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Les États-Unis sacrifient la stabilité du Moyen-Orient dans l’agression de l’Iran avec Israël

Les États-Unis sacrifient la stabilité du Moyen-Orient dans l’agression de l’Iran avec Israël

Les bases militaires des USA pour agresser les récalcitrants à l’imposture des "accords d’Abraham"

vendredi 27 mars 2026, par Azouz Benhocine

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël déclenchaient conjointement l’opération Epic Fury et l’opération Roaring Lion contre l’Iran. En quelques heures, plus de 500 cibles iraniennes étaient frappées, le guide suprême Ali Khamenei était tué, et la région s’embrasait. Mais dans le brasier qui s’étend du Qatar au Koweït, du Bahreïn à Oman, une vérité longtemps tue s’impose : les bases militaires américaines disséminées dans les royaumes et États arabes ne servent pas à les défendre, elles sont utiles à projeter la puissance israélo-américaine sur les pays récalcitrants envers les prétendus "accord d’Abraham". Et quand la guerre éclate, ce sont ces mêmes royaumes qui paient la note.

    • UNE GUERRE PLANIFIÉE, PAS UNE SURPRISE

Le conflit a débuté avec une opération militaire conjointe américano-israélienne lancée le 28 février 2026, nommée du côté américain Epic Fury et du côté israélien Roaring Lion. Mais contrairement au récit officiel d’une réaction spontanée à la "menace iranienne", selon le site américain Axios, c’est le 14 janvier que le président américain avait commencé à plancher sur cette collaboration, et dans les semaines qui suivirent, le directeur du Mossad s’est rendu à Washington à deux reprises, suivi par le chef du renseignement militaire israélien et le chef d’état-major de Tsahal.

La planification fut méticuleuse. Ces dernières semaines, les États-Unis avaient considérablement renforcé leur présence dans la région : des dizaines d’avions de chasse convergeaient vers le Moyen-Orient, et en mer Méditerranée, l’USS Gerald-R.-Ford avait rejoint l’USS Abraham-Lincoln, accompagné de trois destroyers. Ce déploiement massif fut qualifié par les observateurs comme la plus grosse démonstration de force américaine au Moyen-Orient depuis la guerre en Irak en 2003.

L’objectif affiché ? Israël et les États-Unis ont déclaré vouloir induire un changement de régime en Iran et cibler son programme nucléaire et balistique. Mais derrière cet habillage sécuritaire se dissimule une logique régionale bien plus ancienne : celle de la domination israélo-américaine sur un arc géopolitique que Tel-Aviv considère comme sa zone d’influence.

    • ISRAËL, LE GENDARME RÉGIONAL ADOUBÉ PAR WASHINGTON

Depuis des décennies, la stratégie américaine au Moyen-Orient repose sur un partenariat asymétrique avec Israël. Dès les années 1990, Benyamin Netanyahou définissait l’Iran comme la principale menace existentielle pour Israël, identifiant trois risques principaux : le programme nucléaire militaire, les missiles balistiques et le financement des "proxies" — les alliés du régime au Liban, à Gaza, en Irak et au Yémen.

Cette vision est aujourd’hui traduite en doctrine militaire opérationnelle. Depuis l’attaque du 7 octobre 2023 lancée par le Hamas, Israël est passé d’une posture défensive à une stratégie offensive. Netanyahou lui-même s’en vantait en février 2026 : «  Nous avons dépassé les frontières de l’État pour atteindre les capitales ennemies — presque toutes. Nous avons opéré dans un rayon sans précédent, à une distance extrême, afin de repousser les menaces existentielles  ».

Les États-Unis ne sont pas un allié passif dans cette affaire : ils sont le bras armé logistique, financier et diplomatique d’une puissance régionale qui entend imposer sa loi à ses voisins. Israël fixe les cibles ; Washington fournit les bombes, les avions B-2 Spirit, les missiles Tomahawk et la couverture onusienne.

    • DES BASES QUI NE PROTÈGENT PAS — ELLES CIBLENT

C’est là le paradoxe central que la guerre de 2026 a brutalement mis à nu. Les royaumes du Golfe — Qatar, Koweït, Bahreïn, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis — ont accepté sur leur sol des bases militaires américaines présentées comme des garanties de sécurité. En réalité, ces installations font d’eux des participants malgré eux à chaque confrontation que Washington et Tel-Aviv décident d’initier.

La riposte iranienne s’est manifestée par le lancement de centaines de drones et de missiles balistiques non seulement vers Israël, mais aussi vers les bases militaires américaines situées en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, en Irak, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. Téhéran n’avait-il pas prévenu ? L’Iran, en préambule du bombardement israélo-américain, avait promis de riposter contre les pays dans lesquels se trouvaient des bases militaires américaines.

Les dégâts ne furent pas que militaires. Les drones iraniens ont ciblé des hôtels de luxe et les aéroports à Dubaï, au Koweït et au Bahreïn, une raffinerie de pétrole a été touchée en Arabie saoudite, un port à Oman, des centrales électriques au Qatar, des bâtiments de la société Amazon ont été visés aux Émirats arabes unis.

