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La colère des algériens déshérités de leur démocratie.

Une jeunesse qui empêche la perversion des mercuriales à la merci des corrompus alliées aux spéculateurs.

samedi 8 janvier 2011
par N.E. Tatem


Les émeutes en Algérie ne trouvent pas la facilité de leurs explications, tellement des brouillages incohérents sont, à dessein, érigés par des discours à la fois populistes et aveuglement vandales. Sauf que c’est un mécontentement dû aux hausses des prix, à la fois subites et exagérées, des produits de première nécessité. Et là, il y a un message quelconque. Il ne ressort point de profondeur cet appel de la population, juste des hordes de jeunes en colère croit-on. Notamment le sucre et l’huile parmi les denrées touchées... ce qui est une interprétation tout à fait simpliste en écourtant sa signification. Pourtant il est question de pouvoir d’achat !

Ce mécontentement, exprime avec violence, est dans l’étroitesse des analyses : une contagion de la sédition du pays voisin, la Tunisie. Or la révolte déclenchée à partir du suicide du jeune Bouazizi, est d’un ordre tout à fait différent et dans un contexte bien plus évoluée et distinct de celui de l’Algérie.

La Tunisie est plus laïque que certains pays occidentaux. Elle dispose d’une classe sociale moyenne bien plus large proportionnellement à sa population et par rapport à l’Algérie. Le pays de Bourguiba recèle des normes avancées de gestion de la société, comme la politique de régulation de la démographie qui a l’âge de plusieurs décennies.

Cette vidéo expose la situation qui prévaut dans plusieurs villes algériennes.

Depuis des semaines avant que le vent de la révolte ne se tourne sur l’ouest tunisien, les « pénuristes » algériens attendaient cette augmentation des tarifs. Ils se sont mis à stocker tous ce qui leurs tombent entre les mains. Car informés, par des connivences de décideurs. Et le partage de ces « fructus » de bazar est bien établi, entre une pléthore de pseudos opérateurs économiques et les éléments de la bureaucratie.

Cette dernière se dit héritière de l’ancien système des moudjahidine, de leurs enfants et des membres de familles, devenues après un demi-siècle de règne, semblables aux mafias napolitaines. La jeunesse vit avec l’arrogance des nouveaux riches qui n’ont guère des profils d’entrepreneurs. Le Gloden-Boy Khalifa, fils d’anciens ministre, a été présenté comme le meilleur. Et ces trafiquants, liés au pouvoir et son personnel, narguent et rigolent en croisant les plus pauvres.

C’est-à-dire clairement, les partenaires des spéculateurs sont dans le personnel politique officiel issu de l’alliance dite présidentielle. Dont la corruption a pris une ampleur inconnue par le passé, mais générée à un niveau mafieux et de banalité depuis l’arrivée de Bouteflika au pouvoir. Il s’agit du clan, présidentiel, qui met la puce à l’oreille des commerçants de l’importation et des faux industriels, pour... Le lendemain des hausses, a eu lieu l’apparition magique des produits qui ont disparu pendant les semaines précédentes.

Au début, c’était une grande tension sur le lait dont le pays a un énorme déficit. Le patrimoine foncier agricole, envié par nombreux pays africains et voisins, qui depuis des décennies n’a pu se développer est la réponse au besoin de lait. La filière « lait » qui débute chez les éleveurs, se termine aussi chez eux. Aucune idée de la technologie laitière et aucun réseau de ramassage, comme il se fait ailleurs. Toute l’alimentation de la population est exposée aux aléas climatiques et à des crises continuellement sporadiques. Il suffit d’une exploitation maraichère d’une saison, soit portée sur un produit et non un autre comme la pomme de terre, l’oignon ou bien l’ail, pour que l’un d’eux voit son prix dépasser largement les capacités de revenus des ménages incapables de se le mettre dans leurs assiettes quotidiennes.

L’agriculture algérienne ne décolle pas, parce que c’est là où les réformes, sans jamais soulever les questions de développement, consistent plus à renflouer des exploitants déficitaires. Ces derniers à l’image des nombreux directeurs nationaux de missions et de programmes de développement qui ont été relevés de leurs postes ou emprisonnés. Tous sont du clan présidentiel, prolongé au niveau des ministres, puis des élus... Au niveau des exploitations de vrais truands du FLN -Parti Unique- jouent les moudjahidine, les ingénieurs et même les DOCTORS es agronomie et directeurs violeurs de leurs propres secrétaires.

A bien vouloir comprendre les révoltes des algériens en ce début de l’année 2011, les plus éclairés et sincères des militants et des analystes rigoureux redoutent que les islamistes s’accolent à ces manifestations pour se légitimer, après leurs crimes du terrorisme qui a fait 200 000 victimes depuis 1990. Et puis en faire de la chaire à canons livrables avec de nouveaux attentats qui, s’ils reprennent avec les dégâts qui marquent et traumatisent à jamais toute une génération, vont causer un effondrement du pays. En remettant le pouvoir à une théocratie barbare largement inspirée d’une conscience religieuse dévoyée par le rayonnement des dizaines, sinon des centaines, de milliers de mosquées qui essaiment à travers la moindre bourgade du pays en prêchant la paix de l’âme dans la misère et la soumission.

Le paradoxe que posent ses revendications, quand elles sont liées au coût des produits cités, est bien réel. Les regards se tournent vers les pères de famille notamment les salariés, en ce qui concerne les prix, mais les yeux s’écarquillent avec les comportements saccageurs et surtout de pillards des manifestants. Qui cassent les biens de la collectivité, prennent en assaut vitrines et magasins pour subtiliser tous ce qui leur tombent sous la main. Il ne s’ait pas de Black Blocs animé d’idéalisme et de romantisme, qui seuls aussi ne sont pas révolution. Cette dernière convient aux autorités puisqu’elle porte en elle que la qualité des émeutes est ruinée.

D’ailleurs, comme partout le monde, lors de telles protestations les casseurs trouvent leur butin à portée de main. Nonobstant le cas algérien met au devant un déficit flagrant, et voulu par les politicards corrompus et associés au pouvoir en place, de structures syndicales crédibles à défendre le pouvoir d’achat. De même que la fermeture des cadres d’expression, a poussé au suicide physique dont on dénombre une pléthore ces dernières années. Comme elle est à l’origine de la prise de la voie maritime pour les jeunes « haragas » avides d’exil, au prix d’être un exclu et humilié ailleurs que perclus dans son propre pays.

Les opinions qui mettaient en Bouteflika l’espoir de ramener la paix sociale, l’ouverture du pays sur le monde et la moralisation de la vie publique, sont les plus déçues alors que le raïs est déjà sortant. Toutes visions versées en ce président, dernier rejeton du système qui a la honte d’avoir torturé ses meilleurs poètes, se sont trouvées avec une constitution falsifiée, un pays plus isolé, une population criminalisée dans le monde car surveillée dans toutes les frontières et aéroports. Et c’est LA GRANDE CORRUPTION qui a pris les dessus. Et peut-être à jamais !