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Syrie : l’expectative de la population à s’engager dans un printemps de démocratie.

Les syriens souffrent du même fléau que la Tunisie, d’une mafia relevant de la famille de la mère de Bashar Al-Assad.

vendredi 11 mars 2011
par jaco


Les Syriens ont à la fois une certaine admiration et aussi de l’anxiété pour l’évolution des révoltes dans le monde arabe. Et pour la première fois en près de quatre décennies, ils ont commencé à discuter des affaires politiques dans leur pays.

Les données plaident pour une révolte inéluctable. D’abord le régime en vigueur en Syrie à l’heure actuelle est celui d’un parti unique. Et l’état d’urgence mis en place depuis 1963, cause des restrictions strictes sur l’activité politique et la liberté d’expression. Comme il ya des milliers de prisonniers d’opinion ainsi qu’un manque flagrant de démocratie. Pendant ces dernières semaines, se sont tenues des manifestations pacifiques à Damas qui ont été suivies par des centaines de jeunes sympathisants des protestations contre surtout Kadhafi en Libye.

Rami Makhlouf Syrie

C’est en 1970 que le défunt père de l’actuel président, Hafez Al-Assad a été dit comme le tunisien Ben Ali, comme ayant donné des privilèges dans les affaires aux membres de la famille, dont patronyme est Makhlouf, de son épouse. Notamment dans des secteurs de forte croissance comme l’immobilier, les banques, l’industrie lourde et les télécommunications. Détenant des entreprises qui travaillent activement dans toute la région du Moyen-Orient. Le Trésor américain a accusé l’homme d’affaires Rami Makhlouf d’implication dans la corruption. Mais ça reste de l’opprobre américain.

Comme partout dans le monde arabe.

D’emblée, il faut noter qu’après les révolutions de la Tunisie et l’Egypte, le gouvernement a été réactif pour gagner la paix sociale. Il a pris promptement une série de mesures, visant à réduire les prix des produits de base, notamment alimentaires. Il a également fourni une assistance aux syriens nécessiteux. Et surtout de nouvelles instructions ont été données aux fonctionnaires du gouvernement pour un traitement correct des citoyens. Cependant les restrictions strictes sur l’activité politique et la liberté d’expression sont maintenues.

Des personnalités militantes syriennes comme l’opposant Michel Kilo et le cinéaste Omar Amiralay ont salué dimanche 30 janvier la révolution en Tunisie et le soulèvement en Egypte. Ils ont bien affirmé que le peuple syrien aspirait lui aussi «  à la justice et à la liberté ». Mais la révolte tarde.

Bachar al-Assad a hérité du pouvoir de son père en 2000, et est considéré comme l’un des chefs d’Etat à tomber de son piédestal du fait de cette illégitimité d’avoir repris un trône. Cependant, on lui reconnait qu’il a entrepris progressivement des réformes reflétées dans la sortie de l’économie syrienne de la stagnation. Comme, il est prévu par ses soins de mettre fin à un deuxième mandat en 2014. Il a montré cette volonté, comme pour précéder les évènements, en ouvrant la porte des médias. Et ce qui satisfait un grand nombre d’observateurs locaux.

La Syrie s’apprête, cette année, à des élections parlementaires et municipales. Beaucoup de gens croient que la Syrie est devant une occasion en or pour apporter des changements. Mais la population souhaite une transition pacifique vers un régime démocratique. Ces derniers mois, du début 2011, plusieurs appels à une « journée de la colère » ont été lancés par des groupes d’opposition et de simples syriens en exil. Ils n’ont pas reçu de suites, l’hésitation est plus grande. L’opinion syrienne opte pour l’idée que tout changement doit venir de l’intérieur. Elle doit répondre aux demandes du peuple, et ne peut pas être une réponse aux pressions extérieures.

L’attente est grande, les changements voulus sans douleur.

Alors que la population attend, comme un voyageur dans une gare scrutant un train en retard que souffle le vent de la bise printanière arabe. Tous les segments de groupes de la société et des acteurs politiques, s’impatientent que la contestation du despote damascène atteigne leur pays. D’ailleurs comme ce pays échappe aux feux de la rampe médiatique internationale quand l’actualité est plus dense en Tunisie et en Egypte, les syriens s’accordent à croire que le changement doit être rapide et important.

La Syrie souffre de la corruption qui est enracinée dans le cœur du système. En dépit de l’augmentation des campagnes gouvernementales de lutte contre ce fléau, des poches résistent gardant leurs pratiques honnies par les administrés. Le Trésor américain a accusé l’homme d’affaires Rami Makhlouf, de la famille du président, dès janvier de son implication dans la corruption. Mais ça reste de l’opprobre américain.

Lors d’une démonstration le mois dernier, la population est sortie dans le vieux souk de Damas, le mur de la peur s’est rabaissé et devenu moins haut. Cela s’est produit suite à une altercation entre la police et les commerçants d’un marché de gros. Des centaines de citoyens en colère ont fait face à la méthode arbitraire de la police.

La peur s’était estompée et le groupe de citoyens a montré son affront aux forces de l’ordre. A la suite de cela, le ministre de l’intérieur lui-même s’est déplacé au souk et a discuté avec les commerçants. La direction de police, de son côté, a sanctionné les agents qui ont intervenu, les jugeant fautifs.