La base d’Al-Udeid au Qatar — plus grande base aérienne américaine du Moyen-Orient — fut directement prise pour cible. À Bahreïn, le quartier général de la cinquième flotte des États-Unis fut directement visé, provoquant des explosions visibles depuis la capitale, Manama. Doha et Manama n’avaient déclaré la guerre à personne. Ils payaient simplement la facture de leur "protection" américaine.

    • LES CONFLITS QUE CES BASES ALIMENTENT : SYRIE, IRAK, LIBAN, ÉGYPTE ET AU-DELÀ

La guerre contre l’Iran n’est que l’épisode le plus récent d’une longue série de déstabilisations orchestrées ou facilitées par la présence militaire américaine dans la région.

En Irak, les bases américaines servirent de rampe de lancement pour l’invasion de 2003 — une guerre qui détruisit l’État irakien, libéra Al-Qaïda, et enfanta Daech. Aujourd’hui encore, les factions pro-iraniennes irakiennes ciblent régulièrement ces installations, faisant des soldats irakiens et des civils les victimes collatérales d’une rivalité qui n’est pas la leur.

En Syrie, la présence militaire américaine illégale — jamais autorisée par Damas ni par l’ONU — se conjugue avec le soutien à diverses factions armées pour maintenir le pays dans un état de fracture permanente. En début 2026, les principales composantes de l’« Axe de la résistance » édifié par l’Iran sont soit très affaiblies soit éliminées, dont le régime Assad en Syrie. La chute du régime syrien, loin d’apporter la paix, a ouvert un nouveau vide géopolitique que les puissances extérieures s’empressent de combler.

Au Liban, le pays continue de servir de théâtre d’affrontement par procuration. Ces derniers jours, l’armée israélienne a lancé des « opérations terrestres limitées et ciblées » dans les bastions du Hezbollah afin de « créer un tampon de sécurité » pour protéger les communautés du nord d’Israël. Résultat : les frappes ont déplacé plus d’un million de Libanais, soit environ 20 % de la population, et plus de 900 personnes ont été tuées. Le Liban, sans bases américaines sur son sol mais pris en étau par les logiques régionales, paie un tribut disproportionné.

En Égypte, la dépendance aux aides militaires américaines a depuis longtemps conditionné la politique du Caire, lui imposant une neutralité de façade face aux agissements israéliens contre les Palestiniens — une neutralité que la rue égyptienne vit comme une trahison.

À Oman, pays traditionnellement neutre et médiateur, les ports de Duqm et de Salalah, utilisés par les États-Unis, furent ciblés par une série de frappes de drones iraniennes à partir du 1er mars 2026, faisant trois morts et quinze blessés. Oman, qui avait servi d’intermédiaire pour des négociations entre Washington et Téhéran, se retrouvait lui aussi pris dans la spirale qu’il avait tenté d’empêcher.

    • UNE LÉGITIMITÉ INTERNATIONALE INEXISTANTE

Sur le plan juridique, la situation est limpide. Selon le droit international, l’usage de la force entre États est en principe interdit par la Charte des Nations unies. Deux exceptions existent : une autorisation du Conseil de sécurité ou l’exercice du droit de légitime défense en cas d’attaque armée. Dans le cas des frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, aucune autorisation du Conseil de sécurité n’a été donnée.

L’Iran, de son côté, a fustigé devant l’ONU l’attaque « calculée » des États-Unis, notamment après le bombardement meurtrier d’une école primaire de filles. Une frappe sur l’école primaire dans la ville de Minab aurait causé la mort de 148 personnes et blessé 95 autres.

Le Premier ministre britannique lui-même, tout en condamnant les contre-frappes iraniennes, a déclaré qu’il ne croyait pas « au changement de régime depuis les airs ». Une formule qui résume, en creux, ce que beaucoup pensent tout bas.

    • EN DE COMPTE, DES PROTECTEURS QUI CRÉENT L’INSÉCURITÉ

La guerre de 2026 a levé le voile sur une réalité que les dirigeants arabes refusaient d’admettre publiquement : accueillir des bases américaines, c’est signer un chèque en blanc à Washington pour toutes les guerres qu’il choisira de mener dans la région. Ce n’est pas de la sécurité — c’est de la co-responsabilité forcée.

Les royaumes du Golfe ont construit leur modèle économique sur la stabilité. La région constitue l’une des principales sources d’approvisionnement énergétique mondial — la perturbation du trafic dans le détroit d’Ormuz met en danger les 10 % des importations européennes de GNL provenant du Qatar. Cette stabilité, que les bases américaines étaient censées garantir, c’est précisément ce qu’elles ont détruit.

La question qui se pose désormais avec une acuité inédite est celle de la souveraineté réelle des États de la région. Tant que des bases étrangères dictent leur agenda sécuritaire depuis leur sol, les pays du Moyen-Orient ne seront que des pions sur l’échiquier israélo-américain — et les premières victimes des guerres qu’ils n’ont pas choisies.

Mots-clés : bases militaires américaines Moyen-Orient, guerre Iran Israël 2026, opération Epic Fury, géopolitique Proche-Orient, conflit Irak Syrie Liban, gendarme Israël, souveraineté états arabes

Sources vérifiées et citées : Franceinfo, Euronews, RTBF, Wikipedia, House of Commons Library, Grand Continent.


Voir en ligne : USA - Israël - Iran

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