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Récentes migrations des Algériens, causées par la débauche des institutions et l’exclusion.

Des ingénieurs, des médecins et des élites, soumises aux ordres des prédateurs de la "Kléptocratie", préfèrent quitter le pays et vivre clandestins à l’étranger.

 

lundi 22 novembre 2010, par Azouz Benhocine

Quand la tendance de la migration des algériens s’est inversée dès l’année 1980, après la mort de Boumediene, les anthropologues ont cru à une ponctuelle attitude. C’est-à-dire, après la trêve marquée par les retours suscités par la révolution industrielle (des années 70), la reprise des partances était vouée, avait-on cru, à un arrêt in-extrémis, ou du moins ne pouvait guère continuer.

Mais vite le phénomène a été reconnu comme le début des nouveaux exils et d’une ampleur hallucinante et inattendue. Surtout ils tentaient de nouvelles populations, dont celle les mieux formées, ce qui était constaté plus destructeur. Le contraire de la décennie précédente, des années 70 où quelques 80 000 émigrés, algériens répartis entre la France et la Belgique ont déchiré leurs titres de séjours, sont revenus s’installer dans leur pays d’origine. Avec le temps, partir est devenue la panacée la plus appréciée, pour s’évader de la gouvernance officielle basée sur l’exclusion.

A l’époque, les années 70, de la fabuleuse pièce théâtrale de Kateb Yacine « Mohamed prend ta valise » qui avait fait une grande tournée dans ces 2 pays européens, le retour au pays était dit « le retour de la fierté ». Ce spectacle avait pour la première fois, dans l’histoire de la diaspora algérienne en Europe, permis aux émigrés d’aller massivement aux salles de théâtre. Surtout un ardu programme d’industrialisation offrait des postes de travail en Algérie.

Une diaspora plutôt qu’une immigration, pour rompre avec tous les trafics du dirigisme exécrable de ses clientélismes.

Hélas, rapidement le flux vers d’exogènes lieux s’est avéré irréversible. Et allait prendre de l’ampleur jusqu’à devenir le fléau Haragas qui pousse les jeunes algériens à quitter leur pays dans des embarcations de fortune. Dernier fait en date du 1er novembre 2010, 9 danseurs du ballet national partis faire une représentation au Canada ont faussé compagnie à leur amis qui sont au nombre de 15. Ils ont fuis de leur hôtel et se sont évaporés dans la nature.

"Harragas" : un film algérien sur les risques de l’immigration clandestine

Si la France est restée la principale destination des partances, de nouveaux horizons se distingués sur le continent européen. Parmi les premiers, ce fut d’abord l’Espagne, pour la raison de mitoyenneté géographique. Et dont l’essor économique, amorcé dès les années 70 comme l’Algérie, a appâté les algériens, à l’instar de la considérable masse de marocains. Ensuite tous les pays européens sans exception commençaient à accueillir des algériens. Mais surtout c’est le Canada, ainsi qu’à degrés moindre les USA, qui était choisi grâce aux facilités d’installation.

Les sociologues se sont alors questionnés : Pourquoi même dès les débuts des années 80 ? Alors qu’aux premières années de cette décennie les choses allaient relativement bien et Chadli, qui a succédé à Boumediene, avait fourni le slogan « Pour une vie meilleure » ? Même confrontés au racisme dont ils sont souvent victimes, les jeunes algériens préfèrent quitter le pays.

La mise au point de l’exclusion a été élaborée au sein de l’ex parti unique, dont la tête pensante n’était autre que les arrivistes de la guerre de libération. Même la pseudo-légitimité historique, qui devait laisser les dirigeants du FLN historique diriger le pays, a été trahie. Aït-Ahmed et son acolyte Benbella qui ont commencé leur carrière de nationaliste avec le braquage de la poste d’Oran, l’acte illustre le genre d’aventuriers auxquels les algériens ont vu leur destin se tracer, ont été écartés depuis des années. Boudiaf s’est tranquillisé dans son exil marocain. Une foule d’arrivistes a pris le pouvoir avec une volonté affiché de ne laisser bouger que leurs adeptes et autres affidés, une flopée d’opportunistes.

Les rigoureux, les honnêtes et les plus compétents qui ne peuvent pas adhérer à la débandade, qu’allait prendre le cheminement des affaires du pays, n’avaient aucun autre choix. Aller sous des cieux, qui au moins leur permettaient de ne pas assister à la décadence. D’une part, la montée de l’obscurantisme financé et pleinement érigé en système par les sbires d’une médiocrité qui a accouché en final d’un certain Belkhadem, après d’illustres. Et d’autre part leur écartement, qui est la grande manœuvre, consiste à leur imposer le silence face la criminalité dans les rouages, faite de corruption et de détournement.

Surtout de placer à la tête des institutions de vrais incompétents, pour les diriger et les exploiter de la manière la plus inhumaine. Avec la mission première censurer tous réactifs réflexes aux prédations à ciel ouvert. Un ingénieur formé dans l’école algérienne qui a passé des nuits blanches pour réussir ses études, se retrouve soumis et subalterne à un analphabète, sinon un pistonné fils d’anciens membre de nomenklatura sachant juste parler et même une personne ne faisant qu’engranger quotidiennement et sans relâche des bénéfices de son poste.

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De notre rédacteur : T O U R E T.

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