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Un préfet issu de la diversité limogé sans raisons apparentes

Nacer Meddah, soupçonné de sensibilité de gauche, relevé de ses fonctions.

mercredi 1er décembre 2010
par Hugo Mastréo


Des avis laissent croire que Nacer Meddah s’attend à une promotion. Mais c’est le contraire qui est plus supposé, car sa partance est incompréhensible. D’autant plus, en Franche-Comté, où il est arrivé en avril dernier, il a chaque jour démontré une présence sur le terrain. C’est aussi la fin de l’ouverture collaborative faite à la gauche et au centre.

Nacer Meddah, un préfet issu de la diversité a été relevé de ses fonctions sans la moindre clarté envers les administrés, les médias et même les responsables politiques locaux de la région où il officiait. A première lecture il dérangeait, comme un cadre déployant un dynamisme faisant de l’ombre aux cadres élus de l’UMP, le parti de la majorité présidentielle, par un dévouement inconnu par le passé.

La panne de l’intégration en France est encore une des références sombres dans un système qui a le privilège de Machiavel en poupe. Le principe décide et sévit. Dans le contexte de crise, où la paupérisation de larges franges de la population sont poussées sans défenses à la précarité par l’accentuation du chômage, s’en passer des cadres qui travaillent pour juguler l’élargissement de la précarité, devient un manquement à la cohérence du discours officiel. Le traitement de Zidane montre de quel argument est construite l’exclusion. Alors que pour d’autres cas comme Fadela Amara, la stigmatisation des jeunes est son fond de commerce et même le principe fondamental de son action.

On en parle d’autres discriminations que celles quasi courantes. Dernière constatation de certains médias, par exemple il est difficile, quand on a un prénom américain genre Kevin, d’être admis dans les cercles bloqués dans la tradition hexagonale. Etre dans la peau d’un banlieusard appelé Kader ou Mohamed, puis voir à la télé une telle dépêche sur Kevin, donne le tournis.

Nacer Meddah

Mercredi 25 novembre en conseil des ministres, Nacer Meddah, préfet de la région de Franche-Comté, a été congédié de ses fonctions. Une décision qui laisse la sensation habituelle, que seule l’inexplicable exclusion soit la raison. Maintenant que le concerné lui-même n’a pas divulgué la cause, comme fut le cas du sous-préfet Bruno Guigne révoqué pour avoir émis son opinion son opinion concernant les criminels de guerre de tsahal, nous en sommes au stade des questions.

La pratique habituelle

Depuis des lustres des sous-citoyens de la France qui a émis au reste du monde la notion des droits de l’Homme, ne savent où donner de la tête quant au traitement qui leur est réservé. L’origine maghrébine est dans le collimateur de tous les bannissements, proportionnellement au nombre des autres concitoyens ayant une origine allochtone. Notamment aux africains par exemple.

Généralement les nominations de préfets sont décidées en conseil des ministres, ce fut le cas. Mais habituellement on émet en même temps les nouvelles affectations auprès d’autres collectivités, ainsi que celles des remplaçants. Pour Nacer Meddah, aucune annonce n’est venue étayer la vérité, expliquer les circonstances de son départ. Laissant moult réactions des cadres locaux dans le désarroi suite à ce limogeage.

Une surveillance de médias américains, du « Projet de justice Société ouverte », installée en plein centre de Paris et dans le réseau de transport, la station Chatelet (RER plus Métro) et a émis ce rapport. Qui dit les jeunes noirs et arabes sont de trois à quinze fois plus susceptibles d’être arrêtés par la police que leurs homologues blancs. Les Noirs sont entre 3,3 et 11,5 fois plus susceptibles que les Blancs d’être arrêtés, tandis que les Arabes ont été arrêtés entre 1,8 et 14,8 fois plus que les Blancs. L’étude a également observé que l’origine ethnique et les styles de vêtements font que les gens risquent d’être arrêtés.

D’après les premières interprétations Nacer Meddah est soupçonné de sympathies avec la gauche. Dans la situation où l’offensive de la droite est à son apothéose, on ne recule devant rien. Pierre Moscovici, le confirme : «  il s’agit d’un limogeage politique voulu par les députés UMP de la région  ».