout constitutionnaliste vous dira, que le suffrage universel est moralement obligatoire dans ce cas. L’outrage a détruit une part non négligeable des institutions. L’histoire vivante et contemporaine inflige partout, Ben Ali et Moubarak en sont les témoins, des départs semblables au trou où a été trouvé Saddam Hussein… Il ne peut s’en échapper du sort des despotes !

Les audits les plus récents de la situation prédisent désormais une évolution à la Syrienne. C’est-à-dire une montée en puissance de la subversion et la virulence des émeutes viendront à bout de l’autorité du raïs. En Syrie l’armée reste dubitative, elle ne veut pas de grands saccages mais peut lâcher son poulain qui souffre lui-aussi d’être à la tête du parti unique du pays et d’avoir des centaines de prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles.

En Algérie, la réalité veut que l’armée reste une inconnue. La vraie idée qu’elle s’est faite de Bouteflika tourne son horrible manœuvre envers la constitution. Elle a un boulet aux pieds, celui des généraux corrompus et tortionnaires. Une réalité, sans nul doute, incontestable. Si l’armée algérienne serait en première ligne, à vouloir éviter une quelconque dégénérescence du mouvement social frondeur qui la renverrait à un retour dans les rues, elle sera obligée un jour de répondre au paradoxe d’une constitution déformée à mauvais escient. Elle se contente de suivre les événements alors que ce n’est pas le cas la police, qui est l’institution qui a eu son directeur abattu dans son bureau.

Les algériens aux aguets d’un passage du témoin entre le maladif raïs et la vague contestataire. Une autre falsification dans cette proposition. Le spectre du bricolage et de la mauvaise interprétation de la volonté populaire réelle et profonde.

La modernisation des institutions algériennes. Voici ce que propose la CNCD, comme sortie...

CNCD (Algérie) : Plate forme pour le changement démocratique

Née dans la foulée des évènements du mois de janvier 2011 qui ont causé la mort de 05 personnes et de nombreux blessés, la coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) s’est dotée d’une « plate-forme pour le changement démocratique en Algérie ». Cette plate-forme que ses promoteurs disent ouverte aux débats vise à rassembler les Algériennes et les Algériens pour le changement démocratique.

Le 1er novembre 1954, les Algériens se sont soulevés pour se libérer d’un colonialisme barbare condamné par l’Histoire. Notre peuple attendait de vivre dans un état démocratique et social garantissant la liberté de conscience, et les droits humains.

Après des sacrifices hors du commun, l’Algérie arrache le droit à l’existence dans le concert des nations en écrivant l’une des pages les plus glorieuses de l’Histoire du vingtième siècle. Cependant la libération du territoire national n’a pas entrainé celle des citoyens. Le système politique instauré en 1962 a confisqué à son profit exclusif l’indépendance en s’arrogeant tous les pouvoirs.

Notre peuple voit son histoire trahie, sa mémoire mutilée et sa parole confisquée. Tortures, répression sanglante, assassinats politiques, fraudes électorales, corruption, misère sociale et arbitraire rythment le drame algérien depuis un demi-siècle. A l’horreur du terrorisme islamiste le pouvoir a répondu par « la politique de réconciliation nationale », niant l’exigence de justice et de vérité.

Réprimée et exclue de la vie publique, la collectivité nationale oppose une résistance multiforme. L’émeute devient de plus en plus la seule forme de revendication et la rue l’unique espace d’expression pour arracher ses droits. Notre émigration, fidèle à ses traditions de lutte, suit et relaie avec ferveur le mouvement de contestation nationale.

Désormais, le statu quo est impossible à tenir. Mis face à ses échecs et confronté à une pression populaire continue, le pouvoir illégitime, usé, divisé et discrédité, recourt, une fois de plus, aux subterfuges pour essayer de dévoyer, comme en octobre 1988, les aspirations profondes de la société à la rupture radicale avec le système.

Les évolutions nationales, régionales et internationales rendent illusoires toute initiative visant à dérouter la lame de fond qui secoue le pays du nord au sud et de l’est à l’ouest. L’Histoire est en marche et l’Algérie ne peut faire exception. Le changement de système politique est impératif.

Pour y parvenir dans les meilleurs délais et de manière pacifique, des personnalités, des militants politiques ou syndicaux et des animateurs du réseau associatif ont pris une initiative : créer la Coordination pour le changement et la démocratie(CNCD) afin de répondre à la demande de changement de système politique qui ne saurait se confondre avec un changement dans le système. Cette structure a lancé des actions qui ont mis à nue les manouvres du système et qui confortent au plan politique les revendications populaires s’exprimant chaque jour dans la rue et à travers toutes les catégories sociales, notamment la jeunesse ; principale victime du système et acteur majeur des luttes populaires.

La CNCD appelle les forces politiques et sociales à fédérer leurs énergies pour s’inscrire dans la perspective d’édification d’une république démocratique et sociale. Ses principes fondateurs seront ceux de l’Etat de droit, garantissant le respect des libertés individuelles et collectives, la promotion d’une société civile active, la séparation et l’équilibre des pouvoirs, la séparation du politique et du religieux, l’égalité homme-femme, la reconnaissance et la promotion de l’algérianité par l’affirmation du caractère national et officiel des langues arabe et tamazight, la justice sociale, une répartition équitable du revenu et des richesses nationales et l’alternance démocratique au pouvoir. Sur la base de ces principes, la CNCD, en concertation avec les autres forces du changement démocratique, propose

1- Une conférence nationale qui aura pour mission de désigner un conseil national de transition démocratique (CNTD).

2- Le CNTD sera composé de personnalités résolument engagées pour le changement démocratique. La durée de son mandat ne saurait excéder douze (12) mois. Ses membres ne pourront postuler à aucune candidature ou responsabilité après la phase de transition.

3- Le CNTD aura à :

- Dissoudre toutes les institutions élues.

- Nommer un gouvernement de transition pour gérer les affaires courantes.

- Engager le pays dans une refondation nationale dont la clé de voute sera la rédaction d’une constitution qui sera proposée au peuple algérien par voie référendaire.

4- Les priorités pour la reconstruction des autres institutions élues seront définies lors des conférences tenues sous l’égide du CNTD. Ces institutions seront issues d’élections balisées par un dispositif politique et juridique qui s’imposera à toutes les candidatures. La préparation et la mise en œuvre devront se faire en toute transparence et sous une observation internationale obéissant aux règles qui ont présidé à tous les scrutins ayant suivi la fin des systèmes autocratiques ;

5- Le CNTD mettra en place une commission indépendante qui proposera les modalités de restitution du sigle « FLN » à la mémoire collective. Cette commission aura aussi pour mission d’établir la vérité et la justice sur toutes les atteintes subies par les Algériennes et Algériens depuis l’indépendance.

6- Durant cette phase de transition, l’armée et l’ensemble des services de sécurité seront placés sous l’autorité du CNTD. Ils auront pour mission la défense du territoire et du caractère républicain et démocratique de l’Etat.

7- L’Algérie démocratique et sociale inscrira son destin dans l’actualisation des principes fixés par la conférence de Tanger qui stipulait, dès 1958, que la fédération des Etats nord-africains est le parachèvement naturel des indépendances de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc ;

Cette plate-forme de la CNCD est ouverte au débat. La CNCD appelle la société et les forces fideles à l’esprit de novembre et de la Soummam et des luttes démocratiques depuis l’indépendance, a se rassembler pour le changement démocratique. C’est ainsi qu’elles pourront peser pour édifier une république démocratique et sociale.