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Arrêter Nétanyahou, pétition citoyenne d’Avaaz exige la fin de l’impunité

La justice pour la Palestine, des guerres et de massacres le sionisme sévit sur Terre

samedi 3 octobre 2026, par Azouz Benhocine

La requête exige des chefs d’État qu’ils appliquent un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale. Avec 1 194 103 signatures, au 2 octobre 2026, la pétition « Netanyahou, on se voit à La Haye » lancée par Avaaz est l’une des plus vastes mobilisations citoyennes, parmi d’innombrables actions, pour la justice à Gaza. L’objectif prochain est de 1 500 000 signatures. Et par la suite aller à encore davantage de paraphes. Derrière ces chiffres se pose une question : le droit international vaut-il pour tous ?

Un cri citoyen mondial face à l’horreur à Gaza

Face à la dévastation de la bande de Gaza et aux violations systématiques du droit international, la plateforme citoyenne Avaaz a lancé la pétition mondiale, à consulter en fin de cet article, intitulée « Nétanyahou : rendez-vous à La Haye ». La mobilisation citoyenne internationale a franchi un cap historique. C’est l’une des expressions qui emprunte ce mode de contact collectif, pour acheminer l’opinion du public. Un mouvement d’ampleur exceptionnelle vise un objectif clair : exiger des dirigeants du monde entier qu’ils appliquent les décisions de la Cour pénale internationale (CPI) et procèdent à l’arrestation du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou dès qu’il foulerait le sol d’un État membre.

Alors que la barre du million de signatures a été rapidement franchie pour tendre vers l’objectif fixé de 1,5 million de signataires à travers le globe, cette pétition incarne un refus catégorique du deux poids, deux mesures diplomatiques. Elle marque le rejet de la complaisance internationale et la volonté fermement exprimée par la société civile d’offrir enfin une réponse judiciaire face aux accusations de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide perpétrés contre le peuple palestinien.

1. Genèse et essor de la pétition Avaaz : Du cri d’alarme à l’action judiciaire

L’élément déclencheur : Le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale
Le lancement de la campagne d’Avaaz s’inscrit directement dans la foulée des démarches de la justice internationale. Lorsque le procureur de la CPI, soutenu par les décisions des juges de La Haye, a officiellement émis un mandat d’arrêt international visant Benyamin Nétanyahou et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, le signal envoyé au monde était sans ambiguïté : l’immunité politique ne saurait protéger contre les accusations de crimes de guerre et de déni d’aide humanitaire.

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Un succès populaire massif à travers le monde
Le texte adressé aux chefs d’État et de gouvernement rappelle un principe fondamental : « La paix sans la justice est une illusion ». Rapidement relayée sur les réseaux sociaux, traduite en plusieurs dizaines de langues et diffusée par de nombreuses organisations de droits humains (telles que l’Union juive française pour la paix), la pétition a rassemblé plus de 1,19 million de signataires originaires de plus de cent pays.

Des citoyens de France, des États-Unis, du Japon, de Turquie, d’Espagne, du Brésil ou d’Afrique du Sud ont uni leurs voix pour réclamer que les 124 États parties au Statut de Rome respectent leurs obligations légales strictes : arrêter toute personne visée par un mandat d’arrêt international de la CPI dès qu’elle pénètre sur leur territoire.

Quel résultat concrétiser par cette pression globale ?
Le résultat de cette pétition ne se mesure pas uniquement en chiffres, mais en impact politique et diplomatique :

  • Verrouillage diplomatique : Elle contraint les dirigeants occidentaux et arabes à se positionner publiquement. Tout voyage officiel du dirigeant israélien dans un pays signataire du Statut de Rome devient un casse-tête juridique et une menace d’arrestation effective.
  • Contre-pouvoir face au veto politique : Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU se trouve régulièrement paralysé par des veto politiques, la pétition d’Avaaz instrumentalise la justice universelle pour passer outre la complaisance stratégique de certains alliés de Tel-Aviv.

2. Déconstruire l’impunité : Génocide, extermination et colonisation en Palestine

Pour comprendre l’ampleur de la colère citoyenne qui alimente cette pétition, il est indispensable de poser un regard lucide sur la nature du conflit et sur les accusations majeures portées contre le pouvoir israélien.

L’impunité institutionnalisée
Pendant des décennies, le gouvernement israélien a bénéficié d’une forme d’exceptionnalisme diplomatique. Violations répétées des résolutions de l’ONU, expansion illégale des colonies, blocus hermétique de la bande de Gaza : autant d’actes restés largement impunis sur la scène internationale. La pétition d’Avaaz dénonce précisément cette structure d’impunité qui a permis l’escalade tragique des actes commis à Gaza.

L’extermination et la qualification de génocide
Les campagnes militaires destructrices menées à Gaza — marquées par des bombardements massifs de zones résidentielles, d’hôpitaux, d’écoles et de camps de réfugiés — ont conduit la Cour internationale de justice (CIJ) à estimer plausible le risque de génocide. La destruction systématique des infrastructures vitales (eau, électricité, accès aux soins) et l’utilisation de la famine comme arme de guerre contre plus de deux millions de civils s’inscrivent dans une logique d’extermination progressive, documentée par les rapports de l’ONU et des ONG internationales.

La colonisation continue et l’apartheid
Le drame à Gaza ne peut être dissocié de la situation en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est. La politique d’annexion de facto, le morcellement des terres palestiniennes, les démolitions de maisons, les violences des colonisés et le régime juridique discriminatoire imposé aux Palestiniens constituent un système d’apartheid et de colonisation de peuplement violant ouvertement le droit international.

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3. La dérive idéologique du sionisme politique contemporain

La compréhension du drame palestinien nécessite une analyse critique de l’idéologie qui sous-tend ces politiques : le sionisme dans sa déclinaison suprémaciste et nationaliste religieuse contemporaine.

Du projet national à l’ethno-nationalisme exclusif
À l’origine pensé comme un mouvement national visant à offrir un refuge au peuple juif, le sionisme politique a évolué, particulièrement sous la conduite des coalitions d’extrême-droite menées par Benyamin Nétanyahou, vers un projet ethno-nationaliste intransigeant. La loi fondamentale de 2018 définissant Israël comme « l’État-nation du peuple juif » a formalisé la relégation des populations non juives au rang de citoyens de seconde zone ou de sujets occupés sans droits fondamentaux.

La négation de l’existence nationale palestinienne
Au cœur du discours des dirigeants actuels à Tel-Aviv réside la négation même du peuple palestinien et de ses droits historiques sur la terre. En justifiant l’occupation militaire et le contrôle total des territoires palestiniens par des récits sécuritaires ou des arguments d’ordre religieux ancestral, cette idéologie transforme la spoliation et le déni de droit en politique d’État durable, rendant impossible une solution de paix juste et équitable sans une rupture systémique.

4. Restaurer la justice : Vers la pleine reconnaissance des droits du peuple palestinien

Face au bilan humain dévastateur et aux décennies de spoliation, quelle idée de la justice doit émerger pour instaurer une paix pérenne dans la région ?

1. La fin de l’occupation et le droit à l’autodétermination
Il ne saurait y avoir de justice sans la fin immédiate et inconditionnelle de l’occupation militaire, de la colonisation et du blocus de Gaza. Le peuple palestinien doit pouvoir exercer son droit inaliénable à l’autodétermination, la souveraineté et la création d’un État viable, indépendant et contigu, conformément aux résolutions des Nations Unies.

2. L’égalité stricte des droits et la fin de l’apartheid
Que ce soit dans le cadre de deux États souverains ou d’une structure assurant l’égalité politique absolue, la justice exige le démantèlement de toutes les lois et structures discriminatoires. Chaque être humain vivant entre la mer Méditerranée et le fleuve Jourdain doit jouir des mêmes droits civils, politiques et humains fondamentaux.

3. La responsabilité pénale internationale et la réparation
Le pardon ne peut précéder la justice. Les responsables de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et d’actes de génocide doivent répondre de leurs actes devant des tribunaux indépendants, à commencer par la Cour pénale internationale. De plus, le droit au retour et à la réparation pour les réfugiés palestiniens doit être reconnu et mis en œuvre conformément à la législation internationale.

L’impératif éthique du droit international
La pétition lancée par Avaaz exigeant l’arrestation de Benyamin Nétanyahou à La Haye dépasse le cadre d’une simple initiative en ligne. Elle reflète un réveil des consciences à l’échelle globale et réaffirme une vérité essentielle : le droit international ne peut être un instrument à géométrie variable.

Si la communauté internationale laisse l’impunité l’emporter sur la justice, c’est l’ensemble de l’architecture juridique mondiale créée après la Seconde Guerre mondiale qui s’effondre. Faire respecter le mandat d’arrêt de la CPI et défendre les droits inaliénables du peuple palestinien est aujourd’hui le seul chemin vers une paix juste, durable et humaine au Moyen-Orient.

Mots-clés : pétition Avaaz Netanyahou, mandat d’arrêt CPI, Netanyahou La Haye, génocide Gaza, impunité Israël, colonisation Cisjordanie, droits des Palestiniens, justice internationale


Voir en ligne : Israël et Netanyahou

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